Presstalis met des reclassements dans les entreprises publiques sur la table des négociations

Par Sandrine Cassini  |   |  562  mots
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Le distributeur de la presse française propose des reclassements dans des entreprises publiques comme la Poste ou la RATP. Le plan de départs porte sur 1.250 des 2.200 postes de Presstalis. Les négociations butent sur la restructuration de trois centres totalisant 350 salariés. Le gouvernement pourrait nommer un médiateur.

Dès le début, Presstalis savait que la partie ne serait pas facile. En proie à une baisse drastique de la vente des journaux, le premier distributeur de la presse française doit mener un plan de restructuration portant sur 1.250 postes sur un effectif total de 2.500 personnes selon les derniers chiffres officiels (en réalité plus proche de 2.200 salariés, confirmant des informations d'Electron Libre). Entamées en octobre, les négociations entre la direction et les syndicats ont atteint un point dur. Pour preuve, cette nouvelle journée de grève décidée mardi par la CGT du Livre, qui a poussé les éditeurs à renoncer à imprimer les quotidiens du mercredi. Jeudi, de nouvelles perturbations pourraient avoir lieu. Pour le quotidien économique Les Echos, « c'est la vingt-cinquième perturbation en quatre mois, donc sur environ cent parutions », s'est emporté l'éditorialiste Dominique Seux, dans un billet publié sur le site des Echos.

Un noyau dur de 350 salariés sur 2.200
Alors qu'une nouvelle rencontre entre la direction et les syndicats est programmée jeudi, la CGT du Livre reste purement et simplement opposée à l'idée de départs contraints. Autrement dit, elle souhaiterait que l'ensemble des départs prévus soit uniquement le fruit du volontariat. De source proche des négociations, on indique que les choses avancent entre la direction et les salariés sur les restructurations au siège et en province. Le noyau dur concerne la fusion programmée de trois centres de diffusion situés en région parisienne : Gonesse, qui distribue des quotidiens, Bobigny, en charge de la distribution à Paris, et Moissy-Cramayel, spécialisé dans les magazines. Ces trois centres emploient 350 personnes. A l'arrivée, la nouvelle entité ne devrait en conserver qu'une centaine. Aujourd'hui, la grande majorité des employés de ces trois centres occupent des postes peu qualifiés mais très bien rémunérés par rapport au reste de l'entreprise (où déjà les salaires sont très élevés) et ces employés sont âgés de 43 à 53 ans.

Des places dans les entreprises publiques

Presstalis a donc mis sur la table, outre les packages de départs déjà généreux (un salarié ayant 30 ans de maison encaisse au bas mot 100.000 euros), des reclassements dans les entreprises publiques, comme La Poste, la SNCF ou la RATP. Une proposition qui est soutenue par l'Etat, mais qui ne convainc pas les représentants syndicaux. Evidemment, les traitements salariaux seront certainement inférieurs dans d'autres entreprises publiques, un salarié de Presstalis touchant le double par rapport à d'autres employés de sociétés de logistique.

Un médiateur d'ici quelques jours ?
Le gouvernement n'exclut donc pas de nommer un médiateur ces prochains jours, confirmant des informations de l'Express. Si le PDG des Echos, Francis Morel, en a fait publiquement la demande mercredi, l'idée d'un intermédiaire mettant de l'huile dans les rouages est depuis un moment dans les têtes. Elle ne devait être utilisée que dans l'hypothèse d'un durcissement de la situation.

Grande capacité de nuisance
Le syndicat du Livre a encore fait mercredi une démonstration de force, prouvant que sa capacité de nuisance allait bien au-delà de Presstalis. Durant quelques heures, entre 200 et 300 membres du Syndicat ont bloqué la plate-forme de distribution de la presse magazine du groupe Geodis, située à Bonneuil-sur-Marne, dans le Val-de-Marne.