Qwant lève des fonds et poursuit son rêve de faire la peau à Google

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Qwant rappelle que contrairement à Google, son moteur « n’installe aucun ‘cookie’ (1) sur le navigateur de l’internaute, ne cherche pas à savoir qui il est ni ce qu’il fait, et ne conserve pas d’historique des requêtes effectuées ».
Qwant rappelle que contrairement à Google, son moteur « n’installe aucun ‘cookie’ (1) sur le navigateur de l’internaute, ne cherche pas à savoir qui il est ni ce qu’il fait, et ne conserve pas d’historique des requêtes effectuées ». (Crédits : DR)
Spécialisée dans la recherche sur Internet, la startup française vient de lever 18,5 millions d’euros. Avec ces fonds, la société, qui mise tout sur la protection de la vie privée, espère se développer rapidement et titiller à terme son rival Google.

Pour Eric Léandri, fondateur et PDG de Qwant, les étoiles sont alignées. À l'en croire, il y a plus que jamais une opportunité pour Qwant, son moteur de recherche, d'aller titiller Google sur le Vieux Continent. D'une part, son bébé, qui mise tout sur le respect de la vie privée, vient de renflouer ses caisses pour se développer. Ce jeudi, Eric Léandri a officialisé une levée de fonds de 18,5 millions d'euros auprès de la Caisse des Dépôts et d'Axel Springer. Une manne qui s'ajoute aux 25 millions d'euros déjà décrochés sous forme de prêt auprès de la Banque européenne d'investissement (BEI). D'autre part, il constate que la protection de la vie privée sur La Toile fait de plus en plus débat. Ce qui lui offre un boulevard pour promouvoir son moteur de recherche. Alors qu'en face, Google est de plus en plus critiqué pour siphonner et monnayer les données personnelles des utilisateurs.

D'après Eric Léandri, Donald Trump constitue ainsi une merveille d'épouvantail pour convertir les internautes à son moteur de recherche. Ironiquement, il a appelé ce jeudi à laisser le nouveau locataire de la Maison-Blanche dérouler son programme comme il l'entendait. « Laissez-le faire ! », a rigolé le PDG de Qwant. Avant d'évoquer l'adoption récente d'un décret par le successeur de Barack Obama - lequel pourrait possiblement menacer le Privacy Shield, cet accord censé protéger les données des citoyens européens aspirées par les géants américains du Web. Concrètement, certains craignent que le gouvernement du pays de l'Oncle Sam puisse accéder à toutes les informations collectées par Facebook, Apple, Amazon, et bien sûr Google.

Zéro « cookie »

Dans ce contexte, Qwant rappelle que contrairement à son rival américain, son moteur « n'installe aucun 'cookie' (1) sur le navigateur de l'internaute, ne cherche pas à savoir qui il est ni ce qu'il fait, et ne conserve pas d'historique des requêtes effectuées ». Surtout, la startup voit dans le climat actuel l'opportunité de changer de dimension sur le marché européen, ultra-dominé par l'ogre de Mountain View. Aux yeux de la direction, trois pays sont prioritaires : la France, l'Allemagne et l'Italie. « À eux seuls, ces trois marchés représentent environ 200 millions de personnes », constate Eric Léandri.

Pour se muer en un challenger plus puissant, Qwant rêve de quitter le monde des startups pour devenir un cador du Net. D'où l'avalanche de chiffres mirifiques transmis ce jeudi à la presse : sans lever le voile sur son chiffre d'affaires actuel (de l'ordre « de plusieurs millions d'euros », dit vaguement Eric Léandri), Qwant vise les 500 millions d'euros d'ici à 2021. Dans le même temps, la startup compte dépenser entre 100 et 150 millions d'euros en recherche-développement, 300 millions d'euros en marketing, et embaucher pas moins de 1.000 collaborateurs.

