Station F, un mini-écosystème d'innovation dans la ville

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Station F s'étale sur 34.000 mètres carrés dans le 13e arrondissement de Paris. Le campus de startups abrite un véritable mini-écosystème d'innovation.
Station F s'étale sur 34.000 mètres carrés dans le 13e arrondissement de Paris. Le campus de startups abrite un véritable mini-écosystème d'innovation. (Crédits : Station F)
Le président Emmanuel Macron inaugure ce jeudi Station F, l'immense campus parisien aux mille startups. Sa particularité ? Il réunit dans un même espace de 34.000 mètres carrés, un véritable écosystème d'innovation miniature, composé de startups bien sûr, mais aussi d'incubateurs, d'accélérateurs, d'investisseurs, de programmes privés et de la puissance publique. Tour d'horizon des 24 programmes annoncés, dont un révélé en exclusivité par La Tribune.

La French Tech a son vaisseau amiral. Ce jeudi 29 juin, le président de la République, Emmanuel Macron, inaugurera Station F, le plus grand campus de startups au monde. Un espace à 250 millions d'euros pensé par Xavier Niel (qui le finance sur fonds propres) et sa directrice Roxanne Varza, comme un véritable « écosystème à l'intérieur de l'écosystème ».

« L'idée est que les startups puissent trouver à Station F tout ce dont elles ont besoin : des programmes d'incubation et d'accélération, des bureaux, un réseau, des experts, l'accès à des investisseurs, à la French Tech ou encore à Bpifrance », expliquait Roxanne Varza, dans une interview exclusive à La Tribune en février dernier.

> Lire aussi : Roxanne Varza : « Station F sera le plus grand campus  de startups au monde »

Ainsi, Station F s'étale sur 34.000 mètres carrés dans le 13e arrondissement de Paris, à la place de l'ancienne Halle Freycinet, une gare de fret à l'abandon classée au titre des Monuments historiques. Le campus abritera plus de 1.000 startups, mais aussi au moins 25 programmes, dans tous les domaines de la tech, de l'automobile à la santé, en passant par les industries créatives, le hardware, l'intelligence artificielle ou encore la FoodTech.

> Pour aller plus loin : Station F ouvre ses portes : 5 chiffres-clés

« The place to be » pour les incubateurs et accélérateurs

Même Station F s'emmêle les pinceaux dans les programmes qui feront partie de son immense campus. Le site indique ainsi 21 structures. Mais 23 ont déjà été révélés, la plupart étant des incubateurs ou des accélérateurs. La Tribune est également en mesure d'en ajouter un 24e, qui s'installera d'ici à la fin de l'année. Il s'agit de All Turtles, un startup studio mondial unique, à cheval sur San Francisco, Paris et Tokyo. Créé par le cofondateur d'Evernote devenu investisseur, Phil Libin, il est soutenu en France par Xavier Niel, qui a investi dans la structure via son fonds Kima Ventures.

Station F dispose, bien sûr de son propre incubateur, qui se concentre sur les jeunes startups françaises et du monde entier, sans thématique particulière, pour leur fournir conseils et ressources pour se développer.

Certaines structures existantes ont choisi de délocaliser un nouveau programme à Station F, à l'image du NUMA. L'incubateur situé dans le quartier du Sentier, dans le cœur de Paris, va lancer Scale Hub, un nouveau programme dédié aux startups internationales qui veulent conquérir le marché français. Dans la même catégorie, L'Usine IO, spécialisée dans l'accompagnement de projets dans le domaine du hardware, lance aussi Focus, son programme d'accélération de six mois destiné aux startups industrielles, notamment dans l'automobile connectée et autonome.

L'accélérateur parisien Schoolab s'associe quant à lui avec le pôle PEPITE Ile-de-France pour créer le programme Starter, à destination des étudiants et des jeunes diplômés inscrits au Statut National étudiant-entrepreneur en 2016-2017. La mission du nouvel accélérateur du réseau Impulse Labs, dédié aux nouvelles formes de mobilité, à la construction et à l'immobilier, sera de rapprocher startups et grands groupes pour co-construire la ville et les infrastructures de demain. L'accélérateur spécialisé dans la FoodTech, ShakeUp Factory, sera aussi présent.

Station F, une opportunité en or pour les entreprises françaises en quête de digitalisation

De nombreuses entreprises privées ont aussi décidé d'installer leurs programmes autour des startups à Station F. Une occasion inespérée pour elles de mieux se connecter à l'ensemble de l'écosystème, de voir leurs initiatives dans l'innovation récolter davantage de visibilité, et de garder un œil sur les startups voisines les plus prometteuses.

