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"L'un des plus gros réseaux de cybercriminels" démantelé en France

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Les pirates interpellés ce lundi par la police française revendaient les codes secrets servant à débloquer des téléphones portables. Leurs profits s'élevaient jusqu'à plusieurs millions d'euros par mois.

Pour le procureur de Marseille, le réseau démantelé par les gendarmes marseillais ce lundi après plus d'un an d'enquête, est "l'une des plus belles et des plus grosses affaires de cybercriminalité identifiée à ce jour par le mode opératoire, les sommes en cause, le nombre de personnes impliquées, son caractère national et international."

Leur business? Se procurer les codes confidentiels servant à débloquer des téléphones portables auprès de salariés des constructeurs ou de boutiques de téléphonie mobile, puis les commercialiser sur le net au prix d'environ 30 euros l'unité. "Il n'y a pas de faille chez les opérateurs mais des agents corrompus chez les sous-traitants et les constructeurs", a précisé le chef de la cellule nouvelles technologies de la Section de recherches de Marseille, Philippe Lajeunesse.

"Chaque source interpellée, on en a au moins six, sortait au minimum une centaine de codes par jour. On estime la fraude à 30.000 déblocages par mois", a-t-il précisé.

Les enquêteurs ont ainsi identifié un site Internet créé par un ingénieur informatique basé à Toulon et qui comptait 100.000 clients. Ces derniers étaient pour certains des particuliers voulant tout simplement changer d'opérateur pendant les six premiers mois de leur contrat sans avoir à payer les frais de résiliation. D'autres achetaient ces codes pour alimenter le marché des téléphones volés, en France et à l'étranger.

Au total, les profits des pirates sont estimés à plusieurs millions d'euros par mois (500.000 euros par opérateur). Ces coquettes recettes atterrissaient ensuite pour la plupart sur des comptes bancaires à l'étranger: Belgique, Etats-Unis et paradis fiscaux.

Pour l'heure, neuf personnes ont été interpellées en Bretagne, dans le nord de la France, dans le Var et dans la région parisienne. Parmi eux, un frère et une soeur, soupçonnés d'être le cerveau de ce réseau. Ils dirigeaient tous les deux une boutique de téléphonie mobile dans la région de Rennes.

Le frère et la soeur  ainsi qu'une troisième personne, ont été auditionnés par le juge marseillais Franck Landou sur la base d'une information judiciaire pour "vol et recel en bande organisée, atteinte aux systèmes automatisés de traitement des données, abus de confiance et recel, association de malfaiteurs". Six autres personnes doivent être prochainement déférées mais de nouvelles interpellations pourraient intervenir.

C'est SFR qui a décidé de porter plainte après avoir constaté la présence de failles dans son système de sécurité liées à une "source humaine". Mais les deux autres opérateurs français de téléphonie mobile, Orange et Bouygues, également touchés par cette fraude, ont confirmé ce lundi s'être portés partie civile.

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