Si Fillon parvient à l’Elysée, privatisera-t-il Orange ?

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François Fillon voit dans des privatisations l'opportunité de mener une politique d'investissements ciblés.
François Fillon voit dans des privatisations l'opportunité de mener une politique d'investissements ciblés. (Crédits : GONZALO FUENTES)
Le candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle s’est dit favorable à des privatisations pour relancer l’investissement dans les infrastructures, et notamment dans le très haut débit. De quoi relancer le débat sur le maintien de l’Etat au capital de l’opérateur historique, dont il contrôle 23%.

Si François Fillon devait remporter la présidentielle, l'Etat restera-t-il au capital d'Orange ? Pas si sûr, au regard de la dernière sortie du candidat de la droite et du centre. Ce jeudi, lors d'une rencontre avec des élus dans la Sarthe, François Fillon, en bon libéral, a indiqué vouloir "reprendre les privatisations" dans les entreprises "où la participation de l'Etat ne sert à rien". Il juge que cet argent pourrait être réinjecté sous forme d'investissements dans les infrastructures.

Parmi elles, il a cité les télécommunications, où les opérateurs et l'État dépensent aujourd'hui des milliards d'euros pour couvrir le territoire en fibre optique et apporter un Internet ultra-rapide aux Français. François Fillon, qui a piloté, comme ministre, le processus de libéralisation du secteur il y a 20 ans, a d'ailleurs rappelé, à sa façon, son expertise en la matière : "Le très haut débit, ce n'est pas uniquement pour que tout le monde puisse jouer à Warcraft", a-t-il ironisé, d'après l'AFP.

François Fillon ne s'est pas épanché sur les groupes qui pourraient être privatisés partiellement, voire totalement. Mais difficile de ne pas songer à Orange, dont l'État contrôle encore 23% du capital. Juste après sa victoire à la primaire de la droite et du centre, un de ses proches conseillers lorsqu'il était ministre des Télécoms affirmait à La Tribune que s'il parvenait à l'Elysée, "un sujet pourrait être la poursuite du désengagement de l'État dans France Télécom [Orange aujourd'hui, Ndlr]".

Un dossier épineux

Reste que le dossier demeure épineux. Les tribulations d'Emmanuel Macron à ce sujet lorsqu'il était ministre de l'Économie le montrent. D'un côté, tout gouvernement voit forcément dans une privatisation un joli pactole en ces temps de disette budgétaire. Mais le fait d'être le premier actionnaire d'Orange permet à l'exécutif d'avoir son mot à dire quant à la stratégie de cette locomotive des télécoms françaises. Et notamment concernant la politique d'investissements dans les réseaux Internet à très haut débit fixe et mobile. Or ces sujets, comme en témoignent les attentes fortes liées à la couverture des zones blanches, sont aujourd'hui éminemment politiques.

Sous François Hollande, le gouvernement a jusqu'à présent refusé de couper le cordon avec l'opérateur historique. Il s'est contenté, via BpiFrance, d'en céder près de 4% en deux fois entre 2014 et 2015. Ce qui a permis à la banque publique d'encaisser près de 1,4 milliard d'euros sans que l'État perde pour autant la main. Début juin, François Hollande a déclaré qu'il entendait demeurer "un des principaux actionnaires d'Orange", sans indiquer, toutefois, à quel niveau il souhaitait rester.

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Commentaires
a écrit le 09/12/2016 à 14:59 :
Fillon a raison, Orange fait des bénéfices; donc il faut la brader au privé .
La droite des châteaux veut aussi privatiser la Sécurité sociale ( bénefs pour les copains) ; pourtant est-ce que le petit personnel des châteaux mérite parfois d'être soigné .
a écrit le 09/12/2016 à 14:48 :
Fillon a raison, Orange fait des bénéfices; donc il faut la brader au privé .
a écrit le 05/12/2016 à 16:26 :
Ce Fillon travail pour bollore qui va aide a devenir locataire de l Élysée et en retour il va lui offrir orange sur un plateau
a écrit le 05/12/2016 à 16:25 :
Ce Fillon travail pour bollore qui l aide a devenir locataire de l Élysée et en retour il va lui orange sur un plateau
a écrit le 02/12/2016 à 15:32 :
Le choix est à la fois économique, idéologique et culturel.

