Objets connectés : la startup française Sevenhugs lève 1,5 million d’euros

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HugOne une base qui analyse la qualité de l'air, l'humidité, et centralise les données du sommeil de toute la famille, captées par de petits galets à glisser sous le matelas, « certifiés sans ondes ni WiFi dans les chambres. »
HugOne une base qui analyse la qualité de l'air, l'humidité, et centralise les données du sommeil de toute la famille, captées par de petits galets à glisser sous le matelas, « certifiés sans ondes ni WiFi dans les chambres. » (Crédits : DR)
Née en 2014, la startup francilienne qui conçoit des objets connectés mesurant la qualité du sommeil réalise sa première levée de fonds auprès de business angels et de fonds, dont celui de Xavier Niel. Sevenhugs prépare un autre produit grand public dans l’univers de la maison connectée.

« Soulagé ! » Le cofondateur et directeur général de Sevenhugs, Simon Tchedikian, a réussi à boucler la première levée de fonds de sa startup, qui conçoit des objets connectés destinés à veiller sur la qualité du sommeil : 1,5 million d'euros, auprès d'un groupe d'investisseurs dont Kima Ventures, le fonds de Xavier Niel et Jérémie Berrebi, le fonds régional de co-investissement d'Ile-de-France (FCRI), NovX Capital, le fonds du groupe d'ingénierie d'origine russe Noveo, les Business Angels des Grandes Ecoles, Femmes Business Angels et Investessor. Pas loin d'une prouesse pour une startup d'à peine un an d'existence en particulier dans l'univers matériel (hardware) des objets connectés.

« C'est une des plus grosses levées d'amorçage, mais cela n'a pas été facile » confie Simon Tchedikian à La Tribune. « Les choses sérieuses démarrent Nous allons pouvoir recruter et doubler nos effectifs. »

Délégation French Tech au CES de Las Vegas


Les cofondateurs de Sevenhugs ne sont pas de jeunes diplômés mais des quadras, professionnels confirmés du secteur des semi-conducteurs, d'anciens de Wavecom et VK-MStar, « quatre experts ayant une expérience cumulée de plus de 60 ans dans l'électronique », font-ils valoir. Hébergée dans les locaux de STMicroelectronics à Montrouge, aux portes de Paris, la startup a pu bénéficier du soutien technique du fabricant de semi-conducteurs, dont elle utilise d'ailleurs les composants : un bon exemple d'open innovation. Quatre à la création, ils sont désormais 11 personnes et seront 20 d'ici à la fin 2015.


Comme de nombreux autres startuppers de la French Tech, ils ont présenté en janvier au CES de Las Vegas leur prototype HugOne, une base qui analyse la qualité de l'air, l'humidité, et centralise les données du sommeil de toute la famille, captées par de petits galets à glisser sous le matelas, « certifiés sans ondes ni WiFi dans les chambres ». Bilan du voyage qui a tout de même coûté 15.000 dollars : une bonne couverture médias, dont un article du site The Verge, et « énormément de retours positifs d'acteurs de la distribution du monde entier et qui nous relancent, très intéressés. »

Réussir (ensuite) sa campagne Kickstarter


Le produit, annoncé pour mars, a pris un peu de retard, du fait du temps pris par la levée de fonds et d'un « problème d'industrialisation assez courant dans le hardware » : HugOne ne sera commercialisé qu'en septembre, en Europe et aux Etats-Unis, les premiers clients ayant précommandé devraient être livrés dès juin. « Cette première levée est une étape très importante : elle va nous permettre de protéger nos futurs produits avec de nouveaux brevets et d'en accélérer la conception » fait valoir le dirigeant de Sevenhugs.

« Ce n'est pas facile de lever de l'argent quand on est une société d'électronique et qui ne fait pas de chiffre d'affaires, mais qui a des besoins de financements importants. Beaucoup d'investisseurs préfèrent se spécialiser sur des projets Web ou mobiles au risque maîtrisé. La réponse classique des investisseurs était : pourquoi n'allez-vous pas sur Kickstarter ? Mais pour sortir du lot sur la plateforme de crowdfunding, il faut de l'argent et beaucoup communiquer, avoir une vidéo très pro, créer une communauté » explique Simon Tchedikian.


Ainsi la startup de San Francisco Hello, qui a conçu un produit de suivi du sommeil qu'il considère « plus destiné aux couples qu'aux familles », le Sense, une sphère design ouvragée, a levé 10,5 millions de dollars auprès de riches et prestigieux "anges" de la Silicon Valley (David Marcus, Hugo Barra, Dan Rose), avant de lancer sa campagne Kickstarter qui lui a permis de rassembler 2,4 millions de dollars l'été dernier. Soit autant que le casque de réalité virtuelle Oculus Rift, deux ans avant son rachat par Facebook pour 2 milliards de dollars.

Un autre produit pour la maison intelligente en préparation


L'argent levé par Sevenhugs doit lui permettre de tenir jusqu'à la mi-2016 mais il faudra «assez rapidement » refaire un tour de table plus significatif, après avoir réussi cette fois-ci une campagne Kickstarter pour le prochain produit en préparation, « un produit grand public qui plaira aussi aux geeks, toujours dans la maison intelligente : nous voulons disrupter le marché, avec une approche très simple, « plug and play ». Il existe énormément de technologies de domotique mais elles sont inaccessibles, pour des questions de prix et de complexité. »


Ce spécialiste de l'électronique prend l'exemple des ampoules connectées, qui deviennent ingérables si l'on doit équiper toutes les pièces. De nombreux acteurs français se positionnent sur ce créneau de la maison connectée, tels que Netatmo, avec sa station météo, son thermostat, sa caméra de surveillance, tous connectés, et Withings, avec sa balance, son tensiomètre, et même son système de suivi du sommeil Aura. Mais Simon Tchedikian affirme « nous ne nous sentons pas concurrents, notre produit est pour la famille. Eric Carreel et Cedric Hutchings de Withings nous ont d'ailleurs complimentés à la Las Vegas sur notre produit. »

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Propos recueillis par Laurent Lequien

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Commentaires
a écrit le 13/04/2015 à 22:30 :
Bravo a ces jeunes.Une nouvelle génération est en train de prendre la relève de notre arrière garde industrielle. Le prochain Google sera français.
a écrit le 13/04/2015 à 18:49 :
En dehors d'alimenter la bulle internet, à quoi ça sert cette "m...de" pour savoir si je dors bien, s'il fait pas trop chaud, pas trop humide...Je me fous de savoir si mon thermostat est connecté, ma tension surveillée... Quand il fait froid, je chauffe, quand il fait chaud j'arrête le chauffage, ma tension , c'est mon problème. J'en a rien à faire de toutes ces connections qui angoissent, pourrissent la vie, de tous ces gens qui veulent pour les autres une vie meilleure tout en commençant par améliorer substantiellement la leur (à 1.5 millions d'euros tout de même).

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