3 443 Pts (c)
-1,12 %
15 112 Pts (c)
-1,35 %
13 072 Pts (c)
-1,31 %
6 349 Pts (c)
-0,40 %
|
|
Propos recueillis par Delphine Cuny | 26/07/2012, 19:28 - 642 mots
Une semaine après son sévère avertissement sur résultats, Alcatel-Lucent a annoncé des pertes et un plan de réduction de coûts passant par 5.000 suppressions de postes dans le monde. L'action a dévissé jeudi et touché un nouveau plus bas historique sous 0,80 euro (-6% à la clôture à 0,82 euro); en recul de 77% en un an, elle ne pèse plus 1,9 milliard d'euros et se voit menacée d'une sortie du CAC 40 en septembre. Le directeur général Ben Verwaayen revient sur les défis qu'affronte l'équipementier télécoms. Le bouillant néerlandais était parvenu à faire sortir du rouge le groupe en 2011, pour la première fois depuis la fusion du français d'Alcatel et de l'américain Lucent en 2006. Mais la situation s'est détériorée depuis l'automne dernier. Pour le fabricant d'équipements de réseaux, dont le siège est à Paris, la France représente 12% de ses effectifs, soit 9.560 personnes en France sur 76.000 salariés, et 7,8% de son chiffre d'affaires consolidé.
Les investisseurs ont très mal réagi à vos annonces jeudi....
Ben Verwaayen : Je le comprends et je crains que cela ne soit pas que pour un trimestre. Il y a six mois, nous avions dit que nos résultats de 2012 seraient meilleurs qu'en 2011 et aujourd'hui nous annonçons une perte substantielle (254 millions d'euros en net pour un chiffre d'affaires de 3,5 milliards). Notre structure de coûts n'est pas adaptée à la réalité nouvelle du marché. Il nous faut être réaliste, aujourd'hui, l'heure est à la fermeté. Le marché attend des résultats. Mais il n'est pas possible de se redresser en un trimestre. Je leur dis patience, il est important d'avoir le soutien de ses actionnaires.
Tous vos concurrents souffrent, même les chinois. N'est-ce pas lié au marché même des équipements télécoms, durablement touché par la déflation ?
C'est un peu une excuse. Maintenant, nous avons surtout besoin d'activité, de business. Problème : le marché est difficile à lire. En Amérique latine, nous avons enregistré notre septième trimestre consécutif de croissance, aux Etats-Unis nous sommes très bien placés, même s'il y a un effet de mix défavorable, car les marges sont moins élevées dans le LTE (la 4G) que dans les équipements plus matures comme le CDMA*. Il n'y a pas de formule magique. Nous allons réduire nos coûts de 1,25 milliard d'euros d'ici à fin 2013, mais aussi trancher dans les contrats qui ne sont pas assez rentables. C'est difficile de dire non à un client mais nous sommes une entreprise de technologie et d'innovation et certains contrats de services gérés, qui ne sont que de l'opération et de la maintenance, ne comportent pas assez de valeur ajoutée, même s'ils sont sains. Nous devons être une entreprise à la profitabilité durable.
La France sera-t-elle touchée par les 5.000 suppressions d'emplois annoncées d'ici à fin 2013 ?
Je puis vous apporter deux réponses à ce stade. Tout d'abord, la France reste un pays très positif pour la recherche, grâce au crédit impôt recherche qui est un très bon dispositif. C'est essentiel pour notre centre de recherche et d'innovation de Villarceaux dans l'Essonne. Deuxièmement, notre programme Performance de réduction de coûts est mondial. Nous allons engager les discussions avec les différents partenaires sociaux et pourrons peut-être en dire plus en septembre.
Le gouvernement français veut soutenir la filière télécoms. Peut-il faire quelque chose pour l'équipementier français que vous êtes ?
Le marché des équipements télécoms n'est pas national, ni même régional mais mondial. Il n'y a rien qu'un pays puisse faire, sinon favoriser l'environnement de la recherche. Nous sommes très heureux des qualités et des talents que nous avons en France. Villarceaux est notre premier centre de R&D en Europe et un pôle d'excellence au niveau mondial. L'investissement des opérateurs reste du ressort de ces derniers, et non du gouvernement.
