Publicis : Maurice Lévy concède que sa rémunération peut choquer l'opinion

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Le patron du groupe publicitaire Publicis, Maurice Lévy, a concédé samedi que sa rémunération pouvait choquer l'opinion tout en soulignant qu'elle était le fruit d'un travail accumulé pendant neuf années. Le dirigeant s'est insurgé contre les politiques qui se sont saisis de cette rémunération pour "flatter les bas instincts du populisme".

"C'est vrai que c'est beaucoup d'argent et que cela peut être choquant. Mais c'est de l'argent gagné sur de la réussite, réussite dont je suis extraordinairement fier. Je suis fier pour mon pays, pour mon entreprise pour mes actionnaires", a-t-il déclaré samedi à la radio RTL.
L'annonce, fin mars, du versement de 16 millions d'euros de rémunération différée à M. Lévy, en plus de sa rémunération régulière, a déclenché une polémique en pleine campagne présidentielle. C'est la première fois que Maurice Lévy répondait à ses détracteurs.
"C'est une rémunération différée, c'est à dire qu'elle a été accumulée au fil des années. Ce sont neuf ans qui se sont concrétisés en une seule fois", a-t-il insisté.
Pendant cette période, "il y avait une exigence qui n'était pas de réussir des objectifs internes mais (...) de faire mieux que tous nos concurrents", a renchéri le dirigeant.
Il a cité l'exemple d'un footballeur à succès tel Ronaldo ou Zidane à qui on aurait demandé d'être le meilleur buteur du monde chaque année et qui n'aurait reçu ses primes de matches qu'au bout de neuf ans. "Si j'avais reçu mes primes de matches chaque année, personne n'en aurait parlé", a-t-il ajouté.

Conduite exemplaire

Il a en outre estimé que cette polémique avait pour but "d'abîmer" l'entreprise. "C'est triste de voir qu'on veut abîmer un travail exemplaire, une entreprise formidable et un patron, pardonnez-moi de le dire, qui s'est toujours conduit de manière exemplaire", a-t-il jugé. M. Lévy a rappelé qu'en 1996, Publicis réalisait 560 millions d'euros de chiffre d'affaires et environ 23 millions de bénéfice net. Fin 2011, le chiffre d'affaires a atteint 5,8 milliards d'euros et le bénéfice net 600 millions d'euros.
La rémunération différée "représente un peu moins d'un demi centime par euro gagné", a ajouté M. Lévy.
Dans le même temps, le groupe est passé du 14e au 3e rang mondial des groupes de communication et le nombre d'emplois est passé de 6.000 collaborateurs à 54.000 aujourd'hui.

Pas un centime du contribuable

Publicis, entreprise privée, n'a pas reçu le moindre centime "de quelque contribuable que ce soit", a poursuivi M. Lévy. "Il n'y a jamais eu un ministre qui est allé négocier un contrat en Chine, au Brésil ou ailleurs. C'est une entreprise qui s'est construite uniquement sur le talent", s'est-il encore défendu.
Maurice Lévy s'est enfin insurgé contre les politiques qui se sont saisi de cette rémunération pour polémiquer "parce que soit en panne de programme, en panne de ressort politique, soit tout simplement parce qu'ils avaient envie de flatter les bas instincts du populisme".
"Ce qui devrait être au coeur de la campagne aujourd'hui, c'est la dépense publique, la dette et l'emploi. (...) Ce qui m'épate, de manière négative, c'est de voir que cette campagne passe à côté des vrais sujets", a-t-il dit.
Fin mars, le président Nicolas Sarkozy avait assuré "combattre" les "rémunérations choquantes" et "exorbitantes", "dans la finance ou ailleurs".
Le candidat socialiste François Hollande avait lui dénoncé cette rémunération, y voyant la justification de sa mesure phare visant à taxer à 75% la part des revenus qui dépasse un million d'euros. Maurice Lévy a rétorqué samedi qu'il était favorable à une taxation supplémentaire mais s'est dit "opposé à la confiscation des fruits du travail".

 

