Pour Vivendi, pas question de se désengager de Telecom Italia

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Vincent Bolloré, le chef de file de Vivendi.
Vincent Bolloré, le chef de file de Vivendi. (Crédits : Reuters)
Pressé par le régulateur de choisir entre Mediaset et Telecom Italia, le groupe français Vivendi a annoncé, vendredi, qu'il restait "engagé pour le long terme" dans l'opérateur historique italien, impliquant que cet actif aurait la priorité s'il était contraint de céder l'un des deux.

La clarification était attendue. Pressé par le régulateur de choisir entre Mediaset et Telecom Italia, le groupe français Vivendi a annoncé vendredi qu'il restait "engagé pour le long terme" dans l'opérateur historique italien, impliquant que cet actif aurait la priorité s'il était contraint de céder l'un des deux. "Vivendi réaffirme sa volonté d'être un actionnaire engagé sur le long terme et créateur de valeur pour Telecom Italia", dont il est le premier actionnaire avec environ 24%, a indiqué dans un communiqué le groupe contrôlé par Vincent Bolloré. L'autorité de tutelle des télécommunications en Italie (Agcom) a ordonné mardi à Vivendi de réduire sa participation dans Telecom Italia ou dans Mediaset, une décision qu'il envisage de contester en justice.

"Sans présumer du succès d'un recours, qui pourrait être suspensif, la priorité est Telecom Italia, c'est un actif stratégique", a indiqué à l'AFP, un interlocuteur de Vivendi sous couvert de l'anonymat. "A l'origine, Vivendi voulait un accord industriel avec Mediaset" pour créer une plateforme de distribution comparée à un Netflix européen. "L'aspect capitalistique était moins important", note-t-il. Vivendi s'implique en revanche de tout son poids dans Telecom Italia. En tant que premier actionnaire de l'opérateur, avec près d'un quart du capital, Vivendi aimerait avoir le contrôle d'une majorité du conseil d'administration et faire élire Arnaud de Puyfontaine à sa présidence au cours de l'assemblée générale de l'opérateur le 4 mai, selon cette source.

Telecom Italia, un actif stratégique

Selon la législation italienne, les entreprises de télécommunications qui détiennent une part de marché supérieure à 40% ne peuvent réaliser un chiffre d'affaire supérieur à 10% du SIC, le "système intégré des communications" (télévision, radio, presse). Or, le géant des médias français détient désormais 28,8% de Mediaset - qui contrôle 13,3% du SIC - et 23,94% de Telecom Italia, qui a une part de marché de près de 56% dans les télécommunications électroniques. Dans le cadre de son modèle basé sur l'intégration des contenus et de leur distribution, "Vivendi considère Telecom Italia comme un actif clé de la distribution, jouant un rôle majeur dans son ambitieux projet de devenir un créateur mondial de contenus premium", écrit-il dans un communiqué.

"Il est également dans l'intérêt de Telecom Italia de disposer d'un actionnaire de long terme", souligne le groupe français. "Vivendi est en mesure de renforcer les positions de Telecom Italia. Il lui permettra de saisir les opportunités qui s'offrent à lui tout en surmontant les défis liés aux importants changements du secteur des télécommunications et l'arrivée prochaine d'un nouvel acteur", ajoute-t-il, en référence à Iliad (maison mère de Free). Vivendi dit également croire "à l'importance d'investir de façon continue dans le développement des réseaux mobiles et fixes haut débit de Telecom Italia, pour répondre à la forte demande de services convergents de haute qualité et d'offres 'multi-play'".

(avec AFP)

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