Zynga s'écroule en Bourse et fait chuter Facebook

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Mark Pincus, le fondateur, directeur général et premier actionnaire de Zynga.
Mark Pincus, le fondateur, directeur général et premier actionnaire de Zynga.
Le géant des jeux sur réseaux sociaux chute de 40% sur le Nasdaq. Zynga vient d'annoncer une baisse drastique de ses prévisions, son jeu phare FarmVille a vu son audience s'effondrer. Facebook, qui publie jeudi soir ses premiers résultats de société cotée, flanche aussi de 5%.

Un bain de sang, pire que dans une partie de son jeu Mafia Wars. Zynga, le numéro un des jeux sur Facebook, s'écroule de 38%  sur le Nasdaq ce jeudi à la mi-séance, après avoir publié mercredi soir de piètres résultats et annoncé une baisse drastique de ses objectifs annuels. Abaissements d'opinions d'analystes financiers en rafale, inquiétude sur la viabilité du modèle : l'éditeur de jeux californien, qui s'est introduit en Bourse à 10 dollars en décembre dernier et a procédé à une autre levée de fonds en février à 12 dollars, cote à peine 3 dollars aujourd'hui. Sa chute a entraîné celle de Facebook, qui publie ce jeudi soir ses premiers résultats comme entreprise cotée : le titre cède plus de 5% à 27,8 dollars (contre un prix d'introduction de 38 dollars). Zynga vient de perdre 1,3 milliard de capitalisation et ne pèse plus que 2,2 milliards. L'ex-poule aux ?ufs d'or, qui surfait sur la vogue des réseaux sociaux, se transforme-t-elle déjà en vilain petit canard, décidément beaucoup trop dépendant de Facebook ?

L'audience des jeux vedettes comme FarmVille décroît
Il est vrai que Zynga a annoncé un lot de mauvaises nouvelles : des résultats inférieurs aux attentes au deuxième trimestre, dont une perte nette de 22,8 millions et une croissance de 4% seulement du chiffre d'affaires par rapport au premier trimestre à 332,5 millions de dollars. La société de Mark Pincus a expliqué que depuis que le réseau social a modifié la présentation des jeux dans son espace applications (« App center »), il est plus difficile de trouver ses titres vedettes comme FarmVille (tombé à 18,8 millions d'utilisateurs actifs par mois contre 80 millions en mars). Par conséquent, l'audience de ses jeux déjà bien installés décline plus vite que prévu.

Zynga reste néanmoins le grand leader et truste les cinq premières places des jeux les plus populaires sur Facebook, avec notamment Texas HoldEm Poker qui rassemble encore 35,3 millions d'utilisateurs actifs par mois et le plus récent Bubble Safari 28 millions, selon le site spécialisé AppData. Mais Zynga a aussi réduit ses attentes sur le jeu « Draw Something », créé par le studio new yorkais OMGPop qu'il a racheté en mars dernier pour 180 millions de dollars et ne cesse de décliner depuis. Pour ne rien arranger, la société de San Francisco prévient aussi du retard de lancements de nouveaux jeux comme « The Ville ». Zynga abaisse donc ses perspectives annuelles drastiquement, notamment de ses « bookings », qui correspond au montant en dollars des biens virtuels vendus aux joueurs (animaux, tracteurs, etc, pour les paysans virtuels de FarmVille). Des bookings déjà en recul au deuxième trimestre par rapport au premier. Dur réveil pour les investisseurs.

Trop tôt pour dire « game over » ?
« Nous nous sommes trompés sur l'état actuel du business de Zynga » reconnaît l'analyste de Morgan Stanley, le fameux Scott Devitt au c?ur de la polémique sur l'introduction de Facebook : il a dégradé son opinion d'achat à neutre, comme sept ou huit autres courtiers ce jeudi, et divisé par plus de deux son objectif de cours sur Zynga, de 12 à 5 dollars. C'est d'ailleurs un festival d'excuses de courtiers jeudi qui reconnaissent avoir mal perçu certains signaux préoccupants.

En décembre déjà, certains investisseurs dénonçaient la bulle autour de cette star des réseaux sociaux qui était alors rentable et sur une tendance de croissance régulière. « L'ampleur du raté et de la révision des perspectives » a surpris les experts de Lazard Capital qui s'inquiètent de la capacité de Zynga à relancer l'intérêt des utilisateurs pour ses jeux et ce de façon rentable. Faut-il pour autant conclure tout de suite au « game over » ? Mark Pincus va devoir montrer qu'il est capable de prendre le tournant du mobile et d'assurer la transition vers sa propre plateforme web, Zynga.com.
 

