Un « biocluster » pour les gentech

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(Crédits : DR)
Le premier pôle de compétitivité français en biotechnologies, installé aux portes de Paris, s'est développé autour de la recherche en génétique et génomique. Le Genopole accompagne actuellement 81 biotechs.

Créé en 1998 à Évry-Corbeil-Essonnes sous l'impulsion de l'État, de la Région Île-de-France et de l'AFM-Téléthon, le Genopole fait figure de pionnier. Depuis plus de quinze ans, ce pôle de compétitivité en biotechnologies accueille et soutient chercheurs et startups au sein d'un environnement scientifique de haut niveau où sont installés le Centre national de séquençage (Génoscope) et le Centre national de génotypage. Le premier est destiné à l'étude génomique de la biodiversité et le second travaille sur les maladies humaines. Actuellement, le pôle de compétitivité accompagne 81 biotechs et rassemble 20 laboratoires, ce qui représente un peu plus de 2.200 emplois directs. On y trouve beaucoup de startups, mais aussi des établissements confirmés comme Généthon, le laboratoire de l'AFM-Téléthon, avec 240 collaborateurs, les entreprises IntegraGen (37 salariés) et Global Bioenergies (55 salariés) actuellement en production préindustrielle de biocarburants. Depuis la création, le montant total des fonds levés par les entreprises accompagnées s'élève à 403,3 millions d'euros. Les startups labellisées Genopole bénéficient de l'accompagnement de chargés d'affaires expérimentés et peuvent avoir accès aux plateformes technologiques mutualisées. Reconnu pour son expertise dans le domaine de la santé, Genopole souhaite élargir le champ d'application des biotechs accueillies.

L'alliance des thérapies génique et cellulaire

Chaque année, il organise un concours de l'innovation en biotechnologie autour de l'écologie, l'agroalimentaire et l'industrie. Les gagnants s'installent gratuitement sur le site pendant six mois, sont accompagnés par les chargés d'affaires et poursuivent leur développement dans un écosystème stimulant. Parmi les découvertes attendues : l'alliance des thérapies génique et cellulaire, reposant sur l'utilisation des cellules souches. Les cellules souches sont capables de se multiplier indéfiniment et de donner naissance à n'importe quel tissu (muscle, coeur, peau...) suivant leur environnement. On les trouve en particulier chez les embryons. Alors que le chercheur japonais Shinya Yamanaka a trouvé le moyen de reprogrammer des cellules adultes en cellules souches - ce qui lui a valu le prix Nobel de médecine 2012 -, on va peut-être pouvoir utiliser ces cellules pour traiter des maladies génétiques, après avoir corrigé leur ADN. Pierre Tambourin, directeur de Genopole, attend beaucoup de cette innovation :

« En les injectant dans la partie du corps à soigner, on peut espérer éviter le phénomène de rejet, puisqu'elles seront issues du corps du patient. Dans les organes traités, l'organisme disposera de nouvelles cellules corrigées avec un gène sain qu'il utilisera plutôt que les cellules d'origine aux gènes défaillants. Si l'on prouve que les cellules IPS sont sans danger, cette technologie de correction génétique sera applicable assez rapidement. Elle pourrait être sur le marché dans dix ans. »

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