Uber au tribunal : les taxis réclament plus de 100 millions d'euros

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Le procès des dirigeants d'Uber se poursuit ce vendredi. le tribunal devrait mettre son jugement en délibéré.
Le procès des dirigeants d'Uber se poursuit ce vendredi. le tribunal devrait mettre son jugement en délibéré. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Trois des parties civiles assistées de Maître Jonathan Bellaiche (la fédération nationale des artisans taxis (FNAT), la fédération nationale des taxis indépendants (FNTI), la fédération française des taxis de province (FFTP)), sollicitent la réparation du préjudice causé par UberPop, service qui mettait en relation passagers et chauffeurs non professionnels, suspendu depuis le mois de juillet.

Dans le procès des dirigeants d'Uber France et Europe, se déroulant ces jeudi et vendredi, les parties civiles réclament plus de 100 millions d'euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi à cause d'UberPop, offre de la plateforme désormais suspendue et qui mettait en relation passagers et chauffeurs non professionnels.

Lire aussi : Uber et ses dirigeants au tribunal pour son offre UberPop

Dans le détail, trois des parties civiles assistées de Maître Jonathan Bellaiche (la fédération nationale des artisans taxis (FNAT), la fédération nationale des taxis indépendants (FNTI), la fédération française des taxis de province (FFTP)), sollicitent la réparation du préjudice causé par UberPop. Chacune d'entre elles réclament ainsi 34,5 millions d'euros de dommages et intérêts pour le préjudice financier subi ainsi que 215.000 euros pour le préjudice moral lié à la détérioration de l'image de la profession de taxi. Soit un total de 103,7 millions d'euros.

Les parties civiles défendues par Maître Bellaiche considèrent qu'UberPop a eu pour conséquence de tuer la profession de taxi, rendant accessible à tout type d'individu le transport de personnes à titre onéreux.

"UberPop est un moyen, pas une fin"

Par ailleurs, en mettant en place le service UberPop, Uber s'est inscrite dans une politique d'acquisition de clients, en fidélisant le consommateur avec des tarifs attractifs et défiant la concurrence, considèrent-elles.

Lire aussi : Pourquoi Uber a gagné malgré l'interdiction d'UberPop

Du fait de cette application, les taxis ont nécessairement perdu une importante part de marché, de clients qui se sont nécessairement tournés vers Uber après l'arrêt d'UberPop, fait valoir leur avocat. Selon lequel, le service UberPop a été un outil marketing pour Uber , lui permettant d'acquérir du client en le détournant du taxi.

En outre, Thierry Guicherd, porte parole du collectif Taxis de France, demande quant à lui des dommages et intérêts pour la dépréciation de la valeur de sa licence. S'il obtient gain de cause, alors la multinationale pourrait alors se voire contrainte de débourser quelques millions, voire quelques milliards.

"Uber fait de la gestion économique du risque juridique"

Maître Jonathan Bellaiche analyse :

"Uber fait de la gestion économique du risque juridique. Ils sont prêts à payer le prix du risque, de par leur puissance économique, médiatique, et de la popularité qu'ils ont auprès du consommateur".

"Aujourd'hui la délinquance 2.0 est beaucoup plus dangereuse que la délinquance de banlieue", poursuit-il. Avant de conclure:

"Si UberPop s'est présenté comme du partage de frais, les taxis veulent maintenant en partager les recettes".

Le procès se poursuit ce vendredi. le tribunal devrait mettre son jugement en délibéré.

Lire aussi : L'interdiction d'UberPop va raviver les tensions entre taxis et VTC

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a écrit le 13/02/2016 à 0:44 :
Uber n'est que le début d'un processus qui va mettre à mal toutes les professions logées dans des monopoles régis par l'état. C'est une question de temps. Il y a même des gens qui planchent pour Uberiser la sécurité urbaine. Au lieu d'appeler la police qui vient une fois sur trois généralement en cas de problème sur la voie publique, une appli permettra de localiser en temps réel l'incident ce qui déclenchera une intervention par une société de sécurité.
a écrit le 12/02/2016 à 17:22 :
En réponse à tripot et tous les internautes ou toutes les petites mains d'UBER qui se permettent de parler de ce qu'ils ignorent ou de mentir, sachez que les licences ne s'achètent pas au noir, que les transactions sont enregistrées à la préfecture, que les banques accordent des prêts et que l'état s'empoche des milliers de droits de mutation à chaque revente. Par ailleurs, les chauffeurs de taxi en exercice ont du pratiquement tous l'acheter puisque la licence est obligatoire et que la liste d'attente (à la préfecture) vous permet d' en obtenir une au bout de 15 ans minimum.
Elle se revend comme tous les fonds de commerce, les titres de sociétés, les actions Ca s'est le système capitaliste qui le permet et que vous défendez quand ça vous arrange.
a écrit le 12/02/2016 à 14:13 :
Je crois que là ici nombreux comme dans tous les sites où l on parle des taxi il y a une équipe qui oeuvre pour uber sa créve les yeux .effectivement se sont des méthodes digne de cette multinational qui poussent certaine personnes dans l'illégalité en postant de faux avis....
a écrit le 12/02/2016 à 13:38 :
Le système mis en place taxis est un système qui arrangait tout le monde ....:

