Orange et la Grande-Bretagne, c’est fini

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Avec cette cession, Stéphane Richard, le PDG d'Orange, s'assure, selon une source proche du dossier, que c'est l'Autorité de la concurrence française qui examinera le possible deal avec Bouygues Telecom.
Avec cette cession, Stéphane Richard, le PDG d'Orange, s'assure, selon une source proche du dossier, que c'est l'Autorité de la concurrence française qui examinera le possible deal avec Bouygues Telecom. (Crédits : D. Morganti)
L’opérateur britannique BT a bouclé vendredi le rachat du spécialiste du mobile EE auprès d’Orange et Deutsche Telekom. Le géant français des télécoms met donc un point final à ses activités outre-Manche.

Un géant quitte la Grande-Bretagne, et un autre renaît. Dans un communiqué, BT affirme vendredi avoir finalisé le rachat de l'opérateur mobile EE auprès d'Orange et Deutsche Telekom pour 12,5 milliards de livres (environ 16,5 milliards d'euros). Dans cette opération, Orange a récupéré 4,5 milliards d'euros, en plus d'une participation de 4% dans BT. Deutsche Telekom, pour sa part, qui souhaitait être payé essentiellement en actions, en a reçu 12%.

Du côté d'Orange, le bouclage de cette opération constitue aussi une bonne nouvelle concernant un possible mariage avec Bouygues Telecom. Pourquoi ? Parce que la part des revenus de l'opérateur historique en France par rapport à ceux réalisé sur le Vieux Continent dépasse désormais largement la barre des deux tiers. Or ce seuil est déterminant pour savoir qui, de l'autorité de la concurrence française ou européenne, arbitrera un possible mariage avec Bouygues Telecom. « Jusqu'alors, c'était tangent, confirme Vincent Maulay, analyste chez Oddo Securities. Désormais, il sera plus facile à Paris de réclamer la supervision du deal. »

BT se mue en opérateur « convergent »

D'après une source proche du dossier, il ne fait plus de doute que c'est bien Bruno Lasserre, le patron de l'Autorité de la concurrence française, qui étudiera un éventuel mariage. Un point clé, puisque Bruxelles, depuis quelques mois, s'est montré de plus en plus frileux concernant les consolidations nationales dans les télécoms.

En Grande-Bretagne, la finalisation de cette opération permet à BT de se muer en en acteur « convergent », capable de proposer des offres mêlant téléphonie, Internet et télévision. Pour de nombreux analystes, cela devrait permettre à l'opérateur de retrouver le chemin d'une croissance forte. Après avoir mangé son pain noir, BT a désormais, semble-t-il, de solides atouts pour redevenir un cador au niveau européen.

« BT a connu de graves difficultés dans les années 2000, il affichait un endettement très élevé, rappelle Yves Gassot, le patron de l'Idate, un think tank spécialisé dans les télécoms. Il fallait donc l'alléger [en vendant son activité mobile, Ndlr]. A côté des Deutsche Telekom, Orange ou Telecom Italia, beaucoup considéraient que BT était devenu un opérateur secondaire. Depuis, celui-ci s'est recentré sur le marché britannique. Il a subi un effritement de son chiffre d'affaires, certes, mais il a amélioré sa marge. Et depuis quelques années, il est redevenu un acteur dynamique. »

Lire aussi : Royaume-Uni : BT, ou la renaissance d'un géant des télécoms

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Commentaires
a écrit le 01/02/2016 à 15:29 :
il est vrai que bruxelles aurait sans doute refusé la fusion à venir car elle vise à renouer avec nos pratiques d'ologopole privé pour creer de la valeur. Car c'est bien l'objectif du PDG d'orange. Or quand il y a fusion/acquisition la creation de valeur vient de la realisation de synergies pour économiser d'une part et de la reduction de 'intensite competitive d'autre part. Pour parler clair, économiser en supprimant les doublons ( reseau de boutiques, DSI, DRH...) donc suppression de postes et reduction de la competition donc retour aux prix élevés que nous avons si bien connu sur le marché français€ avant l'arrivée du 4e operateur , Free. Pauvre salariés, pauvres clients! Tout ça avec la benediction de l'Etat! Et toujours pas de concurrents étrangers implantés en france, quelle tranquillité! Pourquoi on interdit pas les voitures allemandes et japonaises!
a écrit le 01/02/2016 à 13:29 :
Orange UK acheté 49 milliards d'€ en 2000 et revendu 4.5 milliards en 2015 soit 225000€ de perte pour chacun des ~200000 salariés de France Telecom en 2000 ... Bravo au virtuose de l'Inspection des Finances M. Michel Bon et à son "Mozart de la finance" M Jean Louis Vinciguerra . Anne Lauvergeon avec ses ~5 milliards de perte pour Areva a encore beaucoup de progrès à faire ...
Réponse de le 01/02/2016 à 19:31 :
C'est tout à fait çà .
42 mds€ (pas 49) {dont une partie en cash et l'autre en actions Orange qui étaient prises en compte avec un plancher de 140 € (un an après elles étaient à 17€) } pour acheter une marque (pure UK) qui perdait un milliard de francs par ans , mm pas une techno et mm pas une marque installée en Europe . Qu'à fait l'APE (Agence des participations de l'Etat ) ; rien ; ce fut le plus gros Hold sur l'Etat Français de l'Histoire . Tout le monde a bénit celà sans problème . FT pouvait très bien développer la marque Citron en France et en Europe , sans consommer 42 Mds € . Mais bon certains ont été généreusement récompensés d'avoir permis cette opération .........
a écrit le 31/01/2016 à 18:23 :
Vivaction va racheter Orange à ce rythme !?
a écrit le 30/01/2016 à 12:29 :
Orange veut redevenir France télécom ... Un bon vieux opérateur dans un marché en oligopole ! Et surtout racheter ! Quelle belle vision de din future potentielle ... Orange , rappelez moi ...c'est pas Michel Bon qui avait racheter cette boîte à prix d'or pour faire de France télécom un opérateur international ....

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