La Tribune

Bilan Exclusif : un demi-million de Français jouent en ligne chaque semaine

(Crédits : Bloomberg)
Héléna Dupuy  |   -  428  mots
Pour la première fois depuis l'ouverture à la concurrence des jeux en ligne en juin dernier, l'Autorité de régulation du secteur, l'Arjel dresse pour « La Tribune » un bilan chiffré. Les paris sportifs sont pénalisés par un désamour pour le football, les paris hippiques sont conformes aux prévisions, et le poker est un marché dynamique.

Une quarantaine d'agréments d'activité (un par type de jeu) ont été attribués à 30 entreprises, depuis juin par l'Autorité de régulation des jeux en ligne,  l'Arjel . Selon le président de l'Arjel, Jean-François Vilotte, en l'espace de quatre mois, deux millions de comptes joueurs ont été ouverts. Et chaque semaine, environ 500.000 Français sont actifs sur les paris sportifs, hippiques et le poker.

Mise moyenne : 100 euros par semaine

Ces joueurs en ligne misent en moyenne une centaine d'euros par semaine, soit une mise d'environ 7 euros par pari. Les joueurs ont donc répondu présent à l'émergence d'une offre de jeux légale sur Internet.

Jean-François Vilotte considère que la loi a atteint son objectif : transférer le jeu illégal sur Internet, estimé à environ 1 milliard d'euros avant l'ouverture à la concurrence, vers les sites légaux. Depuis la légalisation des paris sportifs en ligne, 250 millions d'euros de mises ont été enregistrés sur les sites agréés.

Un quart du marché a basculé dans la légalité

C'est-à-dire qu'un quart du marché a basculé vers la légalité. La surprise vient du football. Ce sport était présenté comme la future star des paris sportifs et devait capter 70 à 80 % des mises. Le ballon rond doit actuellement se contenter de 56 % des sommes jouées. Le président de l'Arjel constate qu'il y a eu un net décrochage après l'élimination des Français de la Coupe du monde.

Les Ligues 1 et 2 de football délaissées

Et lorsqu'ils parient tout de même sur le football, les joueurs se tournent essentiellement sur les matchs des compétitions étrangères et délaissent la Ligue 1 et la Ligue 2. Chaque semaine, ces dernières enregistrent 1,5 million d'euros de paris, sur 8 millions joués sur le football.

Aucune surprise en revanche sur les paris hippiques. Ils « se tiennent parfaitement » avec 215 millions d'euros de mises. Cette performance est conforme aux prévisions. L'opérateur historique, le PMU, capte l'essentiel des sommes jouées. « Il n'y a pas eu sur ces paris le même morcellement du marché que sur les paris sportifs », constate Jean-François Vilotte.

Enfin, le poker est un marché « plus vivant que ceux des paris sportifs et hippiques », annonce l'Arjel. Mais l'Autorité de contrôle ne communique pas de chiffres, car les mises peuvent être jouées plusieurs fois durant la même partie. Du coup, les montants ne sont pas comparables avec les paris. Mais les observateurs se demandent si le poker n'a pas récupéré les déçus du football.

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