21 millions de visiteurs

Pour assoir son sérieux et sa crédibilité, Qwant se félicite de figurer sur la liste des moteurs de recherche utilisables dans les ministères et les administrations françaises. Il y a peu, Qwant a également été choisi par le ministère de l'Éducation nationale pour développer une version pour les enfants. Baptisé Qwant Junior, cet outil bannit les sites ou images pornographiques et violentes. Lancé en 2013, Qwant revendiquait 21 millions de visiteurs en mai dernier, contre 8 millions six mois plus tôt.

1. Un cookie est un fichier qui permet de récupérer les données d'un utilisateur, comme « les préférences d'un site ou le contenu d'un panier d'achats électroniques », illustre Wikipédia.

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Commentaires
a écrit le 06/03/2017 à 17:19 :
Qwant a réalisé 100 000 euros de CA en 2015 et une perte de 4 millions d'euros... Il suffit d'aller sur Infogreffe pour trouver l'info...

Patty94
Journaliste spécialisée numérique, IT, innovation
a écrit le 04/02/2017 à 10:28 :
Et donc, il ne stocke pas les adresses IP..?? C'est sûr, ça..?? Parce qu'autrement, il existe Ixquick (manque de chance : vient d'être racheté par gogole. Comme tout ce qui marche.)
a écrit le 03/02/2017 à 13:21 :
Qwant est le moteur de recherche que j'utilise au quotidien. Je suis satisfait de constater que cette entreprise prend son envol dans le domaine stratégique de la recherche, l'organisation et la présentation des informations et des données de l'internet ; marché actuellement largement dominé par les groupes étasuniens.
a écrit le 03/02/2017 à 13:00 :
Problème de Qwant : on ne peut pas l'avoir comme moteur de recherche par défaut sur Opera...
Espérons que ça va venir pour que je puisse passer à ce moteur.
Réponse de le 03/02/2017 à 17:13 :
Voir ici :
https://blog.qwant.com/ajouter-qwant-comme-moteur-de-recherche-par-defaut-fr/
a écrit le 03/02/2017 à 11:58 :
@rainbow : visiblement vous défendez bec et ongles le modele Qwant (peut etre vous y participez?) en tout cas je constate que sur le plan de la communication et du relationnel, l'équipe de Qwant est au top (surtout pour lever de l'argent public). Axel Springer a dépensé au total autour de 10 millions d'euros et non "+ de 20" comme vous dites car en 2014 le groupe média allemand annonçait "moins de 10 millions d'euros" et là 3,5 millions donc on reste autour de 10 millions ... Le reste c'est de l'argent public capté de façon habile avec des belles promesses de patriotisme internet, d'emplois, de respect de la vie privée bref autant de "mot clefs" qui font débloquer les financement publics. Ensuite OUI Qwant n'est pas un vrai moteur de recherche mais plutot un agrégateur là dessus le commentaire de Fleckrei est très pertinent.
a écrit le 03/02/2017 à 10:02 :
Qwant est le moteur de recherche que j'utilise au quotidien. Je suis satisfait de constater que cette entreprise prend son envol sur le marché stratégique de la recherche d'informations et de données sur internet ; marché encore largement dominé par les géants de l'internet étasuniens.
a écrit le 03/02/2017 à 9:48 :
Avant de devenir un moteur par défaut, beaucoup de choses a améliorer : Erreur d orthographe dans le texte de recherche donne "aucun résultat", La recherche d un produit en mode "Shopping" a un bug, on ne peut afficher qu une seule page de résultat.

