Télécoms : les câbles sous-marins se multiplient entre les continents

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Actuellement, près de 300 câbles sous-marins traversent les océans, comme le montre cette carte du site TeleGeography.
Actuellement, près de 300 câbles sous-marins traversent les océans, comme le montre cette carte du site TeleGeography. (Crédits : DR)
Envolée du trafic Internet oblige, les projets de câbles sous-marins, qui connectent les pays du globe, sont en plein essor.

Dans le monde, la consommation de données flambe. Dans une étude publiée en novembre dernier, Ericsson a ainsi fait état d'une explosion du trafic Internet mobile. Selon l'équipementier suédois, celui-ci devrait être multiplié par dix d'ici à 2021. La France n'échappe pas à cette tendance : en 2014, selon l'Arcep, le régulateur des télécoms, la consommation de données mobiles a été multipliée par deux par rapport à l'exercice précédent.

Il faut dire qu'avec l'essor de la vidéo sur smartphone, l'arrivée de l'Internet des objets, la conversion des entreprises au cloud ou au big data, les particuliers et les entreprises sont chaque jour toujours plus gourmand en bande passante. Résultat, les cadors du Net et des télécoms n'ont pas le choix : ils doivent impérativement investir dans des « tuyaux » de plus en plus gros pour répondre à cette demande. Sur terre, ils tissent de véritables autoroutes de fibre optique pour relier les villes et les pays entre eux. Mais Internet ne pourrait fonctionner sans les indispensables câbles sous-marins, qui permettent des communications ultrarapides entre les continents.

1 million de kilomètres de fibre

Aujourd'hui, « 99% des échanges électroniques intercontinentaux » passent par ces artères enfouies sous les océans, nous dit-on chez Alcatel-Lucent, le leader mondial de la production, de la pose et de la maintenance de ces câbles via sa filiale Alcatel-Lucent Submarine Networks (ASN). Au total, il y aurait « un million de kilomètres » de câbles sous les mers selon l'équipementier, dont le carnet de commandes ne désemplit pas. Parti de Calais le 14 décembre dernier, un de ses navires-câbliers déroule actuellement près de 5.300 km de fibre optique entre Colombo et Djibouti.

Il y a deux semaines, c'est également un câble Alcatel-Lucent qui a été tiré entre la Finlande et l'Allemagne. Pourquoi ? Parce que Helsinki veut stimuler son secteur des centres de données (ou data centers), qui profitent d'un climat froid et d'une électricité bon marché. Cette liaison, qui sera opérationnelle au printemps, doit permettre d'accélérer la vitesse de connexion avec l'Europe de l'Ouest, en évitant de passer par la Suède et le Danemark.

Des actifs cruciaux pour les géants du Net...

Grands utilisateurs de bande passante, les géants du Net comptent parmi les plus gros financeurs de câbles intercontinentaux. Depuis juin dernier, un câble géant de 9.000 km relie la côte ouest des États-Unis au Japon. Baptisé « Faster », il a été financé par Google et des opérateurs télécoms asiatiques à hauteur de 300 millions de dollars. Microsoft, qui mise à fond sur le cloud pour revenir sur le devant de la scène high-tech, met aussi la main au portefeuille pour déployer des câbles. Le géant de Redmond participe notamment au déploiement du « New Cross Pacific Cable Network », qui reliera les États-Unis à la Chine, la Corée du Sud et Taïwan. Microsoft a également investi dans Hibernia, qui vise à améliorer la connexion entre le Canada, l'Irlande et la Grande-Bretagne.

Pour les gros opérateurs télécoms, ces câbles constituent aussi des actifs stratégiques. Ainsi, Orange, en pleine offensive en Afrique via des rachats d'opérateurs nationaux, déroule également sa fibre le long du continent. Fin novembre, avec des partenaires, le géant français des télécoms a lancé la troisième partie du câble sous-marin « Africa Coast to Europe » (ACE). D'une longueur totale de 17.000 km, ce câble part de la France et connectera tous les pays africains situés sur la côte atlantique au reste du monde. D'un coût de 700 millions d'euros, ce dernier tronçon part des îles de Sao Tomé-et-Principe, dans le golfe de Guinée, et rejoindra l'Afrique du Sud. D'après Marc Rennard, directeur exécutif de la zone Afrique, Moyen-Orient et Asie d'Orange, « 25 pays seront ainsi connectés à l'Internet haut débit avec les derniers standards technologiques ».

... et les pays en développement

Une fois à terre, on peut en effet tirer de la fibre optique à travers les différents pays concernés, souvent le long des voies ferrées. Et dès lors, y raccorder des villes et autres antennes mobiles. Or l'usage des téléphones portables explose en Afrique : ils sont devenus un vrai catalyseur économique, en témoigne l'essor des services financiers à partir de ces terminaux. Cruciaux pour le développement économique des pays les plus pauvres comme des plus développés, les « pipelines de l'information » n'ont donc pas fini de tisser leur toile sous les océans.

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Commentaires
a écrit le 29/01/2016 à 15:59 :
"Fin novembre, avec des partenaires, le géant français des télécoms a lancé la troisième partie du câble sous-marin « Africa Coast to Europe » (ACE)"
En réalité il s'agit de la deuxième partie du projet...

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