Twitter rejette l'idée de devenir une coopérative mais envisage un modèle premium payant

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Twitter a rejeté l'idée de se transformer en coopérative détenue par ses Twittos, mais l'entreprise ne ferme pas la porte à la création d'un modèle premium payant pour les entreprises.
Twitter a rejeté l'idée de se transformer en coopérative détenue par ses Twittos, mais l'entreprise ne ferme pas la porte à la création d'un modèle premium payant pour les entreprises. (Crédits : © / Reuters)
Le conseil d'administration du réseau social de microblogging a officiellement rejeté l'idée de se vendre à ses propres utilisateurs, sous la forme d'une coopérative. La fin d'un rêve entretenu depuis l'automne par une communauté très active de passionnés.

Fin de non-recevoir pour les partisans d'un Twitter libre et ouvert détenu par ses utilisateurs. Mardi 22 mai, lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires, le conseil d'administration a officiellement rejeté la proposition d'étudier sa vente à ses propres utilisateurs pour transformer l'entreprise en coopérative.

Plus de 6.000 personnes, regroupées dans le mouvement #WeAreTwitter avaient signé une pétition, sur le site BuyTwitter, pour réclamer un tel changement de gouvernance. Leur argument ? Twitter est moins une entreprise classique qu'un média d'utilité publique et démocratique, qui doit donc être protégé de la pression des marchés. Pour les partisans de la coopérative, l'incapacité de l'entreprise à devenir rentable, qui provoque des remous en Bourse et a conduit à sa mise en vente - ratée - l'an dernier, fait peser une menace inacceptable sur la survie et l'indépendance du réseau social aux 328 millions d'utilisateurs actifs mensuels. L'engouement suscité par la proposition, lancée le 24 septembre dernier par le journaliste Nathan Schneider, a poussé Twitter a l'inscrire à l'ordre du jour de l'assemblée annuelle des actionnaires. Le texte soumis au vote stipulait demandait à Twitter d'étudier sérieusement, via un rapport, l'hypothèse de la coopérative. Il a été rejeté.

| Lire Et si Twitter devenait une coopérative détenue par ses Twittos ?

Jack Dorsey ne ferme pas la porte à un modèle "premium" payant

Le refus, net et précis, n'est pas une surprise. Dans l'ordre du jour de la réunion (page 31), le comité des directeurs de Twitter avait émis un avis défavorable, arguant que le temps et les ressources du réseau social devraient plutôt être utilisés pour améliorer le produit et sa rentabilité, plutôt que pour étudier ce qui était considéré par de nombreux analystes comme une option de la dernière chance.

En revanche, lors des questions-réponses avec les actionnaires, le Pdg Jack Dorsey a révélé que Twitter réfléchissait bel et bien à changer son modèle économique, toujours dans l'optique de dégager davantage de revenus. Selon Jack Dorsey, l'entreprise a déjà "lancé en l'air" l'idée de créer un modèle payant "premium" pour les membres les plus actifs, donnant accès à des fonctionnalités et des services privilégiés.

Voici la réponse de Jack Dorsey à la question d'un actionnaire, qui, sans rien annoncer, ne ferme pas la porte à cette idée dans le futur:

"Cette idée est dans l'air depuis un petit moment. Nous pensons qu'il est très important que Twitter soit accessible à tout le monde, partout dans le monde, sans distinction, donc l'idée générale a été de rendre Twitter gratuit et ouvert. Mais nous discutons toujours avec nos utilisateurs de ce qu'ils voudraient, et c'est une idée qui est sortie. Nous n'avons rien à annoncer aujourd'hui mais nous regardons toujours ce qui pourrait se passer..."

Monétiser l'usage par les professionnels

Cette déclaration confirme l'information révélée par Reuters fin mars, qui indiquait que Twitter étudiait sérieusement, pour la première fois, une version premium, par abonnement, de son interface Tweetdeck destinée aux professionnels. Ce logiciel leur permet de mieux gérer leurs comptes, leur communauté, et d'avoir accès à des fils d'actualités personnalisés.

Cette idée est clairement dans l'air du temps : d'autres réseaux sociaux, tels que LinkedIn, racheté l'an dernier par Microsoft, ou encore Facebook avec Facebook Workplace, ont déjà lancé des versions payantes qui offrent à leurs abonnés un meilleur accès et des données supplémentaires. A suivre...

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