Il y a encore du travail mais pourquoi pas :)
a écrit le 03/02/2017 à 8:36 :
Qwant n'est pas un concurrent de Google. Ce n'est même pas un vrai moteur de recherche. Il utilise justement des moteurs comme Google pour faire les recherches. Ce n'est qu'un intermédiaire. En aucun cas il ne pourra faire la peau à Google...
a écrit le 03/02/2017 à 8:34 :
Oui oui, avec un beau profil bien né, un peu de capacité à convaincre les VCs, du marketing, un peu de tech, on peut faire vivre une boite sans business-model à coup de levées successives et d'abondements BPI. Ça peut même durer plusieurs années !
a écrit le 03/02/2017 à 8:08 :
Pour moi il manque 2 choses : un outil maps comme google maps et une amélioration de l'algo : certains résultats de recherche sont délirants !
a écrit le 02/02/2017 à 21:37 :
Il le génère comment son CA, Qwant ?
a écrit le 02/02/2017 à 20:59 :
Le rêve de cette entreprise n'est pas de "faire la peau" au leader incontesté, ...
Tout au plus, proposer une alternative, avec une réelle ajoutée pour certains utilisateurs, en surfant sur la permanente comparaison avec le leader ..., pour ce faire connaitre.

Ce type d'initiatives et d'entreprises doit être encouragé par tous les moyens. Il reste qu'un gap irrattrapable a été atteint entre le leader et le reste du monde ..., en termes scientifique, technologique et commercial.

La situation n'est pas désespéré pour autant !
La clé pourrait, peut-être, venir de ce qui sera rendu possible avec les ordinateurs quantiques ´spécialisés´. Mais, là encore, le leader semble investir plus que les autres et il ne serait pas si étonnant que les progrès suivent malgré la ´quasi-absence´ de publications sur le sujet !

Rendez-vous dans quelques mois pour voir !
a écrit le 02/02/2017 à 20:57 :
lol. encore un boite qui vit sur des fonds publics sans business model sérieux.
Réponse de le 03/02/2017 à 0:18 :
C'est quoi exactement un business model sérieux ? Qwant à exactement le même business model que Google en 2009 quand la société valait 100 milliards.
a écrit le 02/02/2017 à 20:32 :
Qwant. ... mon moteur de recherche. ... vraiment bien .... manque la map et un peu de profondeur sur la recherche et ça sera parfait.... a suivre.
a écrit le 02/02/2017 à 20:31 :
Qwant. ... mon moteur de recherche. ... vraiment bien .... manque la map et un peu de profondeur sur la recherche et ça sera parfait.... a suivre.
a écrit le 02/02/2017 à 19:58 :
"faire la peau à Google" me semble pour le moins abusif ! Petit concurrent pour l'instant !
a écrit le 02/02/2017 à 19:53 :
Pas que des acteurs publiques, non. Leurs actionnaire historique c'est le premier groupe de presse allemand !
Toutes les puissances numériques ont leurs moteur de recherche nationaux (Russie, Chine, Corée du sud...), l'Europe et ses consommateurs doivent soutenir Qwant, qui a d'ailleurs une légitimité auprès des utilisateurs (de plus en plus nombreux).
a écrit le 02/02/2017 à 19:41 :
Encore une pompe a fric des contribuables, rien de sérieux à part ce partager 40 millions entre les administrateurs! du flan tous cela, facile à esbroufer les fonctionnaires de l'europe
Réponse de le 03/02/2017 à 0:11 :
Mince, un compétiteur à une société américaine connue pour siphonner les données de ses utilisateurs, vite, on dénonce une arnaque sans même savoir ce que sait, depuis quand ça existe, ou (vulgarité même) l'essayer.
C'est français et ça marche, coulez le !!
a écrit le 02/02/2017 à 19:29 :
"qui mise tout sur la protection de la vie privée, espère se développer rapidement et titiller à terme son rival Gogole." Clair que Gogole est le premier à protéger la vie privée... Ca vous gène pas d'écrire de pareilles énormités. SI cette société veut piquer des parts de marché à gogole, qu'elle commence par VRAIMENT protéger la vie privée.
Réponse de le 03/02/2017 à 0:06 :
Je comprends pas votre commentaire. Vous doutez du fait que Google collecte vos données? Vous n'avez donc jamais reçu de publicité ciblée ?
La publicité n'est même pas le problème principal. C'est surtout le fait que les résultats des recherches varient en fonction de ce que Google sait de vous. Si quelqu'un reniant le changement climatique fait une recherche sur Google, il n'obtiendra que des résultats climato-sceptiques.
Qwant protège la vie privée, oui et je ne vois pas vraiment comment vous pouvez en doutez.
Tout le monde obtient les même résultats pour une recherche donnée, les publicités ne change pas en fonction de la dernière recherche que vous faite.
Qwant à de plus donné son code à la CNIL pour que vérifie que Qwant font ce qu'ils annoncent.
Je vois pas ce qu'il vous faut de plus...
Réponse de le 03/02/2017 à 12:28 :
Je comprends que vous ne compreniez pas. Notez juste que je SAIS que gogole passe son temps à nous pister. Et que je ne l'utilise pas. Quand à qwant, je l'utiliserai lorsque l'on écrira sur son site qu'il ne STOCKE PAS les adresses IP. Un conseil : utilisez adblock plus. Quelle tranquillité, l'absence de pubs.
a écrit le 02/02/2017 à 19:11 :
Depuis mon inscription à Qwant c'est le bonheur par rapport à Google car plus aucune fenêtre pop up intempestive , plus de bandeaux de pubs pour compagnies aériennes après que j'ai cherché un vol , bref c'est le jour et la nuit pour moi en terme de surf sur la toile.
a écrit le 02/02/2017 à 18:37 :
Tant qu'il reste indépendant et se focalise sur le respect de la vie privée de ses clients il a ses chances mais normalement une multinationale va le racheter, qu'il le veuille ou non, et tout casser en quelques années.

