La Tribune

Paris en ligne : Eurosportbet raflé par Unibet

Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Sandrine Cassini  |   -  543  mots
La marque du site créé à l'origine par Bouygues, François Pinault, et TF1 va disparaître. Depuis la reprise d'Eurosportbet par ses dirigeants à TF1 en mars, l'opérateur de paris a licencié deux tiers de ses effectifs.

L'aventure Eurosportbet - du moins dans sa forme actuelle - se termine. Le site de pari en ligne va être repris par Unibet, un concurrent dont le siège est londonien, la cotation à Stockholm, et qui détient une licence à Malte. Montant de l'acquisition : 5,6 millions d'euros pour 100% du capital. Une clause « d'earn out » est prévue en fonction des résultats financiers ces six prochains mois. « Aujourd'hui , Eurosportbet compte 130.000 clients actifs, 5% de part de marché dans les paris sportifs, et elle est rentable », indique Christophe Dhaisne, responsable d'Unibet pour l'Europe de l'Ouest et du Sud.

Avec Eurosportbet, qui devrait réaliser un produit brut des jeux (équivalent du chiffre d'affaires) de 15 millions d'euros cette année, Unibet espère se relancer sur en France sur lequel il était très actif avant l'ouverture du marché à la concurrence en juin 2010. Depuis, il avait difficilement acquis une licence, qu'il n'avait jamais activée, et qui arrivait quasiment à échéance. « A l'époque la plateforme n'était pas prête techniquement. Et puis au regard de la réglementation, nous avions pressenti ce qui allait se passait», justifie Christophe Dhaisne. De fait, les paris sportifs n'ont pas eu le succès attendu, et en un an, beaucoup ont jeté l'éponge. Quant à ceux qui restent, à l'image de Betclic, premier opérateur de paris sportifs en France, ils restent déficitaires. Pourquoi Unibet se relance-t-il dans ce contexte difficile ? « C'est un calcul plus stratégique que financier. On pense que les conditions de marché vont s'améliorer », assure Christophe Dhaisne. Une certitude qui ne s'est pas, pour l'instant, réalisée dans les faits. La ministre du budget Valérie Pécresse a déjà fait savoir qu'elle ne toucherait pas à la fiscalité du secteur dans le cadre de la révision de la loi cet automne.

En attendant ?La marque Eurosportbet va purement et simplement disparaître. « Nous attendons l'accord de l'Autorité de régulation des jeux en ligne. Il y aura ensuite deux mois de transition pour un passage sous la marque Unibet en février mars », indique Christophe Dhaisne. En mars, Eurosporbet, propriété de TF1, avait été repris par ses dirigeants Olivier Ou Ramdane et Sébastien Bougon. Ce dernier était à l'origine directeur général de Serendipity, le fonds d'investissement de Bouygues et d'Artemis (François Pinault) qui avait créé en 2009 le site de paris en ligne en partenariat avec TF1. Si la Une avait entre temps repris la totalité du capital, elle y avait aussi laissé beaucoup d'argent, subissant une perte de 23 millions d'euros rien que sur l'année 2010. Une contre-performance qui l'a d'ailleurs conduite à se défaire de cette activité.

Les repreneurs d'Eurosportbet avaient-ils anticipé cette nouvelle cession ? « Pour sortir de l'ornière, il fallait faire du low cost. Les équipes sont passées de 63 à 23 salariés. Et nous avons déménagé à Issy-les-Moulineaux. Il nous fallait aussi d'autres sources de revenus. Nous allons donc créer en marque blanche, le site de poker de Zetruf », indique à la Tribune, Sébastien Bougon, selon lequel le projet de cession est venu plus récemment. « Nous avons travaillé avec Unibet sur un projet de site en marque blanche cet été. Puis, ils nous ont proposé d'entrer au capital », complète le dirigeant.
 

Réagir