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a écrit le 28/07/2012 à 17:20 :
Est il le créateur de l'emblême 'pôle emploi' pour 2 600 000 euros ? Avec des idées comme celle là, sa rétro commission est justifiée.
a écrit le 15/04/2012 à 11:34 :
On ne peut qu'en être étonné. Elle est pourtant si justifiée...
a écrit le 15/04/2012 à 11:19 :
y a-t-il un gène de la cupidité?
a écrit le 15/04/2012 à 10:48 :
""C'est vrai que c'est beaucoup d'argent et que cela peut être choquant. Mais c'est de l'argent gagné sur de la réussite, réussite dont je suis extraordinairement fier. Je suis fier pour mon pays, pour mon entreprise pour mes actionnaires", a-t-il déclaré samedi à la radio RTL."
Et c'était quoi le fond sonore de sa déclaration? Le Magnificat de Bach ou l'Halleluia du Messie de Haendel?
a écrit le 15/04/2012 à 9:57 :
Difficile de justifier l'injustifiable
a écrit le 15/04/2012 à 9:50 :
ce qui est assoudissant c'est que personne demande à la famille Badinter ce qu' elle en pense, que font les journalistes? sont ils vraiment independants des politiques
a écrit le 15/04/2012 à 1:28 :
Il a encore été démontré récemment que c'est avec ce genre de salaires que l'on a mis l'économie mondiale à plat. Il faut stopper ces dérives mégalomaniaques injustifiées lourdes de conséquences.
a écrit le 14/04/2012 à 19:45 :
autant j'ai une admiration profonde pour ces chercheurs qui se creusent la tete et font travailler leurs neurones pour trouver les molécules pour soulager la maladie et les souffrances humaines ...autant la pub..c'est à dire les marchands de balivernes me laissent indifférent..ils se font du fric,tant mieux pour eux et grand bien leur fasse..mais moi,ça me fait pas rever..chacun son feeling!!!!!!!
Réponse de le 14/04/2012 à 20:11 :
Avis respectable. Ceci dit j'ai une amie qui après avoir fait des études ad hoc est rentré dans le monde de la pub justement et s'est trouvée pendant un an et demi en "stage" non-rémunéré. ça laisse fatalement de la marge pour ce faire du gras en haut tous ces pti-jeunes-ki-n'en-veulent et qu'on exploite. Faudrait peut-être pas l'oublier m'sieur Lévy lors de vos justifications !!
Réponse de le 14/04/2012 à 20:18 :
Regardez les marges operationnelles de la pharma et vous verrez que vos chercheurs en blouse blanche ne sont pas moins avides!
Réponse de le 15/06/2012 à 10:58 :
Bonjour, il y a erreur, je crois que Cathare31 mettant en avant ''l'utilité'' du métier et non pas les gains en eux même...
a écrit le 14/04/2012 à 18:26 :
Il a raison, patron de 54 000 employés tout le mérite lui revient. Tout seul il abat le boulot de tous ses valets qui ne font que de la figuration.
Il es normal normal que leurs salaires augmentent peu. Le grand leader dirigeant doit capter tout le pognon, parce qu'il le vaut bien.
Réponse de le 13/06/2012 à 14:25 :
En fait il y a 30% de stagiaires et ils sont très peu payés, des salariés dont la plupart voit leur salaire bloqué pour au moins 5 ans, des heures sups obligatoires non payés (au mieux récupérables) voilà de quoi faire un joli pactole.
a écrit le 14/04/2012 à 16:49 :
Ouais ! De toute façon que l'on soit ouvrier ou patron on ne peut pas travailler plus de 24H00 par Jour et à nombres d'heures travaillées égales les différences de salaires sont monstrueuses et c'est ce qui est choquant. Certains nous expliqueront le concept de proximité par rapport au centre de profit; en général ce sont ceux qui sont du bon coté. Comme disait Djamel D " Mon père a travailler dur pour être pauvre". Qu'on arrête de ce moquer de nous ! La vrai question est de savoir si monsieur Lévy est une vraie valeur ajoutée (en gros fait-il bcp mieux que n'importe quel lambda à sa place). Et le vrai problème c'est de le mesurer. Lui fait peut-être mieux, beaucoup d'autres aux mêmes postes non et c'est donc bien la critique d'un système!
Réponse de le 15/04/2012 à 10:54 :
Rectification: grâce à son jet privé et au décalage horaire, un super-patron peut le faire! Bon d'accord, sur une journée seulement, mais c'est l'intention qui compte; et M. Lévy est sûrement imbibé de bonnes intentions...
a écrit le 14/04/2012 à 16:48 :
De l'argent bien mérité. Malheureusement, les horribles socialistes voudront lui en prendre une partie, car ils veulent la mort des honnêtes entrepreneurs et du petit commerce. On ne peut plus gagner seize millions en un an de travail sans être racketté c'est scandaleux ! Quant à ses employés, ils n'y sont pour rien si Publicis fait autant de blé : d'ailleurs, M. Lévy n'a pas besoin d'eux du tout ! Il les a embauchés pour être sympa, mais dans les faits, ils ne foutent rien. Il fait tout tout seul. Donc, il les a bien mérités, et que le fruit de SON travail à lui rien qu'à lui soit mieux partagé avec ses employés fictifs, ce serait extravagant. Espérons que Nicolas repasse dans trois semaines, pour qu'il puisse défendre ces hommes qui font l'honneur du pays (je parle de M. Lévy, pas de ses employés bons à rien qui n'ont pas contribué aux résultats de Publicis).
Réponse de le 15/04/2012 à 5:37 :
Merci pour ce commentaire sympa et qui m'a bien fait rire sur un sujet qui me ferait plutot vomir...
Réponse de le 15/04/2012 à 10:58 :
Ce commentaire ironique reflète bien la jalousie d'un grincheux incapable de travailler 12 000 heures par jour. Déplorable, et inquiétant pour l'avenir de la France qui ne respecte même plus ses vertueuses élites.

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