* CDMA : standard de téléphonie mobile concurrent du GSM, utilisé par Verizon aux Etats-Unis par exemple.
|
|
GERARDC27 a écrit le 04/09/2012 à 17:24 :
Je crois savoir que les opérateurs américains privilégient leurs propres équipementiers pour les infrastructures télécoms à cause de forts soupçons (info ou intox) d'espionnage de la part des chinois; mais ceux ci en ont-ils réellement les capacités technologiques?
briber a écrit le 27/07/2012 à 19:23 :
La réponse à la dernière question est vraiment lamentable. Au lieu de dire que le gouvernement français et les autres gouvernements européens ne peuvent rien faire, il devrait affirmer qu'ils peuvent faire énormément en passant des commandes à Alcatel et en poussant les opérateurs européens dont beaucoup d'états européens sont actionnaires à acheter européen au lieu d'acheter chinois. Mais Ben Verwayyen doit préférer laisser les fabricants chinois envahir l'Europe avec des produits soupçonnés de participer à l'espionnage des entreprise et états européens. Dramatique réaction de ce dirigeant irresponsable.
un jeunot a écrit le 27/07/2012 à 17:34 :
ça serait bien dommage si alcatel déposait le bilan. Les parachutes dorés de tchûruck et sa taupe russo disparaitraient du même coup. Quelle catastrophe!
Alcatel Lucent n'est pas une entreprise française a écrit le 27/07/2012 à 16:56 :
La tribune sert la soupe à Alcatel-Lucent alors même que cette entreprise n'est pas plus française que Huawei ou Cisco, le seul équipementier Telecom encore européen est Ericsson. Le figaro a même titré le 15 fevrier 2011 sur "Alcatel-Lucent n'est pas français". et vous vous dites journaliste ?!
GERARDC27 a écrit le 27/07/2012 à 14:53 :
C'est affligeant de constater que seuls les fabricants de sacs à main ; de sellerie ou encore de parfums peuvent créer de la valeur en France. Tant mieux pour eux mais quid de notre "légendaire" créativité industrielle.
Haha a répondu le 27/07/2012 à 16:20:
On a des français créatifs encore, pour frauder, draguer les nanas et boire de l'alcool, faire la fête. Je plaisante. Surement y a plein de domaines ou on est créatifs, mais c'est pas l'industrie, c'est plutôt l'artistique.
bonjour a écrit le 27/07/2012 à 12:32 :
le crédit d'impôt recherche devrait être recentré autour de la recherche industrielle et imposer comme contrepartie le dépôt de brevets. Actuellement, il est galvaudé et bénéficie surtout à des activités de services ou de commerce. Bref, un gaspillage d'argent public sans résultat.
GERARDC27 a écrit le 27/07/2012 à 10:34 :
Quand va-t-on se rendre compte de la détresse financière de notre ancien « fleuron » et des erreurs stratégiques qui ont entaché son parcours depuis presque dix ans. Je ne sais pas ce que ses salariés en pensent mais l?omerta ou la peur du vide semble régner à ce niveau. La descente aux enfers de l?action du groupe semble désormais inéluctable, avec à la clé une valeur à zéro de la société et ensuite une exclusion des marchés financiers. Dans le domaine sinistré des télécoms ou la concurrence fait rage et pour lutter à armes égales avec les chinois (ZTE ou HUAWEI) il faut utiliser les mêmes armes qu?eux et se développer avec l?aide des états en ne craignant pas de leur fermer les marchés stratégiques à la survie de nos équipementiers ; ce que font déjà les américains, nonobstant une pure logique financière. Sinon la longue litanie des licenciements continuera et pour ALCATEL ils sont encore 77000. J?espère en tout cas que Ben Verwaayen saura l?expliquer à notre chantre du redressement productif à la fin de l?été.
Bili hari a écrit le 27/07/2012 à 10:17 :
Alcatel est à l'image des sociétés françaises: formidable destruction de valeur pour les actionnaires depuis 10 ans. Et ce Monsieur voudrait que les actionnaires apprennent la patience! Nous allons vers une perte de confiance généralisée des actionnaires dans les sociétés françaises, avec évidemment les transferts d'actifs que cela suppose. il n'y a en effet aucune difficulté pour trouver d'autres supports à l'investissement. A ce jour, il suffit de lister la quasi intégralité des sociétés du CAC40 pour constater le désastre pour les petits porteurs, y compris les sociétés dans lesquelles l'état est actionnaire. Il importe que tous nos dirigeants, à commencer le PDG d'ALU, mais aussi le monde politique, comprennent que les actionnaires ne suivront pas éternellement des sociétés incapables de suivre les plans annoncés, et qu'il leur est bien préférable d'aller sur les marchés émergents, in fine MOINS à risques, que de perdre son capital en France! Garder l'argent en France, voilà le véritable challenge!
contre a écrit le 27/07/2012 à 09:59 :
Il faut être contre toutes les subventions de l?état. Il faut que les entreprises françaises soient suffisamment adultes pour ne pas nécessiter l'aide d'un papa et d'une maman, c'est a dire, nos impôts. Donc supprimons toutes les subventions et autres crédits qui faussent la donne et fragilisent nos entreprises en les protégeant trop de la dure réalité.
