Google Actus passe à la caisse en Allemagne

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Un texte de loi va obliger les moteurs de recherche à verser des commissions aux sites d'informations. En France, les sites d'actualités ont une relation ambiguë avec le géant Internet américain.

Voilà qui devrait faire des envieux chez les groupes de presse français. Le gouvernement allemand a adopté mercredi un texte de loi, qui oblige les moteurs de recherche à reverser des commissions aux sites de presse dont ils indexent les informations. Premier visé : Google Actualités. Le service d'agrégation d'informations de Google présente de manière hiérarchisée dans un service dédié l'ensemble des titres et des résumés des articles parus sur les sites d'informations. Le projet de loi, réclamé par les grands groupes de presse allemands tels qu'Axel Springer et Bertelsmann, a été rebaptisé « Lex Google » par ses détracteurs.

Protéger les éditeurs
« Il vaut mieux protéger les éditeurs de presse sur Internet », a justifié la ministre de la Justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, du Parti libéral (FDP). Selon le ministre allemand de la Culture, le chrétien-démocrate (CDU) Bernd Naumann, le « gouvernement allemand lance un message important en direction de la protection de la propriété intellectuelle à l'heure du numérique ». Ce dernier a estimé « inacceptable » que des organisations à but lucratif se servent gratuitement de contenus disponibles sur Internet, qui sont issus de l'investissement de journalistes et de journaux, à des fins commerciales. Particuliers, rédacteurs de blogs, entreprises, cabinets d'avocats, fédérations et associations pourront cependant continuer à citer librement des informations ou diffuser des liens. Le projet de loi a été vivement critiqué par l'opposition de gauche: sociaux démocrates du SPD et Verts, notamment.
 

L'attitude ambigüe des éditeurs français

En France, les sites de presse entretiennent une relation ambiguë avec Google Actus, qui représentent pour la plupart d'entre eux une importante source de trafic. En effet, Google News affiche le titre et le "chapeau" (le résumé de l'article) des papiers, l'internaute étant renvoyé vers le site de l'éditeur s'il veut lire l'intégralité du contenu. Ainsi, Google News peut générer entre 20 et 30% du trafic de certains sites. Ces derniers ont donc comme principale ambition d'être au mieux référencés dans le puissant moteur de recherche.

Mais les détracteurs de Google Actus l'accusent quand même de spolier le travail des rédactions. A une époque, le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) avait dans l'idée de faire bloc contre le moteur de recherche. De fait, le tri de l'actualité et la présentation de l'information de manière hiérarchisée fait partie intégrante du service apporté par les journaux au lecteur. Pour preuve, la plupart des internautes se rendant sur Google Actus ne dépassent pas le stade de la page d'accueil, se contentant des titres et des résumés de l'actualité. Cette audience échappe de facto aux sites d'informations, qui effectuent pourtant le travail en amont et qui ne parviennent toujours pas à vivre des ressources publicitaires en ligne.
 

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a écrit le 30/08/2012 à 15:02 :
"Pour preuve, la plupart des internautes se rendant sur Google Actus ne dépassent pas le stade de la page d'accueil, se contentant des titres et des résumés de l'actualité..."

Et encore, on ne parle pas de tous ces voleurs qui osent, chez leur marchand de journaux, lire les titres des quotidiens (parfois même ils les FEUILLETTENT, rendez-vous compte !) sans en acheter un seul. Vite, vite ! Une loi pour ces fraudeurs ! A cause d'eux, c'est la fin du métier de journaliste !
a écrit le 30/08/2012 à 9:07 :
Fournir de l'information gratuite - donc du travail - quand la publicté Google ne rapporte rien, cela va être de moins en moins possible.
a écrit le 29/08/2012 à 19:43 :
Google n'a qu'à supprimer de ses bases de données les sites concernés, ceux-ci feront très vite moins les malins : effondrement instantané du trafic !

C'est bien simple, aujourd'hui, les gens ne tapent plus l'adresse du site dans leur navigateur et ne les bookmarkent même pas : ils tapent simplement une partie du nom du site dans Google et cliquent sur le premier lien du résultat, qui se trouve justement être le bon. Si vous n'êtes pas correctement référencé dans Google, vous êtes donc totalement invisible sur le web.
Réponse de le 29/08/2012 à 23:42 :
A bon pour vous il n'existe donc QUE google ? vous ne tapez peut être jamais vos adresses, moi si et pas dans google.
Désolé.
Réponse de le 30/08/2012 à 8:19 :
Ben franchement il a raison, de la même manière je recherche directement sur google étant donné que c plus rapide et beaucoup de personne font ça.
Réponse de le 19/10/2012 à 9:06 :
20 à 30% du trafic des sites de presse vient du refnat, un 2ème, vraisemblablement de backlinks/partages (vous avez le chapeau quand vous partagez sur FB/Twitter, paierez-vous pour partager ?), les liens directs doivent représenter environ 30%. Si chaque BL doit être rémunéré, vous enlevez 2/3 de trafic sur les sites de presse. Vous enlevez ces revenus aux publicités, alors que, paraît-il, ils ne peuvent encore en vivre, et vous aurez : la fin de la presse française.
C'est beau de se tirer une balle dans le pied :')
Réponse de le 11/12/2013 à 9:19 :
Croire que l'on puisse faire 130M€ d'économies sans s'attaquer à la protection sociale est complètement démagogique. Si selon la droite augmenter les impôts freine la croissance, baisser brutalement la dépense publique a un effet comparable sur la croissance. Et la on parle d'une baisse de 6% ce qu'aucun pays n'a réalisé à ce jour. La droite essaie de faire croire que ce serait indolore. La vérité est que ce serait un véritable tsunami dans la vie de nombreux Français qui touchant moins de prestations sociales, familiales, retraites, chômage devraient alors souscrire a des assurances privées pour maintenir leur niveau de vie en cas de pépin. Mais n'est-ce pas la le but?

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