La pépite française du jeu vidéo, Ubisoft, qui subit les assauts de Vivendi qui veut en prendre le contrôle, lance ainsi à Station F son programme dédié aux startups dans le domaine du divertissement. De son côté, le géant du e-commerce vente-privee.com lance Impulse, son accélérateur spécialisé dans la Fashion Tech (les technologies dans le domaine de la mode). L'objectif est que ces startups, qui doivent exister depuis plus de 18 mois pour rejoindre le programme, puissent tester leur produit sur vente-privee.com et travailler avec ses partenaires. Les industriels ne sont pas en reste, puisque le géant de l'aéronautique et de la défense Thales dévoile lui aussi son programme d'incubation dédié aux startups dans le domaine de la cybersécurité.

Des géants internationaux de la tech aussi présents

Même des entreprises étrangères s'installent à Station F. Microsoft s'associe avec l'institut de recherche public Inria pour lancer un nouveau programme destiné aux pépites dans l'intelligence artificielle, tout comme l'américain Plug And Play, associé avec BNP Paribas pour développer un accélérateur dans le domaine de la Fintech et de l'Insurtech (les technologies dans la banque et l'assurance).

Amazon Web Services, la filiale cloud du géant de l'e-commerce, lance un bureau de mentoring destiné aux startups, dont beaucoup utilisent l'infrastructure d'AWS pour créer leur service. Le réseau social Facebook installe son Startup Garage, le tout premier incubateur corporate de l'entreprise, destiné à 12 startups autour de « projets valorisant les données pour créer des services utiles à la vie quotidienne, à la santé, aux transports et à l'éducation ». Autre américain à Paris, l'éditeur de logiciel Zendesk ouvre son accélérateur pour des startups matures du monde entier qui veulent révolutionner l'expérience client.

Quelques asiatiques sont aussi de la fête : le sud-coréen Naver, qui finance le fonds Korelya Capital dirigé par Fleur Pellerin, lance, avec sa filiale japonaise Line, le programme Space green, qui vise à accueillir une dizaine de startups européennes spécialisées dans la valorisation des contenus. Avec 80 postes de travail, cet incubateur sera le plus grand de Station F, à égalité avec celui de Facebook. Enfin, le chinois Serrinov lancera aussi son propre incubateur.

ONG, écoles et centres de recherches

Des acteurs publics, des ONG et des écoles ont aussi saisi l'opportunité d'être présents à Station F. Le réseau d'incubateurs Creative Valley, l'Institut Français de la Mode (IFM) et l'école Télécom Paris Tech s'associent pour développer un programme d'accélération pour les startups évoluant dans les industries créatives. Deux autres réputées seront de la partie : HEC, qui lance un incubateur multisectoriel, et l'école de management Edhec, qui installe à Station F une antenne de son incubateur Eye.

Dans le domaine de la santé, l'Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière (ICM) hébergera les startups de son incubateur iPEPS sur le campus. Le secteur de l'automobile sera représenté par le nouvel incubateur du Conseil National des professionnels de l'automobile (CNPA), en partenariat avec l'accélérateur Via ID. Les startups de l'industrie 4.0 pourront quant à elles intégrer l'accélérateur hardware de l'association des anciens de l'école des Arts et Métiers.

Enfin, une ONG internationale, Ashoka, saute le pas en lançant Ashoka Village, un accélérateur dédié aux startups spécialisées dans l'innovation sociale.

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Commentaires
a écrit le 30/06/2017 à 17:22 :
Mais quelle réalité concrète se cache donc derrière des mots aussi "ronflants" ?
a écrit le 30/06/2017 à 9:57 :
Petit + :
"Si le campus n'a eu aucun mal à attirer des candidats issus de grandes écoles et aux origines géographiques multiples, il a en revanche constaté une sous-représentation des entrepreneurs aux parcours plus atypiques et moins favorisés."

"Cibler des entrepreneurs au parcours atypique : "
"Baptisé "Fighters Program", un nouveau dispositif lancé jeudi, cible des porteurs de projet de start-up issus par exemple de banlieues et de zone rurale, ou parmi des immigrants ayant des difficultés à s'intégrer ou des réfugiés, explique Station F dans un communiqué."

""La population qui vient des milieux moins favorisés est vraiment sous-représentée dans l'ensemble de nos programmes. Ce n'est pas juste le cas pour Station F, c'est l'entreprenariat de façon générale", a précisé à Reuters Roxanne Varza, la directrice de Station F. "On ne cherche plus de gens avec un MBA, ayant fait une école de commerce ou une école d'ingénieur. On recherche d'autres profils", a ajouté l'américaine d'origine iranienne, âgée de 32 ans."

