La Tribune

Retard à l'allumage pour le Google Wallet

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Jérôme Marin, à New York  |   -  686  mots
Six mois après son lancement, le portefeuille électronique peine à décoller aux Etats-Unis. Le groupe américain est en train de réévaluer sa stratégie.

"Adieu portefeuille. Le téléphone prend le relais", promettait fin septembre le "Google Wallet". Mais six mois après le lancement du portefeuille électronique, le bilan n'est pas très satisfaisant pour Google. "La croissance est bien moins rapide que nous l'anticipions", explique Rick Oglesby, analyste au sein du cabinet de recherches Aite Group, interrogé par l'agence Bloomberg. Il estime qu'entre 50.000 et 100.000 utilisateurs ont téléchargé les applications nécessaires au fonctionnement du portefeuille. Mais que très peu ne l'utilisent réellement.

Problèmes de compatibilité

Il faut dire que le "Wallet" est difficilement accessible au plus grand nombre. Seul deux smartphones sont officiellement compatibles (une dizaine de nouveaux modèles compatibles devraient cependant être lancés cette année). Un seul opérateur opérateur (Sprint, le numéro 3 américain de la téléphonie mobile) et une seule banque (Citibank) ont pour l'instant accepté de s'associer à ce projet, toujours en phase d'expérimentation. "Nous continuons de travailler dur pour développer le 'Google Wallet' et pour construire avec nos partenaires un écosystème permettant à tout le monde de payer avec son téléphone", assure Google.

Mais les négociations n'ont toujours pas abouti. "Les opérateurs n'ont aucune incitation à adopter le 'Google Wallet', explique Chetan Sharma, consultant dans le monde des télécoms. D'autant plus qu'ils disposent de leurs propres ambitions sur ce marché". Les deux premiers opérateurs du pays, Verizon et AT&T, associés à T-Mobile, la filiale américaine de Deutsche Telekom, ont en effet formé fin 2010 une coentreprise baptisée Isis. Avec pour mission de créer "un réseau national de commerce sur portable visant à fondamentalement transformer la façon dont les gens font leurs courses, paient et économisent".

Un partage de revenus à l'étude

En décembre dernier, Google n'était ainsi pas parvenu à convaincre Verizon d'intégrer le "Google Wallet" au sein du Galaxy Nexus, le dernier smartphone développé par Samsumg et le premier à embarquer "Ice Cream Sandwich", la nouvelle version d'Android. L'opérateur justifiait alors cette décision par des inquiétudes en matière de sécurité. Pour obtenir son soutien et celui d'AT&T, le groupe californien serait désormais en train de réévaluer sa stratégie commerciale. Il pourrait ainsi proposer aux opérateurs de partager une partie des revenus issus de l'utilisation du portefeuille électronique par leurs abonnés. Mais Google étudierait également une alternative lui permettant de court-circuiter les opérateurs.

Une application avec un accès sécurisé

Pour fonctionner, le "Google Wallet "repose sur le système "PayPass" de MasterCard, qui permet déjà de réaliser, via la technologie NFC ("Near Field Communication", soit connexion sans fil à courte distance), des paiements sans contacts. Plus de 300.000 commerçants dans le monde en sont équipés, dont environ la moitié aux États-Unis, comme les restaurants McDonald's et Subway ou encore les taxis new-yorkais. Le portefeuille électronique se présente sous la forme d'une application gratuite avec un accès sécurisé par un code personnalisé à quatre chiffres. L'interface propose ensuite de sélectionner le moyen de paiement: une carte de crédit Citigroup, préalablement reliée au "Wallet" et directement connectée aux comptes de l'utilisateur, ou une carte prépayée virtuelle pouvant être alimentée sur Internet, quelle que soit votre banque.

Il suffit ensuite simplement de présenter son téléphone portable à proximité (moins de 4 centimètres) d'une borne de paiement pour que la transaction soit immédiatement réalisée. Aucun code supplémentaire, aucune signature, aucune vérification d'identité ne sont nécessaires. Plus qu'un simple porte-monnaie, ne servant qu'à réaliser des transactions, le Google Wallet est un véritable portefeuille. Reçus de paiements, carte de fidélité ou encore bons de réductions peuvent y être stockés. C'est d'ailleurs tout l'intérêt pour Google : coupler son portefeuille électronique, sur lequel il ne prélève aucune commission, à son service de coupons promotionnels "Offers" pour grignoter des parts de marché sur ce segment prometteur aux Groupon et autres LivingSocial.

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Commentaires

In the gutter  a écrit le 22/03/2012 à 14:43 :

Comme cela, quand on vous vole votre telephone on vous vole aussi le portefeuille, meilleure productivite pour les voleurs et pickpockets. Et si votre telephone tombe en panne et bien ne vous reste qu'a troquer vos chaussettes pour un billet de train. Quelle heresie de vouloir payer avec un portable, bientot aussi le portable de Nokia qui envoie des decharges sur la peau pour faire corps avec son mobile. Pauvre monde

Tulipe  a répondu le 22/03/2012 à 21:18:

Surtout s'il n'y a pas de plafond à la dépense.

pm  a écrit le 22/03/2012 à 13:10 :

Bien d'accord avec E Gagneaux ! Mon hyper (brico, L.M.) a mis 1 an à activer la fonction (disponible sur ses terminaux) ! Mon hyper (genéral, Carrefour) le propose depuis déjà longtemps sans que j'aie eu de problèmes. Sortir son téléphone plutôt que sa carte de crédit pour l'approcher d'un terminal; quelle est la valeur ajoutéee du téléphone ???

Emilie Gagneaux  a écrit le 21/03/2012 à 21:24 :

Il faudrait que Google débloque l'accès à l'application sur tous les mobiles NFC compatibles et dans tous les pays.

En France il existe des TPE compatibles sans contact, on ne demande qu'à s'en servir ...