Telecom Italia : le ton monte entre Rome et Vivendi

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Si Vivendi ne veut pas être considéré comme une entité contrôlant Telecom Italia, c’est notamment parce qu’il craint de devoir consolider dans ses comptes les 25 milliards de dettes de l’opérateur.
Si Vivendi ne veut pas être considéré comme une entité contrôlant Telecom Italia, c’est notamment parce qu’il craint de devoir consolider dans ses comptes les 25 milliards de dettes de l’opérateur. (Crédits : Stefano Rellandini)
La présence de Vivendi en tant que premier actionnaire de Telecom Italia fait de plus en plus grincer des dents en Italie. Depuis des semaines, Rome souhaite que le géant français des médias reconnaisse qu’il a bien pris le contrôle de l’opérateur historique. Ce que Vivendi réfute.

En Italie, la décision récente du gouvernement français de nationaliser les chantiers navals STX France au détriment de l'italien Fincantieri ne passe pas. Et dans ce contexte, Rome ne souhaite visiblement pas laisser Vivendi ravir un groupe aussi stratégique que Telecom Italia, l'opérateur historique, comme si de rien n'était. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement italien multiplie initiatives pour que Vivendi, première actionnaire de Telecom Italia (avec près de 24% du capital), reconnaisse qu'il contrôle son « Orange » national.

Il faut dire qu'en mai dernier, le géant français des médias a décroché dix sièges sur quinze au conseil d'administration, avant d'obtenir, le mois suivant, la nomination d'Arnaud de Puyfontaine en tant que président exécutif. Malgré cela, suite à une enquête du gendarme italien des marchés financiers et d'une procédure engagée par Rome, Vivendi a déclaré, dans un communiqué publié début août, « qu'il considère n'exercer aucun contrôle de fait sur Telecom Italia ». Le groupe de médias l'assure :

« Sa participation dans le capital social de Telecom Italia [n'est] pas suffisante pour lui permettre d'exercer de manière stable une influence dominante lors des assemblées générales d'actionnaires de Telecom Italia. Toutes les données empiriques [...] révèlent sans équivoque que Vivendi n'est pas en position de contrôle des assemblées générales ordinaires de Telecom Italia. »

Un risque financier important

Des mots qui n'ont guère convaincu l'exécutif italien, qui multiplie les réunions pour faire le point sur l'influence de Vivendi. Vendredi dernier, selon Reuters, le gouvernement s'est une nouvelle fois réuni à ce sujet, notamment pour déterminer s'il était en mesure d'exercer ses pouvoirs extraordinaires sur l'opérateur télécoms. Outre la possibilité de coller une grosse amende à Vivendi si une prise de contrôle devait être prouvée, Rome vérifie s'il peut user du « golden power », une loi qui lui permet, au nom de la préservation des secteurs stratégiques, de mettre son veto à certaines opérations, cessions d'actifs ou encore prise de contrôle d'une entreprise.

Au sein de l'exécutif italien, certains s'inquiètent notamment d'une possible cession de Telecom Sparkle. Cette filiale de Telecom Italia est considérée comme un actif particulièrement stratégique, notamment parce qu'elle gère un réseau de câbles sous-marins reliant l'Italie à différents pays européens, à la Méditerranée et aux Amériques.

De son côté, si Vivendi ne veut pas être considéré comme une entité contrôlant Telecom Italia, c'est notamment parce qu'il craint de devoir consolider dans ses comptes les 25 milliards de dettes de l'opérateur. Ce qui constitue un risque financier majeur pour le groupe contrôlé par Vincent Bolloré.

> Lire aussi : Le patron de Telecom Italia s'en va sur fond de brouille avec Vivendi

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Commentaires
a écrit le 30/08/2017 à 16:53 :
J'avoue ne rien comprendre à la stratégie de Vivendi, il y a moins de trois ans, la holding a vendu SFR pour sortir des Télécom pour finalement y revenir en Italie. Faudra juste nous expliquer la logique?
Réponse de le 30/08/2017 à 18:56 :
Vivendi a vendu SFR beaucoup plus cher qu'elle ne valait .

Si vous acheter une clio de 5 ans et que quelqu'un vous en propose le prix d'une Audi 3 neuve ...Que faites vous ?
Réponse de le 30/08/2017 à 20:25 :
Si quelqu'un est prêt à acheter une clio de 5 ans au prix d'une Audi 3 neuve je me dis qu'il doit y avoir quelque chose de valeur caché dans le coffre...pas vous?
Réponse de le 30/08/2017 à 23:44 :
"quelque chose de valeur caché dans le coffre"..Le YOU-KOUN-KOUN???

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