Smartphones : les ambitions américaines de Huawei

 |   |  631  mots
Le groupe chinois ne cache pas son ambition de jouer, à terme, des coudes avec Apple et Samsung.
Le groupe chinois ne cache pas son ambition de jouer, à terme, des coudes avec Apple et Samsung. (Crédits : © Hannibal Hanschke / Reuters)
Devenu en quelques années un des leaders mondiaux du smartphone, le géant chinois devrait lancer de nouveaux terminaux haut-de-gamme aux Etats-Unis lors du CES de Las Vegas. Une manière de partir à l’assaut de ce marché stratégique, alors que le groupe y éprouve des difficultés dans son cœur de métier, les équipements télécoms.

2016 sera-t-il l'année de la conquête des Etats-Unis pour Huawei ? C'est possible. Le spécialiste chinois des équipements télécoms, et désormais numéro trois mondial des smartphones dans le monde derrière Samsung et Apple, lorgne particulièrement le marché américain. Déjà présent sur place dans les terminaux d'entrée de gamme, mais avec une faible part de marché, le géant de Shenzhen, pourrait, selon plusieurs journaux, profiter de la vitrine du CES de Las Vegas pour commercialiser plusieurs smartphones haut-de-gamme au pays de l'Oncle Sam.

D'après le site FrAndroïd, qui cite le Wall Street Journal, il pourrait s'agir du Mate 8, bientôt disponible en Chine pour environ 600 dollars. Mais aussi du Honor 5X, davantage orienté en milieu de gamme et par ailleurs attendu début 2016 sur le Vieux Continent. Pour imposer son Mate 8 outre-Atlantique, Huawei miserait sur une campagne publicitaire d'ampleur dans les aéroports et les médias.

Jouer des coudes avec Apple et Samsung

Interrogé par La Tribune, Huawei se défend pourtant de faire des Etats-Unis un objectif prioritaire cette année. Le groupe affirme poursuivre « une politique globale », sans se focaliser sur ce marché en particulier. Toutefois, Huawei indique que le fait d'avoir gagné en notoriété en Europe, notamment sur le segment du haut de gamme, « permet d'augmenter les ventes ailleurs ».

Si Huawei ne clame pas haut et fort son désir de mener une offensive d'ampleur sur le marché américain, une telle initiative n'aurait rien de surprenant. Le groupe chinois ne cache pas son ambition de jouer, à terme, des coudes avec Apple et Samsung. En outre, « il souhaite probablement aussi limiter sa dépendance envers la Chine, qui pesait 57,5% de ses ventes au troisième trimestre », explique Roberta Cozza, analyste chez Gartner. Résultat, le groupe peut difficilement faire l'impasse sur les Etats-Unis, deuxième marché mondial pour les smartphones derrière la Chine. Selon GfK, 177,2 millions de terminaux ont été écoulés en 2014 en Amérique du Nord - contre 392,8 millions sur le marché chinois.

Un chiffre d'affaires en forte hausse

Or Huawei, qui commercialise depuis trois ans des smartphones en marque propre, affiche aujourd'hui une très forte croissance sur ce segment. Au troisième trimestre, le groupe affiche un bond de ses ventes de 63% par rapport à l'an passé, avec 27,4 millions de terminaux écoulés. De quoi conforter sa troisième place sur le podium mondial des smartphones, même si le chinois est encore loin derrière Samsung (84,5 millions de terminaux vendus au troisième trimestre, selon le cabinet IDC), et Apple (48 millions).

Ces ventes ont largement participé à booster le chiffre d'affaires de Huawei. Le 31 décembre dernier, le groupe a estimé que celui-ci devrait progresser de pas moins de 35% en 2015, à 390 milliards de yuans (près de 55 milliards d'euros), soit 14 points de croissance de plus que son objectif initial.

Un difficile marché américain

Sûr que ses produits haut-de-gamme peuvent séduire les consommateurs américains, Huawei marche toutefois sur des œufs aux Etats-Unis. Il faut dire que le mastodonte chinois, qui compte 170.000 employés dans le monde, a déjà essuyé un gros revers outre-Atlantique sur ce qui reste son cœur de métier : les équipements télécoms, lesquels pèsent toujours environ 60% de son chiffre d'affaires.

En 2012, une commission du Congrès américain a en effet jugé que le groupe n'était pas le bienvenu aux dans le pays pour cette activité, brandissant des suspicions de cyber-espionnage en faveur de Pékin. Même si les smartphones ne sont pas ici concernés, ces craintes ont largement été relayées dans l'opinion publique, au grand dam du groupe. La conquête américaine de Huawei ne sera donc probablement pas une promenade de santé.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :