Comment les médias répondent aux bloqueurs de publicité

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Certains sites passent par des techniques plus "artisanales", comme remplacer les bannières publicitaires bloquées par des messages demandant de façon humoristique (ou non) de désactiver les "adblockers"
Certains sites passent par des techniques plus "artisanales", comme remplacer les bannières publicitaires bloquées par des messages demandant de façon humoristique (ou non) de désactiver les "adblockers" (Crédits : Flickr/torbakhopper. CC License by.)
Yahoo Mail empêche désormais ses utilisateurs américains utilisant un "adblock" d'accéder à leur boîte mail. Une initiative déjà adoptée par plusieurs groupes de médias et qui a pour but de préserver les revenus publicitaires, fortement touchés par ces logiciels de blocage de publicité.

Face à la menace que représentent les bloqueurs de publicités pour leurs revenus, les médias ont décidé d'agir. Dernier en date : Yahoo!. Le groupe teste une fonctionnalité empêchant ses Internautes américains dont le navigateur est équipé d'un bloqueur de publicités d'accéder à leur compte Yahoo Mail,  rapporte le Financial Times dans un article (payant) publié le 20 novembre.

Si un message indique "l'impossibilité d'afficher Yahoo Mail", invitant à "désactiver le bloqueur de publicité pour continuer à utiliser" le service, il n'y a en réalité aucun problème technique, souligne le quotidien britannique. Le groupe américain cherche seulement à s'assurer que les utilisateurs de son service gratuit génèrent bien de la publicité et donc des revenus. Interrogé par le FT, Yahoo n'a pas indiqué s'il souhaitait étendre l'utilisation de son outil à ses autres produits, comme ses magazines en ligne.

     | Lire Yahoo ! lance "Yahoo ! Tech", son premier magazine en ligne en français

Des initiatives similaires ailleurs dans le monde

Le géant de la Silicon Valley n'est pas le premier à procéder de la sorte pour tenter de sauvegarder ses revenus publicitaires. Si certains médias ont choisi de payer pour figurer sur la liste blanche des "adblockers", d'autres ont opté pour une approche plus frontale.

En Allemagne, le groupe Axel Springer (propriétaire de titres de référence comme Bild, Die Welt, et depuis peu de Business Insider) a également appliqué ce blocage en masquant son contenu aux utilisateurs munis d'un "adblocker". Une expérience risquée mais qui a forcé deux tiers des internautes visés à désactiver leurs bloqueurs de publicité. En revanche, très peu ont opté pour un abonnement.

En France, les chaînes privées TF1, M6 et Canal+ ont trouvé plus simple et contournent directement les "adblockers", quand l'accès aux vidéos n'est pas empêché aux utilisateurs - comme c'était le cas avec TF1 pendant la Coupe du monde. Même équipé d'un "adblock", l'internaute est donc obligé de regarder la publicité d'une vidéo. Les solutions technologiques utilisées ont toutefois des failles, relevait fin 2014 le Journal du Net. Certaines empêchent de cliquer sur la publicité (et donc d'accéder aux sites qui vend le produit présenté) ou ne "traquent" pas le nombre d'utilisateurs touchés. D'autres, enfin, ont un coût élevé puisqu'elles prélèvent 30% des revenus ainsi générés.


Exemple de bannière alternative en cas de bloqueur de publicité. Crédits : b-website.

Tous les sites n'ont néanmoins pas la possibilité de développer de telles solutions et certains passent par des techniques plus "artisanales", comme remplacer les bannières publicitaires bloquées par des messages demandant de façon humoristique (ou non) de désactiver les "adblockers". Des plug-in du genre ont même été développés pour la plateforme WordPress.

22 milliards de dollars de pertes de revenus en 2015 pour les sites web

Près de 200 millions d'internautes étaient équipés d'un logiciel de blocage des publicités en août, d'après une étude réalisée par l'éditeur de logiciels américain Adobe et la société irlandaise PageFair, spécialisée dans la récupération des revenus perdus. Les deux entreprises estimaient la perte de revenus publicitaires en 2015 à 21,8 milliards de dollars en 2015 (dont 10,7 milliards de dollars pour les seuls États-Unis). En 2016, le montant global devrait presque doubler selon leurs projections pour atteindre 41 milliards de dollars.

"Alors que le blocage des publicités s'étend au mobile, il y a une grande menace que le modèle d'activité qui a soutenu internet pendant deux décennies s'écroule", avertissait alors le patron de PageFair, Sean Bleachfield.