Certes on peut encore continuer à s’illusionner et à nier la vérité, malheureusement si on en vient à sacrifier les bijoux de famille, c’est surtout que l’on n’a plus ne le choix ni le temps. Sinon c’est l’ensemble qui risque de s’écrouler.

On peut rêver de pouvoir vendre nos produits à l'export et interdire l’entrée de la concurrence chez nous.
On peut maintenir un millefeuille inefficace et cher et le faire financer par la population, ou par les générations suivantes.
On peut offrir la retraite à 55 ans pour "une élite" et en contre partie faire travailler le reste de la population jusqu'à 67 ans.
On peut exonérer fiscalement quelques autres élites et augmenter la TVA et faire payer les plus pauvres.
On peut privilégier de grands groupes « fleurons symboliques » et laisser dépérir le tissu économique des PME et PMI. Et tant qu’à faire, le submerger de textes, règlements, certifications et autres procédures, souvent aussi instables qu’inutiles. C’est une autre manière de montrer que l’on s’occupe d’eux.

Surtout, on peut prétendre que tout cela est de la faute des "autres" : des étrangers, des réfugiés, du concurrent, du plombier polonais, des sorcières du haut Berry, ou même des martiens, … et décider de vivre en autarcie et en dehors du progrès.
Même si cela illusionne encore quelques rétrogrades, tout les gens censés savent que cela durerait à peine le temps d’une remontée des taux d’intérêt, donc de l’explosion de la dette. In fine on aboutirait à une réorganisation à marche forcée.

Même si l’Etat n’est souvent pas doué pour les réformes, quel que soit le parti ou le régime adopté (il empile au lieu de réorganiser), une réorganisation contrôlée, maintenant un semblant de justice sociale est encore possible, quitte à sacrifier quelques bijoux de famille.
a écrit le 02/12/2016 à 12:12 :
Si telle était sa décision, il ne ferait que reprendre l'avis de Madelin qui considérait que l'état n'avait pas vocation à vendre des téléphones. Formule un peu lapidaire mais qui résume bien l'état d'esprit des libéraux "pur jus". On peut imaginer, sur le même principe, que la Poste, EDF, GDF, SNCF pourraient être également concernés par ce vent de "dénationalisation". Inutile de dire que ces décisions éventuelles rencontreraient une certaine opposition, ne serait-ce déjà que chez les personnels concernés et ça fait du monde.
a écrit le 02/12/2016 à 11:22 :
L'état devrait garder au moins une minorité de blocage dans les secteurs stratégiques : télécom, énergie , infrastructures ( ports , aéroports, autoroutes ) transports .
a écrit le 02/12/2016 à 9:58 :
Le titre de l'article traduit une méconnaissance du sujet.

Orange ex France Télécom à été privatisé il y a plus de 10 ans. En 2004, l'Etat actionnaire est passé sous les 50 pourcents du capital, après des années de cession de participation.

Comment la rédaction de la Tribune à t elle pu oublier les faits. La question est plutôt de savoir si l'Etat va solder sa participation résiduelle car il n'est plus majoritaire depuis bien longtemps.
a écrit le 02/12/2016 à 9:08 :
Privatisons la santé pour les assurrances
Privatisons EDF et les centrales nucléaires
Privatisons Orange (je croyais que c'était déjà le cas ?) et son réseau construit aux frais de nos impots
Privatisons les autoroutes, les routes nationales
Privatisons la justice

Au moyen ce sera clair, les amis des riches vont se goinfrer et nous n'aurons qu'à nous taire.

Quel courage politique quand on a jamais vraiment travailler que de s'approprier et vampiriser ce qui a été construit avec les impôts des français.

Tirons en un max de bénéfice et quand il faudra investir à nouveau nationalisons....

