La Tribune

Jeux sociaux : les zigs zags de Zynga déroutent Wall Street

Mark Pincus, le fondateur et directeur général de Zynga. Copyright Reuters
Mark Pincus, le fondateur et directeur général de Zynga. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Delphine Cuny  |   -  445  mots
L'éditeur des jeux sur Facebook à succès tels que FarmVille et CityVille vient d'annoncer le licenciement de 520 personnes, soit 18% de ses effectifs et un abaissement de ses prévisions. Dix-huit mois après son introduction en Bourse, les investisseurs restent sceptiques sur le redressement de la société de San Francisco, en pleine transition vers le mobile.

Fin de partie pour 520 Zynga «brothers & sisters », comme les appelle le fondateur et directeur général de l'éditeur de jeux, Mark Pincus. Zynga a annoncé lundi soir qu'il allait licencier 520 personnes, soit 18% des effectifs de la société qui avait connu une croissance fulgurante, grâce aux succès de ses jeux sur Facebook. Si FarmVille continue d'enregistrer de bonnes audiences, d'autres sont à la peine, en particulier depuis que Zynga a amorcé sa mue vers le mobile pour être moins dépendant du réseau social au milliard d'amis. Mark Pincus promet des « packages généreux » aux licenciés dans un mémo interne où il explique la nécessité de ces « adieux douloureux » afin de réduire les coûts de façon « proactive. » Les restructurations coûteront 26 à 28 millions de dollars et pèseront sur les résultats du trimestre en cours, qui sera en perte. L'action Zynga a dégringolé de 12% lundi soir. Elle se reprend légèrement mardi, à 3 dollars, soit une capitalisation boursière de 2,3 milliards, alors qu'elle valait quelque 6,6 milliards de dollars lors de son introduction en Bourse à 10 dollars en décembre 2011.

Fermeture du studio de « Draw Something »
Des bureaux seront fermés à Los Angeles, à Dallas et à New York, selon le site The Verge qui croit savoir que le studio créateur de « Draw something », OMGPOP, racheté pour 180 millions de dollars il y a un an, fera partie des fermetures. Ce jeu, sorte de Pictionary pour smartphone, incarne les difficultés rencontrées par Zynga pour construire un succès durable dans l'univers très encombré du mobile, extrêmement sensible aux effets de mode. « Draw Something 2 » était l'application de jeu la plus téléchargée au lancement fin avril, « mais trois semaines plus tard, elle était déjà descendue au 58e rang des plus rentables sur l'App Store d'Apple. Aujourd'hui, elle est 88e », relève Brian Pitz, analyste de Jefferies. « Cette annonce risque d'accroître les doutes des investisseurs sur un éventuel rebond de la croissance », observe de son côté Michael Pachter de Wedbush. En octobre dernier, la société avait déjà annoncé la fermeture de bureaux à Boston et à l'étranger et l'arrêt de 13 jeux. Zynga a fini l'année 2012 sur une perte nette de 209 millions à rapporter à un chiffre d'affaires de 1,28 milliard de dollars (en hausse de 7%). L'éditeur de jeux californien reste le leader sur les réseaux sociaux, avec 253 millions d'utilisateurs actifs par mois en cumulé, mais doit affronter de plus en plus de concurrence, notamment du britannique King.com, dont le «Candy Crush Saga » est le jeu numéro un sur Facebook en ce moment, selon App Data.
 

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