C'est ça le capitalisme néolibérale, la médiocratie générale.
Réponse de le 02/02/2017 à 19:15 :
@alex74100, il ya quelques bandeaux de pubs en haut mais très peu invasifs et lorsqu'on fait une recherche ,on n'a pas l'impression comme avec les autres moteurs de recherche que les entreprises qui paient sont celles qui sont référencées...
Réponse de le 03/02/2017 à 12:10 :
@plume : Quelle plaisanterie cette histoire de "pas de cookies" ... il suffit de vider ses cookies et d'aller sur Qwant, le premier cookie est celui de scorecardresearch (un outil pro justement utilisé par les webmarchands et les portails) et quelques secondes après on voit passer les cookies habituels de "data" comme ceux de critéo ou de estats et les celebres adnxs ou doubleclick ... donc en fait Qwant ne depose pas de cookie "Qwant" mais ouvre la porte à tous ceux qui en déposent on joue donc sur les mots que c'est drole ! Chacun peut faire ce petit test amusant.
a écrit le 02/02/2017 à 18:27 :
Promesses sur l'emploi, promesses sur l'investissement, promesses sur le "respect de la vie privée" (en pleine application de la "loi sur les cookies" de l'UE) voici donc un discours bien rôdé surtoût pour "aspirer" de l'argent public (on en est a 40 millions les contribuables apprécieront). Parce que visiblement les investisseurs privés sont peu à croire au modèle. Mais alors si on ne dépose pas de cookie, comment va-t-on faire pour monétiser le site? Avec de la plub affichée au hasard peut-être comme dans les débuts de l'internet en 1994 : un peu fumeux tout ça !
Réponse de le 02/02/2017 à 23:58 :
Comme le faisais tous les moteurs de recherche à une époque pas si lointaine, en touchant une commission sur les redirections de la page shopping.
Google ne collectait pas les données privées de ses utilisateurs avant 2009 et la société valait 100 milliards.
L'Europe est le seul continent à ne pas avoir d'alternative à Google. C'est d'ailleurs pour cette raison que le groupe PRIVÉ Axel Springer à investi plus de 20 millions, que la BEI à prêter 25 millions et que la caisse des dépôts investie 15 millions aujourd'hui. Pour casser le monopole de Google en Europe.

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