La ministre de la Culture Aurélie Filippetti rassure les professionnels du cinéma

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Aurélie Filippetti, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, au Festival de Cannes lundi soir. Copyright AFP.
Aurélie Filippetti, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, au Festival de Cannes lundi soir. Copyright AFP. (Crédits : AFP)
Pour son premier discours, la nouvelle ministre a pris la défense du Septième art et apaisé les craintes sur la réforme d'Hadopi.

Pour sa première sortie en tant que ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti a fait de la « calinothérapie ». La ministre a voulu rassurer les professionnels du cinéma réunis a Cannes pour le Festival du film, en particulier concernant l'avenir de la Hadopi, l'autorité de lutte contre le piratage sur Internet : « le respect du droit d'auteur et la rémunération de la création sont pour moi tout à fait fondamentaux ». Certes, des « adaptations » sont nécessaires, et Internet apporte des choses positives, mais « l'innovation devra se faire dans un cadre régulé ». Surtout, « c'est le ministère de la Culture et de la Communication qui aura la responsabilité de ce dossier », a-t-elle souligné, espérant sans doute couper court aux déclarations sur le sujet de sa collègue chargée du numérique, Fleur Pellerin.

Une « large concertation » et un bilan de la Hadopi
Aurélie Filippetti a répété qu'une « large concertation avec toutes les parties » serait lancée sur le sujet, mais n'a pas voulu indiquer sa durée, ni qui la conduirait - alors que circule le nom de Pierre Lescure, un des soutiens de François Hollande durant la campagne. En privé, François Hollande avait confié avant l'élection que cette concertation durerait au moins un an. Publiquement, la nouvelle ministre a juste promis « une nouvelle méthode de concertation, sans brutalité, sans précipitation, sans opération de communication qui ne débouche pas sur des réalités concrètes ». A cette occasion, sera effectué un « bilan » de la Hadopi, avec « ses forces et ses faiblesses ». Samedi, la veille de son arrivée au festival, Aurélie Filippetti avait déjà donné un gage aux pro-Hadopi : elle avait annoncé à son directeur de cabinet durant la campagne, Juan Branco, qu'il ne ferait pas partie de son équipe rue de Valois. Juan Branco était un militant anti-Hadopi de la première heure, ayant notamment été, en 2009, à l'origine d'une tribune anti-Hadopi par cosignée par Chantal Akerman, Victoria Abril, Catherine Deneuve, Louis Garrel, Chiara Mastroianni, et son père, le producteur Paulo Branco.

Une évolution de la chronologie des médias promise
Mardi matin à Cannes, la nouvelle ministre a aussi promis « une évolution » de la chronologie des médias, le système qui détermine l'ordre de diffusion des films sur différents supports : salles, DVD, télévision... « Ce travail se fera dans la concertation, sans précipitation. Nous sommes attachés à cette chronologie », a-t-elle promis. Elle a indiqué avoir abordé le sujet lors du festival avec la Commissaire européenne a la culture, Androulla Vassiliou. Enfin, la ministre a promis au monde du cinéma de les protéger face aux « géants de l'Internet » et à « une lecture européenne libérale axée sur la libre concurrence », qui « peuvent fragiliser notre écosystème qui a fait ses preuves ». Même si « des adaptations sont nécessaires pour faire face aux bouleversements du numérique ». Elle a notamment indiqué avoir discuté avec la Commissaire européenne du projet de réforme des subventions publiques au cinéma, un projet qui inquiète les professionnels. A la fin de son discours, ces derniers ont longuement applaudie celle qui s'est décrite comme une « amoureuse du cinéma », et sont repartis visiblement rassurés.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2012 à 13:42 :
vive juan mon prof de S.E.S depuis ojd
a écrit le 23/05/2012 à 11:21 :
Le ministère de la Culture est le ministère de l'Industrie culturelle, tenu par des lobbys que personne n'ose froisser ou contredire et peuplé d'apparatchiks qui font l'aller retour entre public et privé. Quand on voit les sommes en jeu par rapport au poids dans l'économie (et à la qualité des réalisations), c'est intolérable. Mais ce n'est pas encore cette fois que quelqu'un osera donner un coup de pied dans cette fourmilière de nantis qui se drapent dans l'intouchable vertu de la Culture et, en plus, se prétendent de gauche.
a écrit le 22/05/2012 à 21:22 :
"A cette occasion, sera effectué un « bilan » de la Hadopi, avec « ses forces et ses faiblesses ». Samedi, la veille de son arrivée au festival, Aurélie Filippetti avait déjà donné un gage aux pro-Hadopi : elle avait annoncé à son directeur de cabinet durant la campagne, Juan Branco, qu'il ne ferait pas partie de son équipe rue de Valois. Juan Branco était un militant anti-Hadopi de la première heure"

