La Tribune

Comment les ministres doivent gérer leur compte Twitter. Et les insultes qu'ils reçoivent

Le compte Twitter de la ministre du Logement, Cécile Duflot / Twitter.
Le compte Twitter de la ministre du Logement, Cécile Duflot / Twitter.
Hélène Haus  |   -  1059  mots
Les insultes publiées par Cécile Duflot, ce week-end, sur son compte Twitter ont fait le tour de la Toile. La ministre du Logement a partagé sur le réseau social les nombreuses injures qu'elle reçoit lorsqu'elle poste un commentaire de 140 signes. Et ce n'est pas la seule. Le respect de la fonction ministérielle n'impressionne plus les internautes. Plutôt que d'y faire attention, mieux vaut les ignorer.

Elle est à la fois sous le feu des projecteurs… et des critiques. Si la ministre du Logement, Cécile Duflot peut se targuer d'être l'un des membres du gouvernement les plus suivis sur Twitter, elle est aussi l'une des ministres les plus insultées.

L'ancienne chef de file d'Europe-Ecologie-les Verts a fait le buzz, ce week-end, en publiant sur le réseau social un exemple des insultes qu'elle reçoit au quotidien. "Pour comprendre pourquoi je twitte moins / réponds moins, parce que ça ferait lire ce genre de trucs 10 fois/jour...", a-t-elle écrit en liant une capture d'écran où des internautes la traitent de "tartine" ou de "gros cul".

Tous les ministres ne sont pas présents sur Twitter

La ministre n'est pas la seule à recevoir des commentaires acerbes des internautes. Sur le profil de sa collègue à la Justice, Christiane Taubira, apparaissent également des propos ouvertement racistes: "Elle a l'humanité d'une guenon. La France n'est pas un bantoustan"; ose ainsi un twitto.

Sexisme, tutoiement, insultes, appels à la démission… Les ministres "prennent cher". Pas surprenant donc que certains ne possèdent pas de compte Twitter, à l'instar de Nicole Bricq (Commerce extérieur) ou Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur et Recherche). "La ministre n'a jamais souhaité ouvrir de compte, même lorsqu'elle était députée. C'est un choix personnel. Elle préfère utiliser d'autres moyens de communication", explique l'entourage de Geneviève Fioraso.

D'autres ont cessé de twitter à leur prise de fonction, comme Manuel Valls (Intérieur) ou Vincent Peillon (Éducation nationale). Pour suivre leur actualité, les internautes peuvent tout de même se rabattre sur les comptes officiels des ministères.

Les derniers tweets de Manuel Valls et de Vincent Peillon

Le président, le grand absent

Le compte de François Hollande a également cessé d'être alimenté après son élection. "Dans le soucis d'incarner avant tout la fonction présidentielle, François Hollande a préféré s'exprimer par la seule voix du compte officiel de l'Élysée. Sa personne est passée au second plan", explique-t-on à l'Élysée. Interrogé en mai dernier, lors d'une conférence de presse, sur son absence du réseau social, le chef de l'État avait d'ailleurs répondu en jouant la carte de la dérision : "Serait-ce la preuve de mes mauvais sondages ? Je n'aurais pas tweeté comme il convenait ou tweeté du tout ?", plaisantait-il alors.

Re(voir) l'interview de François Hollande, interrogé sur Twitter :

 "Twitter reste un outil idéal pour développer sa stratégie de communication. Il y a des revers, mais c'est la règle du jeu", note Mounira Hamdi, spécialiste de l'e-reputation, auteure de Bad buzz : gérer une crise sur les réseaux sociaux et de Bien gérer sa réputation sur Internet. Comme les marques, les réseaux sociaux permettent avant tout aux hommes politiques de vendre leur image. "Sauf qu'avec Twitter, on ne peut pas cacher les critiques", reconnaît la spécialiste.

"Soit on bloque son compte pour sélectionner ses abonnés et éviter à n'importe qui de laisser des messages, mais on perd potentiellement une large audience. Soit on bloque les personnes qui postent des messages insultants, mais cela prendrait trop de temps", décrit-elle.

Christine Boutin à Cécile Duflot : "Vous êtes trop sensible ma chère"

Que faire alors ?

"Il faut distinguer deux types de critiques. Celles qui sont argumentées et émises par des personnes influentes. Les politiques vont devoir suivre de près les commentaires laissés par les journalistes ou les hommes d'affaires. A l'inverse, les critiques sur le physique, la manière de s'habiller, rédigées par des abonnés lambdas importent peu. Il vaut mieux les ignorer", conseille Mounira Hamdi.

L'Élysée, par exemple, a choisi de ne pas répondre aux commentaires laissés par les internautes. "Pour l'instant, c'est un compte descendant, il n'y a pas d'interaction, mais rien n'est fermé. Cela pourrait changer", explique L'Élysée.

Le tweet de Cécile Duflot a en tout cas fait réagir une autre "star" du réseau social. "Vous êtes trop sensible ma chère !!! A côté de ce que je reçois ! C'est rien !!!!", a commenté l'ancienne ministre du Logement Christine Boutin.

