VTC : la Chine ouvre une enquête anti-trust sur l'alliance entre Uber et Didi

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Le feu rouge du gouvernement chinois ne signifie pas forcément la fin de l'accord entre les deux groupes, souligne Duncan Clark, président du cabinet de consultants BDA, basé à Pékin, qui y voit surtout une réponse aux inquiétudes de l'opinion publique sur une hausse des prix du secteur et sur des pertes d'emplois massives pour les chauffeurs.
Le feu rouge du gouvernement chinois ne signifie pas forcément la fin de l'accord entre les deux groupes, souligne Duncan Clark, président du cabinet de consultants BDA, basé à Pékin, qui y voit surtout une réponse aux inquiétudes de l'opinion publique sur une hausse des prix du secteur et sur des pertes d'emplois massives pour les chauffeurs. (Crédits : REUTERS/Tyrone Siu)
Pékin veut vérifier que la concurrence sera respectée et que ce rapprochement ne soit pas à l'origine d'une situation monopolistique sur le marché du transport de personnes à la demande.

Le gouvernement chinois a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête sur l'alliance entre Didi Chuxing, principale application chinoise de réservation de véhicules avec chauffeur, et le mastodonte américain des VTC Uber, sur le marché national.

Didi Chuxing, qui représentait l'an dernier 87% du marché chinois des réservations de véhicules privés avec chauffeur, avait annoncé début août la reprise des activités d'Uber en Chine, au terme d'une bataille qui a coûté des milliards de dollars aux deux entreprises.

Problème de concurrence

Mais le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Shen Danyang, a indiqué vendredi que le gouvernement avait ouvert une enquête "fondée sur la loi anti-monopole" et avait convoqué à deux reprises les dirigeants de Didi Chuxing, leur reprochant d'avoir procédé au rapprochement sans en avoir informé les autorités.

"Le ministère du Commerce enquêtera conformément à la loi au nom du respect de la concurrence sur ce marché, afin de défendre l'intérêt des consommateurs et de la société", a fait savoir Shen Danyang dans un communiqué.

Uber flirte avec quelque 70 milliards de dollars de valorisation

Aux termes de l'accord annoncé le 1er août, Uber devait recevoir 20% de l'entité fusionnée, évaluée à 35 milliards de dollars par l'agence financière Bloomberg. En échange, le groupe chinois devait obtenir "une participation minoritaire" dans Uber. Selon Bloomberg, Didi devait ainsi injecter 1 milliard de dollars dans Uber, valorisant le groupe californien à 68 milliards de dollars.

Cet accord devait mettre fin à une bataille de plus de deux ans entre les deux groupes qui rivalisaient de subventions afin d'attirer les clients: arrivé début 2014 en Chine, Uber y brûlait "plus d'un milliard de dollars" par an, déclarait en février son patron-fondateur, Travis Kalanick.

Lire aussi : Bataille de chiffres entre Uber et son rival chinois Didi

Une prochaine cotation en bourse ?

En endiguant l'hémorragie de capitaux et ses pertes massives en Chine, l'américain ambitionnait de dégager des marges d'investissement et de se positionner pour une cotation prochaine en Bourse, selon les analystes.

Le feu rouge du gouvernement chinois ne signifie pas forcément la fin de l'accord entre les deux groupes, souligne Duncan Clark, président du cabinet de consultants BDA, basé à Pékin, qui y voit surtout une réponse aux inquiétudes de l'opinion publique sur une hausse des prix du secteur et sur des pertes d'emplois massives pour les chauffeurs.

"Le gouvernement chinois est toujours très attaché à la stabilité sociale. Il ne veut pas assister à un bouleversement du service, à des licenciements massifs ou à des hausses de prix considérables", a-t-il déclaré à l'AFP. Les deux groupes emploient de très nombreux chauffeurs, dont beaucoup d'anciens travailleurs licenciés.

Le rapprochement entre les deux groupes "a un impact très lourd en termes de politique sociale, d'emploi et de transport", selon l'expert. Par ailleurs, les enquêtes anti-trust en Chine ne peuvent être comparées à celles qui se déroulent en Europe ou aux Etats-Unis, "car il y a beaucoup plus de coopération" entre les autorités et les entreprises visées.

"A l'étranger, on risque de voir ça comme un feu rouge définitif, mais en réalité il va y avoir une solution négociée", avance-t-il.

(Avec AFP)

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