Dans une interview accordé début novembre aux Échos, Tim Schumacher, président et co-fondateur d'Adblock Plus, qui se revendique bloqueur de publicités le plus utilisé au monde, expliquait avoir pour but de faire adapter de "bonnes pratiques" - des publicités "comprenant seulement du texte ou bien des images statiques" selon ses propos -, rendant le marché "plus viable" sur le long terme. Il reconnaissait toutefois qu'"à première vue, à court terme, les bloqueurs de publicités détruisent des revenus".

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Commentaires
a écrit le 23/03/2016 à 17:26 :
Je trouve un peu facile de refuser la pub, seul moyen de financement des sites, et en même temps de continuer à les fréquenter, c'est à dire à profiter gratuitement du travail d'autrui. Personne ne vous oblige à utiliser ces sites.

Vous vous faites payer, vous, quand vous travaillez, non ?

Ca vous semble être un droit absolu et évident ?

Alors pourquoi le refusez-vous à d'autres ?

Soyez honnêtes : vous leur refusez de gagner leur vie ? OK, mais alors n'utilisez pas leurs sites !

Personnellement, je n'utilise pas d'adbloker et j'accepte la pub (pas plus pénible qu'en TV, radio ou cinéma, médias qui interrompent ou retardent votre programme pour les diffuser.).

Question d''honnêteté intellectuelle.

Mais l'honnêteté n'est manifestement pas très répandue en ce monde.
a écrit le 26/11/2015 à 10:33 :
En réponse à iCitoyen, il suffit sur la tribune, comme je le fait d'utiliser adblock Plus et de bloquer les éléments que vous ne désirez plus voir, plus de pop-up ni en haut ni en bas, plus la longue liste des pubs sur la colonnes de droite, ni l'immobilier, ni les offres d'emploi Monster, , plus la vidéo inutile en milieu de page, bref je bloc 27 éléments différents et le tour est joué, un site fluide et rapide
Comme il va à leur encontre, je doute que mon commentaire soit publié mais bon, les journalistes sont réputés pour leur "objectivité" et sur un site dit économique, il est de bonnes augures que de se faire des rentrées sur le compte des visiteurs
a écrit le 25/11/2015 à 23:16 :
Moi je rêve d'un monde dans lequel la pub n'existerait quasiment plus. Ou plus sous sa forme actuelle avec sa tendance à manipuler les émotions. Et à dépenser des sommes folles qui se retrouvent in fine dans le prix facturé au client.

On ne consomme plus pour remplir un besoin ou satisfaire une envie, on nous créé des besoins et des envies pour nous faire consommer. Ce qui était il y a 40 ans un délire de hippies devient aujourd'hui un vraie question de civilisation.
a écrit le 25/11/2015 à 23:15 :
Yahoo. Ca existe encore ce truc ?
a écrit le 25/11/2015 à 10:24 :
Et le site de La Tribune en est un bon exemple:
- pages qui se rafraîchissent pendant la lecture ou l'écriture de commentaire pour mettre à jour la pub (alors qu'il existent tous les moyens de ne pas impacter la zone de texte en cours de lecture)
- 15 pub rien qui pour cet article
- une pop-up en bas
- une pop-up au milieu pour recevoir les mail... que l'on les reçoivent ou non
- une vidéo au milieu avec le son actif dès qu'elle est en focus

le tout en chargeant les réseaux sans payer pour le transport!

Et après vous vous étonnez qu'il y ait des ad-block!
Réponse de le 26/11/2015 à 10:33 :
En réponse à iCitoyen, il suffit sur la tribune, comme je le fait d'utiliser adblock Plus et de bloquer les éléments que vous ne désirez plus voir, plus de pop-up ni en haut ni en bas, plus la longue liste des pubs sur la colonnes de droite, ni l'immobilier, ni les offres d'emploi Monster, , plus la vidéo inutile en milieu de page, bref je bloc 27 éléments différents et le tour est joué, un site fluide et rapide
Comme il va à leur encontre, je doute que mon commentaire soit publié mais bon, les journalistes sont réputés pour leur "objectivité" et sur un site dit économique, il est de bonnes augures que de se faire des rentrées sur le compte des visiteurs
a écrit le 25/11/2015 à 9:15 :
C'est un faux problème concernant Yahoo car les utilisateurs peuvent toujours accéder à leur mail via un client de messagerie comme outlook ou thunderbird. Il suffit d'activer l'accès POP dans les options.

Concernant Adblock, le problèmes n'est pas le blocage des publicités mais l’aveuglement des médias à continuer dans un modèle dont les internautes ne veulent plus. In fine, ils s'adapteront ou disparaîtront car l'internaute reste libre de ses visites de sites.

