Amazon mise sur Woody Allen pour concurrencer Netflix

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Le réalisateur d'Annie Hall et de Manhattan a 80 ans, quatre oscars et s'apprête à finaliser sa première série pour le magasin en ligne Amazon. (Ici, l'an dernier, au Festival de Cannes 2015, entouré des comédiennes Emma Stone, à gauche, et Parker Posey.)
Le réalisateur d'Annie Hall et de Manhattan a 80 ans, quatre oscars et s'apprête à finaliser sa première série pour le magasin en ligne Amazon. (Ici, l'an dernier, au Festival de Cannes 2015, entouré des comédiennes Emma Stone, à gauche, et Parker Posey.) (Crédits : Reuters)
En rachetant les droits du prochain film de Woody Allen, auquel Amazon a déjà commandé une série en six épisodes, Amazon marque une étape supplémentaire dans son offensive tournée vers l'industrie du cinéma à la demande, et prend de plus en plus de poids face à son concurrent californien.

Qui a dit, le 27  décembre dernier, "Nous voulons gagner un oscar" ? Certainement pas Woody Allen, qui en a déjà quatre (qu'il n'est jamais venu chercher, soit dit en passant...). Cette ambition est en réalité l'une des dernières lubies du patron d'Amazon, Jeff Bezos, qui se voit désormais en leader de l'industrie audiovisuelle face à la star de la vidéo à la demande Netflix, et compte bien s'offrir un allié de poids pour le détrôner. Pour lui rapporter la précieuse statuette, Amazon a fait appel à Woody Allen, l'un des plus prolifiques réalisateurs de Hollywood, qui a accepté de lui céder les droits de son prochain long-métrage, selon un communiqué diffusé jeudi. Peu de temps auparavant, en janvier, Amazon avait déjà commandé une mini-série à Woody Allen, avec, en tête d'affiche, Miley Cyrus, l'ex-vedette de Disney désormais adepte de la provocation.

Les salles obscures, vitrines du streaming

Le géant du Web a donc revu ses ambitions à la hausse et compte désormais produire 16 longs métrages par an, soit quatre de plus qu'annoncé au début de l'année 2015. Chez Amazon, les longs-métrages ont vocation à sortir en salles, mais servent avant tout à alimenter le service de streaming sur abonnement d'Amazon, directement concurrent de Netflix. Chez Netflix, même stratégie: le long métrage Beasts of No Nation du réalisateur Cary Fukunaga (True Detective), un contenu maison (sur le drame des enfants soldats dans les guerres civiles en Afrique), salué par le public et la critique, était sorti en salles le 16 octobre aux Etats-Unis, et simultanément sur la plateforme de VOD.

La série, même Woody Allen s'y met

"Comme toute relation qui démarre, il y a beaucoup d'espoir, d'affection mutuelle et de bonne volonté. Les poursuites judiciaires viennent après", a ironisé le cinéaste, cité dans le communiqué. "Woody Allen est un brillant réalisateur. Nous sommes si fiers de travailler avec lui pour son prochain film et sa toute première série télévisée", a ajouté Roy Price, directeur d'Amazon Studios. A l'âge de 80 ans, le réalisateur d'Annie Hall et de Manhattan prépare actuellement sa première série télévisée - six épisodes d'une demi-heure - pour le magasin en ligne. La série, c'est ce qui a permis à Amazon d'entrer dans la cour des grands du paysage audiovisuel avec plusieurs séries à succès dont Mozart in the Jungle il y a un peu plus d'un an.

Fin septembre, alors que Netflix était récompensé pour sa série Orange is the New Black lors des Emmy Awards, des récompenses réservées aux séries, Amazon s'affichait déjà en concurrent sérieux en décrochant deux statuettes pour Transparent, l'une de ses premières séries originales. Ces victoires illustrent tant l'évolution des modes de consommation des programmes que le succès des nouvelles stratégies des géants du Web vers des contenus originaux.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2016 à 9:58 :
L'audience de Woody Allen ?
En gros , de Park Avenue à Manhattan.
a écrit le 20/02/2016 à 17:26 :
Woody n'est pas ma tasse de thé, mais bon, il a une audience je présume ? Et de nos jours, le marketing est plus important que la qualité du produit, non :-)
a écrit le 20/02/2016 à 8:56 :
Netflix se gourre d'artiste. Je ne pense pas que le Paleolithic Art soit porteur de nouveauté.
a écrit le 19/02/2016 à 17:29 :
En effet le numérique a bel et bien générer une nouvelle économie mais difficile de la prendre au sérieux quand même non ? Même si je ne donne pas plus de crédibilité à l'ancienne hein...

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