Uber : des chauffeurs interpellent François Hollande

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Selon le syndicat SCP/VTC, affilié à l'Unsa, quelque 10.000 candidats seraient en attente d'une immatriculation pour pouvoir exercer le métier de chauffeur VTC.
Selon le syndicat SCP/VTC, affilié à l'Unsa, quelque 10.000 candidats seraient en attente d'une immatriculation pour pouvoir exercer le métier de chauffeur VTC. (Crédits : CC0 Public Domain)
Des milliers de candidats ne peuvent plus obtenir le statut de chauffeur VTC professionnel depuis le 1er janvier dernier. Le gouvernement tarde à se décider sur les modalités en la matière. Aussi certaines plateformes, toujours en quête d'un plus grand nombre de partenaires, s'impatientent-elles.

"Faites entendre votre voix. Exigez de pouvoir gagner votre vie, exigez du Gouvernement de pouvoir devenir chauffeur VTC".

C'est en ces termes qu'Uber invite ses potentiels partenaires chauffeurs à signer une lettre à l'attention du Président de la République et du Premier Ministre.

Petition Uber

Ils seraient plus de 3.000 à avoir répondu à l'appel.

Et pour cause, depuis le 1er janvier, la profession est littéralement bloquée. Un arrêté réglementant les modalités de formation des chauffeurs VTC était censé être publié au journal officiel en ce début d'année. Mais voilà. Après plusieurs concertations avec les différents acteurs du secteur (syndicats représentant les chauffeurs, fédération de plateformes VTC et taxis), le gouvernement n'a pas réussi à trancher.

Concrètement, si la majorité des taxis et VTC s'accordent sur la question d'un examen en remplacement des 250 heures de formation - pourvu qu'il soit aussi pointu que celui des taxis, voire qu'il y ait un tronc commun entre les deux - les parties prenantes divergent sur le nombre de sessions annuelles. Les plateformes voudraient ne pas en limiter le nombre, ou qu'il soit de l'ordre d'une session par semaine, tandis que certains taxis et représentants syndicaux de chauffeurs préfèreraient limiter leur nombre à deux ou trois sessions par an.

Lire : les chauffeurs veulent un numerus clausus, pas les taxis

Un choix cornélien pour le gouvernement - il y aura forcément des déçus -, qui préfère botter en touche pour le moment. Mais jusqu'à quand ? Au ministère des Transports, on nous confie "ne pas avoir d'informations à ce sujet". Problème d'harmonisation interministérielle... Car Bercy pencherait plutôt en faveur d'une ouverture du marché et donc du côté des plateformes, tandis que le ministère de l'Intérieur, dont dépendent les taxis, aurait plutôt tendance à pencher de l'autre côté.

Bref. En attendant, les listes d'attente s'allongent de jour en jour. Sans que les chauffeurs, formés et qui ont pour certains déjà investi dans l'achat d'un véhicule de travail, ne puissent s'immatriculer au registre des VTC professionnels, et donc travailler.

Ils seraient environ 10.000 à en croire le syndicat SCP/VTC. Rien que du côté de la plateforme Marcel Chauffeur, il y en aurait 4.000. Chez Uber France, on avance un nombre de 35.000 personnes - et de 50.000 pour le secteur -, qui auraient engagé des démarches en vue d'embrasser une carrière de VTC professionnel.

Quoi qu'il en soit, il se trouve que justement, le site gérant les immatriculations en question, se trouve en maintenance depuis quelques jours.

site VTC maintenance

Avec une date de remise en service fixée au 26 janvier : jour de la grève nationale annoncée par les taxis...

En attendant, quelques applications (Uber, Allocab, SnapCar, Chauffeur-Privé, Marcel Chauffeur et CinqS) ont lancé ce lundi matin une initiative commune (#nonalafindesapplis): une lettre adressée à François Hollande expliquant que les plateformes VTC sont utiles pour la concurrence et l'emploi. Elles incitent chacun de leurs clients à signer la lettre, qu'ils porteront ensuite au président.

Lire aussi : Qui veut la peau de Heetch ?

