Modération : Bruxelles menace encore les réseaux sociaux

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Parmi les discours haineux les plus fréquemment diffusés sur les réseaux sociaux, l'antisémitisme (17,8%) et les propos anti-musulmans (17,7%) sont en tête, selon un bilan publié en juin par la Commission européenne.
Parmi les discours haineux les plus fréquemment diffusés sur les réseaux sociaux, l'antisémitisme (17,8%) et les propos anti-musulmans (17,7%) sont en tête, selon un bilan publié en juin par la Commission européenne. (Crédits : Dado Ruvic)
Pour lutter contre la haine sur Internet, Bruxelles a publié samedi de nouvelles recommandations à l'attention des réseaux sociaux - sous peine de légiférer. Objectif : détecter plus efficacement les contenus illicites pour les supprimer plus rapidement.

L'ombre d'une législation pèse de nouveau sur les géants du web. La Commission européenne a présenté samedi de nouvelles lignes directrices pour "augmenter la prévention, la détection et l'élimination proactive des contenus illégaux incitant à la haine, à la violence et au terrorisme en ligne". Bruxelles veut inciter les plateformes à "intensifier leur responsabilité sociale" face à la prolifération de contenus violents et terroristes sur Internet. La Commission espère obtenir des résultats concrets "dans les mois à venir" - avant de légiférer si besoin, a-t-elle menacé dans son communiqué publié samedi.

Dans un premier temps, les réseaux sociaux vont donc devoir améliorer leur détection de contenus illégaux. Bruxelles recommande de créer des "points de contacts" pour être plus facilement joignables par les autorités nationales afin de recueillir les signalements de publications litigieuses. Un dispositif semblable existe déjà en France, souligne Le Monde. Au-delà des autorités, les plateformes devraient collaborer davantage avec des "entités spécialisées", comme les associations. Les réseaux sociaux sont également incités à "investir dans des technologies de détection automatique". Certains d'entres eux, comme Facebook, le font déjà. Dans une longue lettre publiée mi-février, son PDG Mark Zuckerberg annonçait que l'intelligence artificielle était vouée à jouer un rôle plus important dans la modération du réseau. "Elle génère déjà environ un tiers de tous les rapports envoyés" aux modérateurs, précisait alors le fondateur de Facebook.

La Commission veut ensuite que les contenus illégaux soient "retirés aussi vite que possible", sans donner davantage de précision. Enfin, Bruxelles souhaite instaurer un volet de prévention pour "dissuader les utilisateurs de publier à répétition" des contenus litigieux.

Un "code de bonne conduite" déjà signé en 2016

Il y a un peu plus d'an an, plusieurs plateformes - dont Facebook et Twitter - avaient signé un "code de bonne conduite" avec la Commission européenne. Ces plateformes s'engageaient alors à "examiner en moins de 24 heures la plupart des signalements valables de discours haineux illégaux et à supprimer ce type de contenu ou à en bloquer l'accès, si nécessaire".

"Le code de conduite que j'ai passé avec Facebook, Twitter, Google et Microsoft montre qu'une auto-régulation peut servir de bon exemple et conduire à des résultats, se félicite Vĕra Jourová, commissaire européenne chargée de la justice, des consommateurs et de l'égalité des genres. Cependant, si les entreprises de technologie ne tiennent pas leurs promesses, nous le ferons."

Parmi les discours haineux les plus fréquemment diffusés sur ces réseaux sociaux, l'antisémitisme (17,8%) et les propos anti-musulmans (17,7%) sont en tête, selon un bilan publié en juin par la Commission.

| Lire aussi : Haine sur Internet : Facebook, le bon élève de la Commission européenne

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Commentaires
a écrit le 04/10/2017 à 10:10 :
et les propos anti-occident, anti-païen ou pro-intégrisme musulman, il n'y en a pas par hasard ?
2 poids 2 mesures... avec l'appropriation laïque de la culpabilité judéo-chrétienne... Ne vous défendez pas les amis ! Tendez la joue gauche quand on vous frappe la droite !
a écrit le 03/10/2017 à 7:56 :
Ils feraient mieux de condamner le gouvernement Rajoy pour ses exactions mais ça c'est une autre histoire !
a écrit le 02/10/2017 à 16:44 :
Aucune censure , liberté d'expression . On a déjà la pensée unique, c'est suffisant.
a écrit le 02/10/2017 à 16:13 :
Pour lutter contre "la haine" sur Internet, vis a vis de Bruxelles et de cette administration extra territoriale qu'est l'UE semble plus sérieux! Disons faciliter la censure!
a écrit le 02/10/2017 à 15:23 :
Oui mais il y a quand même des intentions différentes entre Twitter, sur lequel des commentaires d'extrêmes racistes et antisémites signalés des centaines de fois sont toujours diffusés et FB qui a deux milliards de comptes à gérer et qui investi plus sur l'humain que twitter qui laisse gérer pitoyablement ses logiciels, c'est facile.

Twitter générateur de racisme d'extrême droite est soutenu par les investisseurs puisque ayant au moins une dette de 10 milliards de dollars (ce serait bien d'avoir le chiffre exacte étant donné que c'est impossible à trouver via son moteur de recherche qui associe twitter à des millions de pages web du coup) qui a toujours perdu de l'argent, en perd toujours et ne sait pas quand il n'en perdra pas.

Les idées néolibérales et fascistes sont trop proches pour ne pas impacter la société civile.
Réponse de le 02/10/2017 à 15:39 :
La lutte est très complexe et ardue : il y a aussi des journaux qui ont été rachetés récemment dont les articles qui sont très limites...et apparemment ça dérange personne pire c’est «  soutenu «  par des personnalités connues...
Le mal est plus profond que les réseaux sociaux

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