Le mieux reste le modèle ultra low cost du type Whatsapp pour les gros sites fédérateurs. En gros l'internaute paie 1 ou 2€ à l'année pou ne pas subir de publicité et le site se rattrape sur la masse d'internaute. Ce qui ne paient pas auront eux des publicités qui pourront certes être bloquées par les internautes ayant adblock ce qui représente 25%-30% max des internautes. L'autre solution consisterait à fournir un contenu premium accessible uniquement aux abonnés qui bien entendu n'aurait pas de publicité.

Quoi qu'il en soit le modèle à 100% publicitaire a vécu et n'est plus forcément viable aujourd'hui sauf si l'on a du contenu exclusif et recherché. Ce n'est pas le cas de bon nombre de site. Bloquer Adblock n'aura que pour effet de perdre des usagers.
a écrit le 24/11/2015 à 16:07 :
il y a un bon créneau à prendre, faire des sites payants pas chers afin d'avoir que l'information utile, donc accès rapide, efficace, ..
parce quels internautes vont finir par en avoir marre d'être noyés de pub intempestive, de ralentissements inutiles, de perturbations...
belle opportunité que devraient encourager le ministère, en relation avec des opérateurs...mais le pragmatisme et efficacité de l'action, c'est du chinois... on discute..
a écrit le 24/11/2015 à 16:02 :
la logique de ces entreprises de l'internet, c'est de gaver l'internaute de pub.
c'est à dire que là où il fallait quelques dizaines de ko pur avoir un horaire sncf, c'est maintenant des ko voir des Mo pour la même information, la différence étant la pub, les images intempestives, déplacements...
et donc avec moins de rapidité et des investissements importants pour les opérateurs afin d'augmenter la capacité des réseaux sans revenus supplémentaires...d'où des baisses d'investissement, de couverture...
ça s'appelle "la neutralité du net", pas très net tout ça et pourtant c'est ce que défendait fleur pellerin !!! pas étonnant qu'elle soit passé à la culture, la prochaine fois à l'agriculture ?
a écrit le 24/11/2015 à 13:53 :
Aucun site n'est obligé de mettre de la pub c'est un choix qu'ils font comme je fais le choix de ne pas vouloir la subir. Si le modèle économique ne permet pas de vivre sans pub, ils fermeront et d'autre ouvrirons. Ils ont plus besoin de moi que moi d'eux.

Je vivais sans internet et je n'ai aucun doute que je vivrai sans site qui utilisent les 3/4 de mon écran par de la pub.
Il y a des autoroutes à péage et des 4 voies gratuites, j'ai fait mon choix et je ne fais pas queue aux péages
a écrit le 24/11/2015 à 13:37 :
Un gros problème with Yahoo au canada. Rogers l'un des gros fournisseurs Internet et mobile au Canada est lié à Yahoo. Donc bien que je paie un abonnement Internet mensuel à Rogers (42 CAD) pour un accès minimal j'accède à mon courrier électronique via la plateforme www.rogers.yahoo.com comme si j'avais une adresse Yahoo gratuite (d'ailleurs mon adresse qu ne comporte pas Yahoo et pourtant reconnue comme une adresse Yahoo) et doit me farcir les "unes " de Yahoo fortement orientées sur les "people" et les fesses diverses et variées, les unes américaines et les trending dont je n'ai rien à faire, je ne peux désactiver les scores des équipes de football ou de basket américaines (who the F... cares) ou mon horoscope. Si je passe à Yahoo Québec, l'usage du français limite un peu les People et les fesses qui sont en majorité Américaines. Donc contenu canadien ? et bien toutes les pub possibles me tombent dessus, de gauche et de droite et au dessus etc..... Soupir.......
a écrit le 24/11/2015 à 12:59 :
Pour l'instant, je ne suis tombé que sur un site dans ce cas, celui de la chaîne Météo. Réponse : BOYCOTT immédiat, je suis passé sur un autre site !
Quand on aura enfin compris que trop de pub tue la pub et adopté une charte de bonne conduite, on pourra peut-être se passer des adblock !
a écrit le 24/11/2015 à 9:31 :
Il doit y avoir un formidable potentiel client derrière un utilisateur qui met adblock et à qui on met des batons dans les roues pour le contraindre à regarder des pubs...:)
a écrit le 24/11/2015 à 9:29 :
Les sites qui veulent se suicider n'ont qu'a interdire adblock.La publicité intrusive est trop présente.Quand on veut trop pressuriser les gens attention a l'évitement
a écrit le 24/11/2015 à 8:29 :
Belle hypocrisie ces anti-pub!!

Les logiciels anti-pub ne filtrent pas tout, Pour rejoindre la liste blanche d'AdBlock Plus et éviter le blocage de leurs publicités, Google, Microsoft et Amazon ont accepté de payer!!