- l'état qui touchait sa grasse dîme
- le taxi (qui en avait les moyens) qui avait de fait un monopole et un boulot garanti à vie, même (et surtout) sans diplôme genre bac +2, bac +3...

ce système n'avait d'avantage que pour les intéressés ci-dessus, car l'usager n'y trouvait pas son compte, et là c'était un fait notoire où abondent les histoires (au mieux refus de course et en toute conscience de l'impunité, au pire trajet x 2 pour étrangers naïfs : du vécu récent). NDLR : Bien sûr, les gens biens existent dans toutes les professions mais le système favorisait ces abus.

Avec la disparition de la nécessité de la connaissance du terrain (GPS) et de l'intermédiation (centrale d'appel = smartphone), ce modèle est condamné, UBER ou pas, à moins de supprimer GPS et Smartphones. Je ne parle pas des voitures automatiques qui menacent les chauffeurs (UBER ou pas) et les assureurs à terme.

Ce sera certainement un léger mieux pour l'usager, qui aura le choix, le prix et le contrôle. Léger car une jungle n'est pas non-plus ce qui etait souhaitable en matière de transport. Mieux quand même à cause des abus mentionnés.
Ce sera certainement moins bien pour les deux intéressés ci-dessous.

Evidemment, en reflexion de fond, on peut se demander s'il est souhaitable de remplacer l'imperfection humaine, aussi abjecte soit-elle parfois, par la perfection de la machine

Mais c'est un autre débat.
Réponse de le 12/02/2016 à 16:00 :
@fosco: tu veux tout de même pas que les gens aient un PhD en sciences nucléaires pour conduire un taxi ?? Bon, je sais, on demande maintenant à une femme de ménage...oops, technicienne de surface, d'avoir bac +2, mais cela aussi relève du ridicule :-)
a écrit le 12/02/2016 à 13:07 :
Je vous rassure, je ne suis pas une "petite main" d'uber, mais bel et bien un consommateur lambda qui privilégie de loin les services d'Uber aux Taxis. Je suis complètement d'accord avec le commentaire de Tripot. Les licences auraient du être rendues à la préfectures et n'auraient jamais du être revendues au marché noir. Vous avez spéculé sur du papier, bah c'est tant pis pour vous. C'est comme investir en bourse. Ca monte, ça descend, puis un jour, il y a crach et on perd tout. C'est un peu la même chose, mais il faut savoir assumer. Mais au delà de tout ça, je ne vois pas en quoi je devrais, en tant que contribuable, payer pour rembourser la baisse de "valeur" des licences de taxi, c'est hallucinant. Ma colère envers les taxis est encore plus vive quand je vois ces revendications. Que je sache, quand on achète une affaire, et qu'elle se casse la gueule parce qu'un concurrent a capté vos clientèle habituelle en raison d'un meilleur service, bah c'est balo. Il faut se mettre à la page les cocos! Pour terminer, les clients ne sont pas "ceux" des taxis. Les clients peuvent désormais choisir leur service. Adieu petit monopole!
a écrit le 12/02/2016 à 12:54 :
Et les descendants de cochers de diligences réclament la même somme à la SNCF et aux taxis pour les avoir éliminés du marché des transports !!!
a écrit le 12/02/2016 à 12:49 :
Quelle désinformation,donc d'après toi,il suffit d'aller à la préfecture se faire délivrer une licence et hop la revendre à 250000€ ,aussi simple que ça ? Tu es con de ne pas en profiter !!!
Non, je t'explique, 99% des taxis ont acheté leurs licence et ce n'est pas du black puisqu'il faut l'autorisation de la préfecture,et s'acquitter des droits de mutations aux impôts, et celles ci n'était pas délivrée gratuitement,
Maintenant pour info,pour avoir une plaque gratuite,il faut s'inscrire sur liste, après 20 ans d'attente ,on peut espérer en avoir une, et attend c'est pas fini, il est obligatoire de l'exploiter 15 ans, obligatoirement le soir, c'est que la qu'on peut la vendre, donc total (20 ans d'attente+ 15 ans d'exploitation) = 35 ans de boulot ......à 11 h par jours 6/7j si ce n'est 7/7j. Bisou à toi payé par Uber
Réponse de le 12/02/2016 à 13:10 :
Mais dites moi, qui vous a obligé à faire taxi? Personne que je sache. Si c'est trop contraignant pour vous, il fallait faire un job. Pardonnez moi, mais vous donnez le fouet pour vous faire battre.
Réponse de le 12/02/2016 à 14:32 :
20 ans d'attente pour une licence.... à qui la faute, c'est la commission des taxis qui fixe le nombre de licences délivrées chaque année, donc forcement, on en délivre peu voir aucune pour faire grimper le prix de sa propre licence....
Les syndicat des taxis réclames 100 millions....admettons, dans ce cas ils ne verront pas d'inconvenant à ce que l'état fasse payer aux syndicats, l'ensemble des couts de réparation des dégradations faites par les taxis, et la perte financière de toutes les entreprises/particuliers à cause de ces gréves.

