Le e-commerce français espère résister à la panique

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En France, les sites marchands font de plus en plus appel à des plates-formes de paiement sécurisé. Une méthode censée rassurer les adeptes du shopping en ligne.

L'affaire Sony fait du bruit. Potentiellement, 77 millions d'internautes sont concernés par cette cyberattaque. La panique les gagne. À tel point que, en quelques jours, « PlayStation Network » est devenu le terme le plus recherché sur Google. Cette panique peut-elle aussi gangrener les 27,3 millions de Français qui achètent régulièrement en ligne ?

L'enjeu est de taille. Le nombre d'achats réalisés en ligne ne cesse de croître dans l'Hexagone : en 2010, 340 millions de transactions ont été conclues sur la Toile. « Soit 60 millions de plus qu'en 2009 », note la Fédération de l'e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Le marché français pèse désormais 31 milliards d'euros. Et, l'an dernier, il s'est créé 17.800 nouveaux sites marchands, soit deux par heure ! Dès lors, préserver la bonne réputation du paiement en ligne - 65 % des internautes ont toute confiance dans l'achat sur la Toile - est crucial aux yeux des professionnels du secteur. Il en irait de l'avenir de l'e-commerce.

L'affaire Sony risque-t-elle de les ébranler ? « Je ne le crois pas », répond d'emblée Pierre Kosciusko-Morizet. La législation française protège le consommateur. « Auprès de sa banque, il peut contester tout achat en ligne. C'est la loi », souligne le patron de PriceMinister. De plus, l'e-commerce français emploie des systèmes de paiement bien différents de ceux de ses voisins.

« Aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, les commerçants ont tendance à garder la maîtrise du paiement en ligne », analyse Nicolas Brand, chargé du développement du paiement en ligne chez Atos Origin. En France, une écrasante majorité fait appel à des prestataires extérieurs pour gérer le paiement. À savoir : les Atos, Ogone, Paypal, Monext et autres Paybox. Ces intermédiaires capturent les données bancaires, sans que, à aucun moment, l'e-commerçant n'en ait connaissance. D'autres sites, notamment les plus gros, préfèrent capturer les données bancaires, puis les transmettre à une plate-forme sécurisée, sans toutefois les stocker.

Certains - comme iTunes - préfèrent capter, transmettre et stocker les données bancaires. L'objectif est notamment de satisfaire les boulimiques de la vente en ligne, en les incitant à acheter d'un clic. Mais ces deux dernières méthodes ont de moins en moins d'adeptes. « Beaucoup ont tendance à migrer l'ensemble de la procédure vers des plates-formes sécurisées », avance Nicolas Brand. Et ce notamment pour des raisons de coûts : la gestion des données de cartes bancaires en interne coûte cher. De plus, le système 3D-Secure de Visa-Mastercard gagne du terrain en France : nombreux sont les sites (40 % aujourd'hui) à exiger du cyberacheteur de « s'authentifier ». Après avoir entré le numéro de sa carte et son cryptogramme, il doit saisir un code reçu par SMS. Autant de méthodes qui rassurent le cyberacheteur à l'aune de l'affaire Sony. « Cette affaire incite surtout à la vigilance. Il est essentiel de veiller à la protection des données personnelles. C'est le carburant de l'économie numérique », juge Marc Lolivier, délégué général de la Fevad.

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