Article rédigé vendredi 22 janvier et actualisé lundi 25 janvier.

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Commentaires
a écrit le 25/01/2016 à 19:10 :
Les taxis, un examen?
Je suis perplexe. De plus en plus souvent, on tombe sur des chauffeurs de taxis, je dis bien de taxis, qui n'ont ni GPS ni plan de Paris. Hier soir, pour aller rue Mornay.
Ah, je ne sais pas où c'est. Heureusement que je savais.

L'autre problème c'est quand on appelle un taxi, le coût souvent invraisemblable de la note avant prise en charge, qui double et parfois triple le coût de la course. Il a fait la tour de Paris?
On n'a pas ce problème avec Uber.
Je ne discute pas le prix des taxis à Paris, que je ne trouve pas excessif quand on les prend à une station ou en maraude. Mais quand on appelle une centrale…
Intolérable.
a écrit le 25/01/2016 à 19:07 :
oui c'est une bonne idée de faire ça quand il est en déplacement à l'étranger et n'a que ça à penser là directement...
il signe des milliards en contrats si ça les intéresse aussi un peu au delà de leurs cas personnel!!!
a écrit le 24/01/2016 à 8:23 :
De petits fonctionnaires minables qui bloquent des gens ayant envie de travailler pour protéger les taxis ayant spéculé sur la valeur d'une autorisation administrative ! C'est tout notre pays !
a écrit le 24/01/2016 à 5:30 :
Le marché ne peut pas absorber tous ces nouveaux entrants , déjà que les anciens se plaignent, c'est du ninporte quoi , qu'on fasse respecter les lois existantes déjà (loi thévenoud ) votee au parlement français jamais appliquée , ces chauffeurs vont devoir racoler pour vivre pas le choix , sans cadre réglementaire c'est l'anarchie pauvre France qui n'offre que le métier de chauffeur à ces jeunes, jusqu'à quand ? Et après emballer les courses au supermarché, on copie un modèle sans en respecter les règles , la france est vraiment dans le trou merci hollande
Réponse de le 28/01/2016 à 11:33 :
C'est repoussé pour mieux sauter ..... il me semble qu'on est en train de tester des voitures sans chauffeurs......
a écrit le 23/01/2016 à 17:28 :
Ne soyez pas impatient les gars, il faut vous mettre au point mort, Hollande roule le frein à main serré et en ce moment il distribue du pognon à Colmar !!! Promis, il viendra aux obsèques de Uber, la commémoration c'est devenue une spécialité pour le chef de l'état !!!
a écrit le 23/01/2016 à 16:32 :
Mais que fait la police ? Si les sans-dents se mettent à revendiquer, ça va être la gabegie. François, fais-leur quelques promesses pour qu'ils votent pour toi et se taisent :-)
a écrit le 23/01/2016 à 13:27 :
Je les invite à s'inscrire à l'anpe, ça aura plus d'effets ! En France , on aime subventionné les chômeurs .... Jusqu'au jour ouvrières ces rigidités vont exploser ... Un peu comme ce qui se passe en Tunisie ...à force d'interdire aux gens de travailler pour protéger des nantis , on va détruire le lien social de notre modèle qui va exploser ! Vive la France et vive pôle emploi !
Réponse de le 23/01/2016 à 16:10 :
UBER n' a rien à faire dans notre pays, tout ce que sait faire Uber c'est taxer lourdement ses collaborateurs et renvoyer cet argent aux USA.
Réponse de le 25/01/2016 à 18:42 :
Papi Tico réveillez vous l'anpe n'existe plus depuis longtemps ....2008 aujourd'hui c'est pôle emploi !!! .
Sur le fond Uber n'investi rien et se contente d'engranger une commission de 20% sur le montant de la course pour avoir mis en relation le chauffeur et le client comme booking d'ailleurs avec les hoteliers ..
a écrit le 23/01/2016 à 11:46 :
Ils vont travaillées 15h par jours pour devenir un smicard et enrichir UBER 35000 chauffeur et où sont les clients

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