Microsoft voit l'avenir de ses centres de données dans les océans

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Baptisé Natick, le projet a évidemment une portée stratégique pour Microsoft, qui gère déjà plus d'une centaine de centres de données sur la planète.
Baptisé Natick, le projet a évidemment une portée stratégique pour Microsoft, qui gère déjà plus d'une centaine de centres de données sur la planète. (Crédits : DR)
Le groupe informatique américain a testé pendant trois mois un data center sous-marin. Il compte désormais renouveler l'expérience à plus grande échelle.

Se rapprocher des populations connectées et réduire les coûts énergétiques. Tels sont les objectifs poursuivis par Microsoft, qui a révélé le 31 janvier envisager désormais d'installer des centres de données dans l'océan. La puissance informatique et le dégagement de chaleur d'un seul de ces centres correspond en effet généralement à ceux de centaines voire de milliers d'ordinateurs. Or, aller sous l'eau permettrait d'utiliser les vagues ou les marées comme nouvelle source d'énergie, ainsi que la température sous-marine pour un refroidissement automatique et bon marché, explique le groupe informatique américain.

Puisque la moitié de la population mondiale vit à moins de 200 kilomètres d'une côte, une meilleure vitesse de connexion pourrait également être offerte. La firme de Redmond calcule aussi que les temps d'installation d'un nouveau centre sous l'eau pourraient être réduits à 90 jours, contre deux ans aujourd'hui sur terre, en industrialisant le processus.

Des centaines de capteurs

L'idée de départ a émané d'une recherche réalisée en 2014 par un spécialistes des centres de données du groupe, qui avait auparavant travaillé sur des sous-marins pour la marine américaine, rapporte le New York Times. Un premier test réalisé l'an dernier avec l'immersion d'un prototype pendant trois mois dans l'océan Pacifique a donné des résultats meilleurs que prévus.

Microsoft a notamment immergé à une dizaine de mètres de profondeur et à environ un kilomètre au large de la côte californienne, une capsule en acier large d'environ 2,5 mètres de diamètre contenant un mini-centre de données. Le container était équipé d'une centaine de capteurs mesurant la pression, l'humidité, le mouvement etc., afin de déterminer précisément ce qui aurait pu compromettre le fonctionnement du système, et était surveillé à distance depuis le siège du groupe à Redmond. L'ensemble a tenu, ce qui a poussé Microsoft à élargir l'expérience.

Des capsules posées au sol ou suspendues dans l'eau

Aujourd'hui, le groupe dirigé par Satya Nadella travaille sur un système sous-marin trois fois plus grand, qu'il compte construire en partenariat avec un spécialiste des énergies renouvelables sous-marines encore à choisir, ajoute le NYT. Un nouveau test devrait être réalisé l'année prochaine, probablement en Floride ou en Europe du Nord.

Les containers, reliés à la terre par des câbles optiques, pourraient être posés sur le sol marin, mais aussi suspendus en dessous de la surface afin de mieux capturer les courants. Leur contenu devrait être remplacé tous les cinq ans, alors que les capsules elles-mêmes auraient une durée de vie d'au moins 20 ans.

L'environnement sous-marin impacté?

Baptisé Natick, le projet a évidemment une portée stratégique pour Microsoft, qui gère déjà plus d'une centaine de centres de données sur la planète. Le groupe espère aussi qu'il inspirera des améliorations radicales dans la conception et la gestion des centres de données déjà existants.

Quant à l'éventuel impact sur l'environnement sous-marin, le groupe anticipe déjà les critiques, en insistant notamment sur les bénéfices apportés par l'utilisation d'une énergie à 100% renouvelable. Microsoft promet par ailleurs que les centres de données seront construits à partir de matériaux recyclés et seront recyclés à leur tour à la fin de leur vie. L'entreprise américaine assure même avoir mesuré l'impact de ses containers sur la chaleur comme sur le bruit.

"Nous n'avons pas relevé de réchauffement de l'environnement marin au-delà de quelques centimètres de distance de la capsule", a assuré au NYT un responsable du groupe, Peter Lee.

Puisque le centre de donnée serait actionné par les courants, il n'y aurait en effet pas d'énergie "ajoutée" dans la mer. Et lors du test, le bruit produit par les crevettes nageant autour de la capsule aurait couvert celui produit par le centre de données. Enfin, selon Microsoft...

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