"Cécile Duflot est l'une des rares ministres à alimenter elles-mêmes son fil Twitter. L'effet négatif, c'est qu'elle voit tout. Généralement, les élus confient cette mission à un conseiller en communication. Il filtre logiquement les commentaires inutiles et ne rapporte que les critiques constructives aux élus", note Mounira Hamdi.

Les bonnes manières jetées aux oubliettes

D'autant que ces attaques sont exacerbées sur les réseaux sociaux. Qui se permettrait d'insulter un ministre de "gros cul" en face-à-face ou de le tutoyer au premier abord ? Les règles de bonne conduite devraient pourtant être les mêmes que dans la vie courante, voire plus strictes. Le code de la Nétiquette, rédigé en 1995 par l'Internet Engineering Task Force, stipule ainsi: "En général, les règles de courtoisie habituelle dans les rapports entre les gens devraient être de mise en toute circonstance. Et sur l'Internet, c'est doublement important là où, par exemple, l'expression corporelle et le ton de la voix doivent être déduits".

"Les gens se croient protégés derrière leur PC. Les insultes sont souvent émises sous des pseudonymes", remarque d'ailleurs Mounira Hamdi. La lâcheté ligne de conduite. En octobre 2012, François Hollande déclarait au journal Le Monde : "Exercer le pouvoir, aujourd'hui, c'est très dur. Il n'y a plus aucune indulgence, aucun respect. Mais je le savais". Les ministres (twittos) sont prévenus.

 

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Commentaires

TITI  a écrit le 29/10/2013 à 14:28 :

ces réseaux socios ne sont que des défouloirs,cela coute moins cher qu?un anti-destresseur ou verre d'alcool. Twitter, facebook et autres n'apporte rien à l'humanité .C'est du vent .

Nett  a écrit le 29/10/2013 à 14:06 :

"Nétiquette, rédigé en 1995 par l'Internet Engineering Task Force," ça c'était la préhistoire d'internet. Depuis ça a bien changé. Je ne compte plus les courriels où il n'y a même plus de formule de politesse au début, on a de la chance si on a droit à un "Bonjour"...

Tweetolino  a écrit le 29/10/2013 à 13:23 :

Arriviste, apparatchik, sournoise, calculatrice...elle pourrait recevoir pire comme tweet la Duflot. De quoi elle se plaint ?

Cerventes  a écrit le 29/10/2013 à 11:43 :

..Sont ils obligés de "twitter" de toute façon???! n'ont -ils pas mieux A FAIRE????? !!!!!

Hervé  a écrit le 29/10/2013 à 11:06 :

Et oui quand on veut du mal aux Français, aux Salariés, aux cotisant en les rendant plus pauvre que les pauvres. C'est la moindre des politesses. Mais personnellement je ne me risquerai pas à lui envoyer un tweet car les gauchaux sont totalitaires et procéduriers. Je n'ai pas envie de finir dans un goulag et que mon logement soit attribuer d'office à un sans papier...

momo  a écrit le 29/10/2013 à 11:02 :

ils n' arrêtent pas de se foutre du peuple, regardez à la télé les débats à l' assemblée nationale, vous verrez le mépris qu' ils ont envers le peuple !! 1 heure de débat, et 3/4 d' heure à faire des jeux sur leurs portables, ou bien regardez des photos de famille, voila à quoi ils passent leur temps !!! Alors quelques insultes les ramènent à la réalité de ce qu' ils sont !!!

Tousofns  a écrit le 29/10/2013 à 11:00 :

Boutin est jalouse ; elle va encore nous faire un malaise .

bof!  a écrit le 29/10/2013 à 10:50 :

C'est quand même bien fait pour eux. Lorsque l'on est un personnage public avec des dossiers censément être ardus, quel est l'intérêt de passer du temps à écrire des textes de 140 caractères à visée grand public. Perte de temps (surtout pour des cumulards), taille des textes incompatible avec un minimum de réflexion et pédagogie, diffusion non maitrisée car de base mondiale... Tout cela pour faire moderne dans sa communication. C'est pathétique.

Lecteur  a écrit le 29/10/2013 à 10:34 :

C'est lors des présidentielles de 2012 que la bassesse s'est révélée. Jamais il n'y avait eu autant de saletés émises ..... par la gauche (qui voulait Hollande), sur Sarkozy et sa femme. C'était immonde et personne n'a rien dit, même pas les principaux intéressés qui n'ont fait qu'encaisser sans rien dire. C'est donc un retour de bâton des mêmes énergumènes de 2012.

tempete  a écrit le 29/10/2013 à 10:10 :

qui seme le vent recolte la tempete... il faudrait les plaindre, en plus?

EXACT  a répondu le 29/10/2013 à 10:22:

exact! Et puis c'est vrai qu'elle a un gros c...et un petit cerveau

momo  a répondu le 29/10/2013 à 11:04:

Même en 16/9e sur la télé, je ne vois pas la totalité !!!