L'informatique n'ayant aucune limite, sachez qu'il existe des anti anti-adblock pour contrer les sites qui vérifient la présence de scripts anti-pub.
a écrit le 24/11/2015 à 6:35 :
Marissa Mayer a du soucis a se faire... Je ne sais pas si cela ne concerne que moi, mais je détesterais être otage d'une telle décision...
a écrit le 24/11/2015 à 4:58 :
Adblock a bien évidemment un impact sur les revenus Internet, cependant ce n’est pas la seule et unique cause des problèmes de financement des sites Internet.
La publicité sur Internet a été surévaluée pendant des années. Aujourd’hui les différents acteurs commencent à prendre conscience, et le prix d’une publicité a été divisé par 2 ou 3 au cours des dernières années.

Adblock amplifie certes ce mouvement mais il ne faut pas le rendre responsable de tous les maux d’Internet.

Désormais les différents fournisseurs de services/contenus vont avoir plusieurs modèles disponibles :
- Un modèle tout gratuit, base sur la pub telle qu’on le connait aujourd’hui, et où il y aura une contrainte d’audience très élevée. Pour les journaux, le public-rédactionnel sera quasiment obligatoire pour conserver ce modèle
- Un modèle freemium ou une partie du contenu est gratuit, mais certains sont derrière un paywall.
- Un modèle tout payant.
Globalement les fournisseurs qui choisissent un modèle tout gratuit vont devoir chercher à faire de la page-vue a tout va. Sans doute au détriment de la qualité.

Le modèle de développement d’Internet pendant les deux dernières décennies n’est tout simplement plus tenable.

Remercions Adblock pour accélérer le mouvement qui va nous faire tendre vers un Internet plus qualitatif.
a écrit le 23/11/2015 à 23:22 :
Quelle est l'activité principale du téléspectateur lors de la pub... Sur internet, puisque c'est l'annonceur qui gère le temps (pub liée à la consultation d'un site), l'internaute a quand même de la ressource: ouvrir un autre onglet pendant que les 30sec se passent; couper le son; etc... Rester ACTEUR, n'est ce pas ce qu'on nous demande ?
a écrit le 23/11/2015 à 22:10 :
J ai fini par installer sur mon ordinateur un blocage de pub, non pas pour des raisons ideologiques ( la gratuité n est jamais gratuite ) mais en raison du caractère abusif du système. Des publicités violentes, agressives, sont inacceptables. Comme d habitude, les spécialistes sont incapables de comprendre qu il y a des limites à ne pas franchir.
Réponse de le 24/11/2015 à 12:00 :
Même réaction de ma part. Quelques fois on n'arrive même plus à lire la page donc j'ai installé adblock.
Si ma messagerie bloque mon accès je changerai de messagerie
a écrit le 23/11/2015 à 21:29 :
Une publicité non souhaitée est un acte forcé.
Au delà de l'aspect artistique que la publicité peut PARFOIS revêtir, et qui peut s'apprécier pour ceux que cela passionnent, l'acte de contraindre quelqu'un à quelque chose de non désiré est autrement puni par la loi, il est fort dommage que cet aspect soit retenu seulement dans le domaine physique au temps où l'on parle enfin de risques psycho-sociaux....
a écrit le 23/11/2015 à 20:25 :
"la perte de revenus publicitaires en 2015 à 21,8 milliards de dollars en 2015"
Personnellement un site qui m'impose de la pub, je n'y vais pas. Donc ce chiffre est vraiment "gonflé". Pour la télé je zappe systématiquement, on devrais avoir des adblok pour ça!

Par ailleurs, 11 "traqueurs" bloqués pour cette page... Il va falloir tuer cette penser que sur internet on peut espionner tout le monde et que c'est normal...
Réponse de le 23/11/2015 à 21:04 :
Je dirais même mieux: toute pub qui s'impose à moi raye automatiquement toute la marque de ma liste de "fournisseurs" quand il y a une alternative (et quand il n'y en a pas à quoi sert la pub d'ailleurs?). Comme je ne suis pas le seul, les marques prennent-elles en compte cet effet négatif à long terme de l'agression publicitaire sur leurs ventes?
a écrit le 23/11/2015 à 20:11 :
Un panneau expliquant que le site vit de la pub, je ferme la feuille, un bout de pub incorporé à une vidéo, une ou deux minutes à supporter avant de voir la suite, je ferme vite fait. Rien n'est indispensable dans tout ça. On vivait bien avant sans le web, les clients, c'est nous.
Divers journaux n'offrent que des résumés gratuits, on n'accède aux articles qu'abonné, c'est un modèle économique. On ne s'abonne que si ça plait vraiment.
a écrit le 23/11/2015 à 18:29 :
Pour que les psychologues de la pub découvrent qu'il existe un niveau "maxi ras-l'bol", il faudra inventer la greffe de neurones...

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