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Apple et cinq éditeurs, dont Lagardère, menacés par une enquête

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latribune.fr (source AFP)  |   -  365  mots
Le président de la Guilde des auteurs américains, l'écrivain Scott Turrow, a exprimé vendredi son inquiétude après des informations du Wall Street Journal sur une enquête des autorités de la concurrence pour une possible entente entre Apple et les éditeurs.

"Il se pourrait que notre gouvernement soit sur le point de tuer la véritable concurrence pour préserver l'apparence de la concurrence", a écrit M. Turrow dans une lettre ouverte aux membres de son syndicat. Selon le Wall Street Journal, les autorités américaines menacent de poursuivre le groupe informatique américain Apple et cinq grands éditeurs à qui elles reprochent de s'être entendus sur les prix des livres numériques. Soupçonnant une entente sur les prix, les autorités de la concurrence européenne avaient déjà annoncé début décembre avoir ouvert une enquête visant Apple et ces cinq éditeurs internationaux ou leur maison mère. Les cinq éditeurs visés seraient Simon & Schuster (CBS), Hachette Book Group (propriété du groupe français Lagardère), Penguin Group (Pearson), Macmillan, filiale de l'éditeur allemand Georg von Holtzbrinck, et HarperCollins, filiale de News Corporation.

Apple inderdit aux éditeurs de vendre moins cher ailleurs

Apple est soupçonné d'avoir obtenu des conditions excessives quand il leur a proposé de déterminer eux-mêmes le prix de leurs livres électroniques, avant le lancement, en avril 2010, de sa tablette numérique iPad. Avant cette date, le géant de la distribution en ligne Amazon, qui commercialise la liseuse Kindle, vendait presque tous les livres numériques au prix qu'il avait lui-même fixé de 9,99 dollars, souvent à perte. Selon la presse, les soupçons portant sur Apple seraient liés à une clause interdisant aux éditeurs de laisser d'autres distributeurs de titres numériques les vendre moins cher que sur sa librairie iBookstore.

"Nous n'avons aucune façon de savoir" s'il y a eu entente, a souligné M. Turrow. "Ce que nous savons c'est qu'une collusion n'était pas nécessaire: du moment qu'on leur en donnait la possibilité, tout éditeur rationnel aurait sauté sur l'offre d'Apple et s'y serait accroché comme à une bouée de sauvetage". Auparavant, selon lui, "Amazon bradait les e-livres pour détruire la vente de livres" physiques. "Deux ans après (le changement dans la fixation des prix), Amazon n'étrangle plus le marché des e-livres, sa part de marché est passée d'environ 90% à environ 60%", a-t-il noté.

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