Vincent a écrit le 27/07/2012 à 01:02 :
Tout le monde dit du bien du crédit impôt recherche (sauf dans les commentaires ci-dessous...), mais franchement... Ce n'est qu'une subvention massive à l'aveuglette ! Toutes les entreprises se jettent sur cette niche fiscale, même celles qui ne font aucune R&D. Pour profiter de cette niche, il suffit d'écrire une "fiche CIR", bref déclarer que vous faites de la recherche. Comme la recherche, c'est très pointu et très compliqué, personne ne comprend ces fiches, et surtout pas les quelques inspecteurs de l'état (qui, par ailleurs, ont bien du courage). D'ailleurs, au début, il n'y avait même pas de contrôle ! Vous comprendrez que, pour un ingénieur quelconque, c'est très facile de faire une fiche CIR bidon et de transformer n'importe quel projet en projet de R&D, il suffit juste d'utiliser des mots compliqués. Et je parle d'expérience...
ingénieur aussi a répondu le 27/07/2012 à 11:43:
je confirme, j'en suis un bel exemple. Bon parfois c'est vrai je fais un peu de recherche (mais la recherche la vraie, n'est plus en France).
canassn a écrit le 26/07/2012 à 22:50 :
parce qu on veut vendre des airbus, des chars et centrale nucleaire au chinois, on accepte que huawei et ZTE vendent leur produit telecom a des prix insoutenable pour alcatel. des produits suspect d'ailleurs (voir article de la tribune sur le meme sujet). tant pis pour les telecom. Quand les chinois feront leurs propres airbus, char et centrale nucleaire, sans nous, alors nos politiques pourrons s'indigner du dumping chinois. pas avant. Vive le courage politique. C'est un tres mauvais calcul
pareil a répondu le 27/07/2012 à 05:19:
Tout le monde fait la même chose, mais seuls les Chinois te gênent.
ravioli2 a écrit le 26/07/2012 à 20:59 :
Voila bien l'une des rares, même être la seule véritable, mesure de Sarko en direction des plus riches. Le crédit impôt recherche est une pure niche fiscale qui est formatée pour bénéficier aux grandes entreprises, il n'y a rien d'étonnant que Alcatel apprécie la mesure à sa juste valeur. Et ça ne l?empêchera pas de licencier si elle en a envie.
Recel a répondu le 26/07/2012 à 22:21:
On s'en fout qu'alcatel licencie, ce n'est pas notre problème. C'est SON problème. Notre problème, c'est qu'Alcatel nous pompe des impôts spoliés par la force brutale et aveugle du voleur fiscal. Et non content de ce premier recel, criminel certain de son impunité, Alcatel ose en réclamer encore plus !
LolLolLol a écrit le 26/07/2012 à 20:44 :
"grâce au crédit impôt recherche qui est un très bon dispositif" Eclat de rire ! Encore un GROS pompe budget sans contrepartie !
ozwen a répondu le 26/07/2012 à 21:08:
pour le coup, la contrepartie, c'est d'avoir des Bac+5, payés en moyenne 80K?/an localisés, avec leur famille en France. C'est ca la contrepartie pour le pays. De plus, l'innovation qui permet la création de valeur immatérielle (par ex, brevets) qui reste, juste pour rappel, à peu près notre dernier atout par rapport à la Chine aujourd'hui.
Opération nulle a répondu le 26/07/2012 à 22:17:
Oui mais chaque fois qu'il y a 80k de salaire versé dans ces conditions, il y a 80k d'impôts prélevés avant par la force. Donc opération nulle, sans aucune création de richesse : ça ne sert à rien et chaque jour qu'on prélève ces impôts nuisibles, l'économie s'enfonce un peu plus dans la crise.
Gnochi a répondu le 27/07/2012 à 07:56:
Franchement, de tous les impots le moins nule est sans doute celui qui favorise la R&D sur notre territoire. Au dela, le credit d'impot recherche a un impact tres positif sur le soutien a l' innovation dans les sme francaises.
Rutabaga a répondu le 27/07/2012 à 16:03:
Non Gnochi, le CIR est un instrument pour grandes entreprises qui ont du personnel largement sous employé et qui peuvent donc faire des choses aussi ineptes qu'écrire et faire écrire des fiches CIR. D'ailleurs elles en sont les principales bénéficiaires.