"Le campus sélectionnera une dizaine de projets qui pourront intégrer gratuitement pendant un an le "Founders Program", le programme maison de Station F. Les candidatures sont ouvertes jusqu'à début octobre."

http://www.usinenouvelle.com/editorial/video-station-f-l-incubateur-de-start-up-ouvre-ses-portes-a-paris.N559593
a écrit le 29/06/2017 à 21:23 :
Bonsoir,

il n'y aucune étude à ma connaissance qui dit que concentrer autant de monde est une bonne idée.

Je pense que cela va être encore une source de distraction et que les fêtes vont aller bon train. Ces grands espaces ouverts produisent un bruit de fond insupportable, qui peut se concentrer dans un contexte pareil ?

Attirer les talents ? je crois que vous n'avez bien compris les différentiels de salaires entre les autres pays développés et la France.

Quant à arriver à se loger dignement à Paris pour des jeunes sans avoir à passer 3h00 dans les transports ...

Cette concentration à Paris est pour moi du grand n'importe quoi, cela va être un gaspillage colossal. Il y a plein de startups à faire grandir partout en France.
Réponse de le 30/06/2017 à 12:32 :
@septic

"Je pense que cela va être encore une source de distraction et que les fêtes vont aller bon train. Ces grands espaces ouverts produisent un bruit de fond insupportable, qui peut se concentrer dans un contexte pareil ?"
Ce que vous remettez là en question, c'est le concept d'open-space, pas le concept d'incubateurs. Et j'ai déjà vu des centres d'affaire avec petits bureau qui regroupent quelques collaborateurs.

"je crois que vous n'avez bien compris les différentiels de salaires entre les autres pays développés et la France"
Dans les autres pays développés, il faut déduire du salaire tout un tas de "prélèvements privés" qui permettent de reproduire les prestations qui sont fournies en standard gratuitement (ou pour un coût dérisoire) en France : abonnement transport, retraite, couverture santé, éducation, etc...
Une fois déduits ces prélèvements privés, ainsi que les impôts (qui ne sont pas vraiment plus bas, cf Allemagne et Royaume-Uni, où l'Impôt sur le Revenu est plus élevé qu'en France, sauf pour les banquiers d'affaires britanniques), on arrive à un reste à vivre comparable au net français après impôts.
Ce à quoi on peut ajouter le coût du Logement, en Allemagne ça va car ils appliquent un encadrement des loyers et parfois des prix, mais au Royaume-Uni, aux USA, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, et dans d'autres pays, c'est tout aussi délirant voire pire qu'à Paris.

"Cette concentration à Paris est pour moi du grand n'importe quoi, cela va être un gaspillage colossal. Il y a plein de startups à faire grandir partout en France."
Clairement, il faudrait, mais ce n'est pas Xavier Niel, avec ses petits bras, qui va venir à bout de la tradition centralisatrice de la France. C'est un effort concerté du Gouvernement et des Entreprises qui doit être fait, avec des décisions niveau État (déménagement des Ministères et de la Haute Administration en Province), niveau entreprises (déménagement de sièges et centres de décision), niveau fiscalité (moduler la fiscalité des entreprises à recette constante, en l'augmentant localement dans les zones qu'on souhaite décondenser, et la diminuer dans les zones que l'on souhaite peupler).

Mais en attendant que de telles corrections aient lieux, oui, tous les lieux de Pouvoir sont à Paris, tous les sièges, les centres de décision et les décisionnaires sont à Paris, tous les salariés diplômés (la majorité disons, surtout dans les domaines de pointe) sont à Paris, tous les clients sont à Paris, et un salarié individuel, ou un Xavier Niel qui cherche à ouvrir un incubateur, ne peut pas faire grand chose contre et doit manoeuvrer avec cette réalité d'aujourd'hui.
a écrit le 29/06/2017 à 18:56 :
Excellente initiative, imaginée par un chef d'entreprise innovant et financée avec des fonds privés.
Ce n'est pas le premier incubateur, pole de compétitivité, fond d'investissement, événement, ... mais l'écosystème parait favorable. Cela devrait attirer les talents, si Kafka ne vient pas contrarier la dynamique.

L’équivalent de la Silicon Valley ? il ne faut pas rêver. Ce n'est pas (encore) la même culture et ils ont les meilleures universités au monde avec Stanford et Berkeley.
Par contre, on peut concurrencer Londres et Level 39.
a écrit le 29/06/2017 à 13:43 :
Pourquoi l avoir fait a Paris ?
Quitte a depenser l argent du contribuable, pourquoi ne pas l avoir fait ailleurs que dans un endroit surpeuple ou la qualite de vie est tres discutable
Réponse de le 29/06/2017 à 17:57 :
Ce n'est pas de l'argent public, mais l'argent personnel de Xavier Niel.
C'est vrai que dans le Larzac tout le monde se serait précipité !

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