La Tribune

Mi-tablette, mi-smartphone, les "phablettes" ont été les vedettes de Barcelone

Samsung a dévoilé lundi la nouvelle version du Galaxy Note de 10,1 pouces, qui s'étale sur de grandes affiches à la Fira de Barcelone. DR DR
Samsung a dévoilé lundi la nouvelle version du Galaxy Note de 10,1 pouces, qui s'étale sur de grandes affiches à la Fira de Barcelone. DR DR
Delphine Cuny à Barcelone  |   -  702  mots
Après le Galaxy Note de Samsung, voici l'Optimus Vu de LG et le Padfone d'Asus. A mi-chemin entre la tablette et le smartphone, ces terminaux hybrides sauront-ils trouver leur public ou resteront-ils un marché de niche ?

Le sud-coréen Samsung est un des constructeurs les plus innovants en matière de format ces derniers mois : après avoir tenté de concurrencer l'iPad d'Apple avec une première tablette Galaxy Pad de 7 pouces (17,7 cm) censée se glisser dans une (très grande) poche de costume, déclinée ensuite avec plus de succès en 10,1 pouces (25,6 cm, un peu plus grand que l'iPad), puis en 8,9 pouces (22,6 cm), le numéro deux mondial des smartphones a inauguré à l'automne dernier une nouvelle catégorie surnommée « phablet », contraction de « phone » et de tablette, avec son Galaxy Note, un téléphone à stylet de la taille d'un carnet de notes (5,3 pouces soit 13,5 cm). Samsung vient d'en dévoiler ce lundi une nouvelle version de 10,1 pouces, qui s'étale sur de grandes affiches aux quatre coins de la Fira de Barcelone où se tient le salon mondial du mobile jusqu'à jeudi. Apportant « une expérience d'écriture sur un appareil numérique similaire à celle d'un véritable stylo », pour dessiner ou annoter à loisir, ce nouvel hybride est « un outil innovant pour ses créations personnelles, l'éducation ou son environnement professionnel », selon JK Shin, le président de la division IT & Mobile Communications de Samsung Electronics.
 
LG et Asus s'engouffrent sur ce créneau créé par Samsung

D'autres constructeurs s'engouffrent dans la brèche. Ainsi son compatriote LG présente sur son stand l'Optimus Vu, avec un écran de 5 pouces (12,5 cm) au format 4/3 « parfait pour la prise de note. » Cet affichage « de type tablette mais en version plus itinérante et plus conviviale » est idéal pour « certains documents, livres numériques et contenus multimédias » : ce smartphone qui « se glisse enfin dans les poches sans les déformer » dixit LG, est en effet destiné aux « aficionados du multimédia itinérant. » Ce produit fonctionnant en 4G sortira en mars en Corée dans un premier temps. Le constructeur informatique Asus, spécialiste des notebooks et qui a plusieurs smartphones à son actif, s'est aussi lancé sur ce créneau avec le Padfone, lui aussi présenté officiellement pour la première fois au Mobile World Congress. L'adoption rapide des tablettes, en particulier de l'iPad, en milieu professionnel suscite les convoitises.

Les "phablets", un marché de niche au moins à court terme

C'est aussi une façon de se différencier sur le marché grand public, à l'heure où tous les téléphones se ressemblent, clones d'iPhone à écran tactile ayant globalement la même interface sous Android, en total look noir ou blanc désormais - encore pour imiter Apple. Aux yeux de Neil Mawston, du cabinet Strategy Analytics, « entre 3 et 5 pouces, c'est plutôt un superphone et on approche du maximum en termes de facilité d'utilisation et de transportabilité. Au-delà de 7 pouces, c'est déjà une tablette. Entre 5 et 7 pouces, il y a une zone grise, un vide que certains constructeurs essaient de combler », incités aussi par l'appétit des consommateurs pour des écrans toujours plus grands. Mais, selon cet expert, « c'est une niche, au moins à court terme : il devrait s'écouler cette année 10 à 20 millions d'exemplaires dans cette catégorie entre 5 et 7 pouces, soit 2% du marché, contre 100 millions de tablettes entre 7 et 12 pouces et 600 à 700 millions de smartphones de 3 à 5 pouces. » Samsung, le grand initiateur de ce nouveau format, « a tendance à se disperser, à lancer le plus de modèles possible pour occuper tous les segments de prix et de taille. Sa stratégie dans ce domaine est plus brouillonne que dans les smartphones » observe cet expert. Selon le spécialiste de Strategy Analytics, il est peu probable qu'Apple se lance dans cette catégorie intermédiaire : « on parle depuis des mois d'iPad mini, mais Apple devrait plutôt abaisser le prix de l'iPad 2 à la sortie de la prochaine version, comme il l'a fait avec l'iPhone. C'est plus conforme à sa stratégie haut de gamme. » Le succès de ces nouveaux formats hybrides dépendra en grande partie du prix et d'une éventuelle subvention des opérateurs, sur lequel les constructeurs sont encore peu diserts, et aussi du type de forfait associé, avec ou sans voix. Car on peut légitimement se demander si ces gros appareils servent encore vraiment à téléphoner.

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