Bravo comme langue de bois il n'y a pas mieux (et encore "bois" pour être poli), en référence a l'article de Latribune du 13/12/2011 Aurélie Filippetti (PS) : "Hadopi, une catastrophe dont il faut sortir"
Et maintenant que la fête est finie, elle propose, un bilan pour mieux améliorer le système Hadopi !!!
Et moi qui croyais qu'ils devaient supprimer purement et simplement ce système ???
Et dire que c?était une idée du gouvernement de Sarkozy !! et bien bravo vous venez de démontrer que d'une, c?était pas une si mauvaise idée (tant d?esbroufe a l'assemblée pour rien) et de deux vous ne valez guère plus que le précédent gouvernement !! remarque quoi de plus normal, pour un président normal, un gouvernement normal, bref comme tout les autres quoi !!! normal !!!
a écrit le 22/05/2012 à 20:34 :
UNe semaine apres son election et le gouvernement Hollande renie deja ses promesses de campagne ! C'est magique.....
a écrit le 22/05/2012 à 16:56 :
J'estime normal de payer pour obtenir la copie d'une ?uvre de créateur. Ceux qui s'y opposent n'hésitent pas dans le même temps à payer pour avoir la sonnerie de René la Taupe sur leur téléphone. Cherchez la cohérence. On vilipende la Chine parce qu'elle ne respecte pas la loi sur le copyright, et on voudrait faire d'Internet une zone de non-droit. C'est inepte.
Réponse de le 22/05/2012 à 21:45 :
payer oui, aucun problème !! mais il faut que ça soit raisonnable, or on est très loin du compte !! et maintenant ils veulent aussi que l'on rémunère la copie privé !! si ça continue comme ça, bientôt on devra payer a chaque fois que l'on écoute son CD, que l'on aura payer 20 euros en magasin !!!
Quand je vois les sommes colossales que se font les majors et tout les acteurs de la profession, c'est indescent de ne pas vouloir baisser le prix du CD !!!
Tout est une question de prix et rien d'autre !!
a écrit le 22/05/2012 à 15:48 :
Ohhh oui encore un peu de pognon pour produire des films engagés... comprenez de gauche, hein, sinon c'est pas engagé, c'est fasciste! hahahhahhahhaaa!
a écrit le 22/05/2012 à 15:09 :
"Enfin, la ministre a promis au monde du cinéma de les protéger face aux « géants de l'Internet »"
Tellement protégés qu'ils finiront comme les Majors de la musique ;)
La seule protection contre les géants c'est l'attaque, la mise en place d'un magasin concurrent à iTunes etc. Mais pour ça, il faudra bien supprimer la chronologie des médias qui empêche l'essor de la VOD et favorise le piratage.
a écrit le 22/05/2012 à 15:07 :
ca commence bien
On a pas Jack Lang mais ca reste le meme baratin
On entretien a grand frais un machin afin de preserver la rente d une industrie qui refuse d evoluer

votez pour le parti pirate !!
a écrit le 22/05/2012 à 14:56 :
Les deux ministres ne s'entendaient déjà pas au sein de la campagne, et maintenant, elles continuent... On va donner les clefs des réseaux a une ministre de la culture qui n'y comprend rien, et on va encore s'étonner que le résultat ne marche pas... pitoyable...

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