Mediaset : Bolloré va au bras de fer avec la famille Berlusconi

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Vincent Bolloré, le chef de file de Vivendi, la maison-mère de Canal+.
Vincent Bolloré, le chef de file de Vivendi, la maison-mère de Canal+. (Crédits : reuters.com)
A la tête de Vivendi, le financier breton a grignoté en trois jours 20% du capital de Mediaset, le premier groupe de télévision italien, dont le premier actionnaire est la famille Berlusconi. Ce raid constitue une violente pique, les deux acteurs étant en froid depuis l’échec d’un partenariat industriel.

Non, Vincent Bolloré n'en a pas fini avec Mediaset. Cette semaine, le chef de file de Vivendi, maison-mère de Canal+, a décidé de fondre sur le premier groupe de télévision privé italien, dont l'actionnaire de référence est la famille Berlusconi. Lundi soir, le géant français des médias a affirmé détenir plus de 3% de Mediaset, en annonçant qu'il en grignoterait 20%, « dans un premier temps ». Un objectif qu'il a atteint ce mercredi. Premier actionnaire du groupe avec près de 35% du capital, la famille du « Cavaliere » a levé son bouclier. Le même jour, elle a indiqué avoir racheté des actions pour porter son capital à près de 40% via sa holding Fininvest. Qualifiant ce raid soudain « d'hostile », elle a déposé une plainte contre Vivendi devant la justice italienne pour « manipulation du marché ».

Si ce coup financier interpelle, c'est parce que Mediaset et Vivendi sont en très mauvais termes depuis des mois. Fin juin, le groupe de Vincent Bolloré a fait capoter un « partenariat stratégique » entre les deux groupes, lequel portait sur des prises de participations croisées. Après la signature d'un accord, Vivendi a voulu en revoir les termes, estimant qu'un des business plan de Mediaset - celui de Premium, sa filiale de télévision payante - n'était pas réaliste. De quoi susciter l'ire de l'état-major du groupe italien, qui a engagé une batterie d'actions en justice. Certains pensaient que Vivendi en resterait là et mènerait bataille dans les tribunaux. Raté.

Un moyen de pression

En attendant, en Italie comme en France, les observateurs se demandent bien pourquoi Vincent Bolloré se montre aussi agressif, étant donné qu'il lui sera de toute façon très difficile de prendre le contrôle de cette nouvelle proie. Une première hypothèse, la plus simple, est que Vivendi veuille forcer Mediaset à renégocier ce fameux « partenariat industriel ». L'objectif étant, sur le papier, de créer des synergies entre les deux groupes de médias pour poser les fondations d'un « Netflix d'Europe du Sud ».

La seconde hypothèse est celle défendue par Fininvest à travers sa plainte pour « manipulation de marché ». D'après le groupe italien, Vivendi aurait délibérément boudé l'accord initial avec Mediaset pour faire dégringoler son cours. Et ainsi acheter des titres à bas prix. « La volte-face de cet été a provoqué une perte de valeur de la société en Bourse d'environ 30%, dont Vivendi profite en investissant massivement sur le marché », a fustigé Mediaset dans un communiqué.

La perspective d'une plus-value

Une troisième hypothèse est celle d'une attaque visant à forcer Mediaset à abandonner ses poursuites judiciaires. Analyste chez Mainfirst, Jean-Baptiste Sergeant estime ce scénario crédible :

« Ce raid est un moyen de mettre la pression sur Fininvest et Mediaset pour qu'ils retirent leur plainte. Ils demandent à la fois plus de 2 milliards d'euros de dommages et intérêts, et 50 millions d'euros par jour de retard d'exécution du deal. Or je pense que Vivendi risque gros dans cette histoire, car ils ont quand même signé un contrat en bonne et due forme, qui était tout à fait engageant. On ne peut écarter qu'en agissant ainsi, Vivendi souhaite en réalité mettre la pression sur Mediaset pour trouver une solution à l'amiable, laquelle pourrait conduire, en définitive, à son retrait du capital. »

Quoi qu'il en soit, d'après Jérôme Bodin, analyste chez Natixis, Vivendi pourra toujours, si nécessaire, revendre sa participation à bon prix:

« Si Vivendi ne parvient pas à ses fins stratégiques, le groupe pourrait tout à fait céder ses titres Mediaset. Le cours actuel est particulièrement bas, ce qui devrait assurer une plus-value. On retrouve ici le raisonnement suivi par Vivendi lors de la montée au capital d'Ubisoft basé sur des considérations d'intérêts stratégiques (synergies), mais aussi de liquidité (pouvoir vendre les titres acquis facilement) et de valorisation (point bas). Vivendi dispose ainsi de plusieurs options en fonction de l'évolution de la situation, et avec d'importantes perspectives de création de valeur. »

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Commentaires
a écrit le 16/12/2016 à 11:13 :
A SENSEUR. Il est peine perdue de "conseiller" VERITE, vous perdez votre temps.
Le mieux puisque sa redaction se remarque a des KM, est de sauter cette logorrhee indigeste qui traduit d' elle meme une incontinance verbale.
J'ignore a ce jour s'il existe un traitement ?
a écrit le 15/12/2016 à 21:42 :
Ben Bolloré s'intéresse à des actifs très peu valorisés pour en tirer beaucoup plus à la revente, une mauvaise gestion des dirigeants qui auraient du petit à petit reprendre la main au lieu de se gaver avec les dividendes.
a écrit le 15/12/2016 à 18:57 :
C'est quoi les chaines M6 et TF1 ?
Aah, ce sont des chaines qui enferment les téléspectateurs dans une spirale de lavage de cerveaux pour mieux assimiler la publicité ! Et chacun crie (en direction des publicitaires) "Venez chez moi, on lave plus blanc les cerveaux !".
Je suis heureux de payer une redevance télé pour garder des "chaines publiques" sans pub. Ni discours des animateurs télé orientant l'opinion publique à droite. Toujours plus à droite !
a écrit le 15/12/2016 à 11:13 :
QUAND LES LOUP SE BATTENT. SAIS QU IL Y A QUELQUE CHOSE A MANGER C EST LAMENTABLE???
Réponse de le 15/12/2016 à 18:03 :
excusez moi , mais en ecrivant : ...c'est qu'il ..., vous serez mieux compris .
ceci dit , je suis d'accord avec vous .
Réponse de le 15/12/2016 à 19:50 :
"VERITE" toujours le même, on vous reconnaît par votre style, votre orthographe défaillante, malgré une tentative d'en masquer les faiblesses en utilisant les majuscules afin d'éviter les fautes d'accents.
A cela on peut y ajouter un manque de raisonnement avec des idées toutes faites et le besoin de vous exprimer à tout prix même si vous ne comprenez pas le contexte où vous intervenez.
Faites un petit effort, pour justifier vos interventions.
Merci d'avance
a écrit le 15/12/2016 à 10:15 :
Bolloré s'amuse avec vivendi tout comme jean mari messier à une autre époque et on sait ce que cela a donné, le pire étant que contrairement à messier bolloré est un oligarque qui a des billes dans la multinationale et donc il est évident que les autres actionnaires peut clairvoyants et craintifs vont le laisser aller très loin.

Tout comme Trump, Bolloré c'est pas un génie mais son autoritarisme naturel suffit largement à satisfaire les suiveurs que sont les milliardaires et autres multimillionnaires.

Dans ce milieu le caractère autoritaire des uns et des autres, dans certains cas, est pris comme une qualité majeur.

"Celui qui sait commander trouvera toujours ceux qui savent obéir."

Pitoyable oligarchie qui pourtant dirige notre pays.
a écrit le 15/12/2016 à 9:27 :
Vous (lecteurs) en avez pas assez de voir les mêmes noms de partout ?
ça rime à quoi cette bataille au pouvoir à son âge ? TOUJOURS PLUS !!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 15/12/2016 à 9:10 :
Le petit breton qui ne tient pas ses engagements. Rien de bien nouveau. Seulement dans le cas present, il s'attaque a beaucoup plus tordu que lui. Il Cavaliere n'aura pas la berlue lors du proces qui va se tenir, il est assure de perdre. Il pourra tjrs faire des papillottes des 3% qu'il croit detenir.

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