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Commentaires
a écrit le 31/07/2012 à 20:46 :
Ma nièce Finlandaise vient d'entrer chez Rovio. Les (trés) Angry-Birds, est-ce que cela
vous dit quelque chose ? Ymmärätkö ?
a écrit le 28/07/2012 à 23:39 :
Le principe de tout jeu est d'avoir surtout des perdants pour assurer la rentabilité, juste quelques gagnants pour appâter. Où est la surprise?
a écrit le 27/07/2012 à 13:49 :
"Game over", et qui va "insert coin to try again"? Nobody et surtout pas moi.
a écrit le 27/07/2012 à 13:32 :
Comment faire confiance a un cite de jeu en ligne qui n'arrive pas à résoudre les problèmes de leurs joueurs
a écrit le 27/07/2012 à 9:52 :
On l'avait dit Facebook coté en bourse est une arnaque, il ne vende que du vent, tous comme les banquiers qui fabriquent de l'argent à partir de rien, et qui a fait rentrer Facebook en bourse "Morgan Stanley". C'est tout simplement de la spéculation à très cour terme. Et quand à Zuckerberg qui nous sort son blouson avec la pyramide des Illuminati dans un talk show, il est un peut naïf le garçon, on voit à quoi sert Facebook aujourd'hui, à organiser des printemps arabe, instrumentalisé par le gouvernement des USA, nouvel ordre mondial oblige, alors Mr Zuckerberg n'est tout simplement qu'un salarié milliardaire de facade, un si gentil garçon... Et Zynga un cheval de troie.
Réponse de le 27/07/2012 à 10:04 :
Bien-sur facebook a un intérêt militaire, vous êtes naïfs ?
a écrit le 27/07/2012 à 9:09 :
On vous a dit: la véritable valeur de Facebook n'est pas supérieure à 15-20$. Acheter à 38$ était une folie -souvenez-vous d'Eurotunnel il y a une quinzaine d'années...
Réponse de le 27/07/2012 à 9:30 :
sauf qu'eurotunnel est une vraie entreprise avec des infrastructures, du matériel, des clients etc, alors que facebook n'est qu'une coquille vide qui vend du vent et qui s'écroulera aussi vite qu'elle est montée ! L'arnaque du siècle quoi !
a écrit le 26/07/2012 à 19:36 :
Y en a t-il qui croient encore ces oracles de la finance ?
Autant croire au prince charmant ou aux promesses des hommes politiques...

Les seuls à gagner de l'argent avec la bourse sont les banques, les courtiers, les fonds, bref, tous ceux qui facturent des frais à ceux qui tombent encore dans le panneau.
Réponse de le 26/07/2012 à 20:13 :
Du temps de la ruée vers l'or dans l'Ouest americain, les seuls qui ont fait fortune sont ceux qui vendaient le materiel de prospection (pelles, pioches, tamis), provisions... Rien ne change, mais l'etre humain a la memoire d'un poisson rouge dans son bocal
Réponse de le 26/07/2012 à 21:15 :
Pourquoi remonter à si loin.? La bulle du net de 2000 n'a jamais existé..??
Réponse de le 26/07/2012 à 22:16 :
Pour montrer que l'etre humain est un gnou qui repete les memes erreurs depuis des decennies.
Réponse de le 27/07/2012 à 13:27 :
. Comment les investisseurs peuvent avoir confiance dans un cite qui pose autant de problèmes au joueurs .
Réponse de le 27/07/2012 à 15:58 :
Perso, j'ai gagné suffisamment avec la bulle de 99-2000 pour être libre de faire ce que je veux... et je n'étais ni banquier, ni courtier, je n'ai fait que faire croitre ma boite. Merci à la bulle qui m'a permis de me financer ... Je suis sur que les fondateurs de Facebook, Zynga et consorts vous remercient aussi.
Réponse de le 02/08/2012 à 15:14 :
Saphir , les économistes 'enfin la plupart) sont des abrutit fini, et c'est pas que moi qui le dis ... http://commentbienvoter.com/olivier-delamarche-le-31-jillet-2012/

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