C'est une bonne chose qu'uberpop soit arrêté, il faut des règles et un cadre de jeu pour tous métiers, mais arrêtez de nous ressortir le coût de la licence à toutes les sauces.
Lorsqu'un particulier ouvre une boulangerie, il peut soit racheter un fond de commerce, soit ouvrir un nouveau point de vente. il a le choix

Si vous vouliez plus de licences dispos, il fallait faire pression auprès de la commission qui les a limité volontairement.

Sur ceux, je m'en vais écrire ma petite lettre au président, car la valeur de boite de location de vélo a été divisée par 10 depuis l'arrivée des Velib....
a écrit le 12/02/2016 à 12:01 :
il vaut mieux racketter la concurrence en passant par la justice que de se battre par un travail de qualité ; rien n'a été volé le client va ou il veut dans un monde libéral
a écrit le 12/02/2016 à 8:13 :
Il veut un remboursement de sa licence ? Il n'avait qu'a ne pas l'acheter au marché noir. Les licences sont gratuites à la sortie de Préfecture. Elles ne devraient même pas pouvoir être revendues, mais rendues en Préfecture qui les réattribuait à la liste d'attente. En organisant leur propre racket entre eux, les taxis se sont tirés eux-mêmes une balle dans le pied...
Réponse de le 12/02/2016 à 9:17 :
Les commentaires postés par des petites mains d. Uber deviennent de plus en plus systématiques et visibles
Celui ci dessus en est un exemple flagrant...
En quoi le remboursement de sa licence par une société prédatrice qui lui a volé sa clientèle et son travail vous gêne t'il puisqu'il ne vous en coûtera rien à vous...
N'est-il pas logique dans une société de droit et d'équité de demander réparation lorsqu'on a subi un préjudice au.auriez vous fait à sa place?
Réponse de le 12/02/2016 à 11:50 :
@popeye Je ne travaille pas pour Uber et pourtant je trouve le commentaire de Tripot très pertinant. La licence des taxis est gratuite, ce sont ces derniers qui ont fait du lobby auprès de l'Etat pour que le nombre de licences attribuées chaque année soit très faible, afin de garantir leurs profits.

Comme si cela ne suffisait pas, ils ont aussi décidé de spéculer sur la licence en elle-même afin de gagner plus d'argent.

Si l'ensemble des taxis se faisaient rembourser leur licence par l'Etat (comme ces derniers l'ont demandé lors de la rencontre avec le Premier Ministre fin janvier), ça commencera sûrement à vous déranger plus, sachant que cela sera le contribuable qui devra payer.

Le service des taxis a été exécrable et très cher pendant des années; heureusement qu'il y a eu une société comme Uber pour changer les choses. En espérant que la part des chauffeurs de taxis se reduise encore !
Réponse de le 12/02/2016 à 12:39 :
Meme avis que Tripot!

De plus: il me semble que vous avez manifesté contre le rapport Attali :-)
Effet boomerang.... Tant pis pour vous !

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