En attendant il y a des choses qui sont stratégiques pour un pays et les réseau télécoms en font parti. Les réseaux télécoms sont une base publique pas forcément rentable par endroit mais nécessaire au développement.
Réponse de le 02/12/2016 à 12:24 :
1er problème : l’Etat n'est pas obligatoirement bon gestionnaire, souvent c'est même le contraire. En tous cas il n'est pas assez réactif et tout le monde sait que l'économie et les technologies évoluent très vite et qu'il faut s'adapter.

2e problème : les lâchetés des politiques, qui n'osent pas faire les reformes structurelles. Et quand ils essayent, voir Juppé en 1995, ils se font éjecter.

3e problème : les réformes des services publics sont quasi impossibles (beaucoup semblent restés attachés aux schémas des 30 glorieuses) et comme le pays ne peut se permettre l'ajout de nouvelles couches, la solution de contournement adoptée est de s'extraire des services non stratégiques. Ce qui revient à les laisser se débrouiller avec leurs clients, alors que sans une gestion appropriée du changement, ça tourne souvent au désastre.

Conclusion : le monde a changé, ça va s’accélérer et on peut s’adapter. Tout comme on peut se dispenser d’une nouvelle guerre ou de gouvernements fascisants.
Il est urgent que l’État se focalise sur le régalien (la police, la Justice et l’Éducation ) et qu'il le fasse bien, car actuellement les dégâts (et même les dérives) sont déjà multiples. Pour éviter un retour des archaïsmes, il nous faut un new deal et de vraies réformes.
Réponse de le 09/12/2016 à 14:53 :
Détruire la Sécurité sociale en la privatisant, c'est quand même bon pour le privé . Notez bien que vous cotiserez plus, puisqu'il faudra engraisser les actionnaires privés .
Là, nous reviendrons 70 ans en arrière .
a écrit le 02/12/2016 à 8:11 :
F.Fillon devrait faire gaffe. Son nez abime du cote droit suite a un coup de kmera en dit long. Une fois en place peut-etre (?) mettre les medias a ses ordres semble une priorite, d'autant que nombre de journeaux en France sont colores a gauche. Ceci pose il n'est pas evident qu'il soit elu, avec ce qu'il y a d'imprevu ces derniers temps, betonner est une necessite, mais qui ne fait pas forcement loi. Filou, prend garde a toi.
a écrit le 02/12/2016 à 0:35 :
Rester actionnaires dans des entreprises qui fonctionnent et rapportent des dividendes réguliers à l'état est une preuve de bonne gestion. Les entreprises comme la poste ou la SNCF (voir même AREVA) qui sont un coût sans bénéfice doivent quand à elle être massivement privatisées avec un une minorité de blocage pour l'état dans les industries stratégiques militaires, nucléaires et de santé).

La réorganisation et l'efficacité de ces entreprises sera du coup le lot des acquéreurs et ne concernera plus les deniers de citoyens. Deniers qui pourrons être utilisés autre part.
a écrit le 01/12/2016 à 19:05 :
On peut déjà penser à toutes les entreprises en concurrence n'ayant aucune obligation publique de mettre à disposition des infrastructures et ce serait déjà beaucoup. Il est curieux d'avoir privatisé des autoroutes et des aéroports qui sont bien évidemment des rentes en ayant gardé Renault, Peugeot et beaucoup d'autres...En toute rigueur pour Orange, il aurait fallu faire la séparation fonctionnelle (ne conserver dans le giron public que la boucle locale avec un signal de bas niveau sans service).
a écrit le 01/12/2016 à 19:04 :
D'un autre coté, s'il est Président il n'aura juste qu'un zeste à faire !
a écrit le 01/12/2016 à 18:18 :
c'est deja le cas; cela dit tt le monde va se mefier d'une entreprise ou l'etat va se desengager puis ne pas manquer de voter plein de contraintes qui ne le concerneront plus une fois la sortie realisee
l'arabie saoudite aussi s'est dit que ca serait bien de privatiser aramco pour rentrer de l'argent , tt en laissant entendre qu'elle augmenterait ses quotas pour planter l'iran........ he ben vu les prix du baril anticipes avec une telle optique, personne n'etait vraiment interesse...
apres, sur le plan technique, la theorie en economie industrielle dit que c'est pas forcement ' optimal ' non plus ( ni pour le consommateur ni pour le producteur)

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