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Quel avenir pour BlackBerry ? le prochain trimestre pourrait être "décisif"

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Au cours du premier trimestre qui coïncidait avec le la commercialisation de ses nouveaux téléphones Z10 et Q10, sur lesquels il compte se redresser, BlackBerry a affiché une perte supérieure aux attentes des marchés. L'action a perdu près de 20% en Bourse. Pour certains analystes, le prochain trimestre pourrrait être décisif pour l'avenir de BlackBerry. Son PDG, le groupe en est toujours aux étapes préliminaires du lancement.

Quel avenir pour BlackBerry ? Les résultats du deuxième trimestre, clos fin août et publiés fin septembre, seront passés au peigne fin par les analystes pour valider ou non la stratégie de redressement du groupe canadien. "Le prochain trimestre pourrait être décisif" pour l'avenir de BlackBerry, a en effet noté l'analyste Jeff Kagan, selon qui les performances du premier trimestre sont "très décevantes". Avec elles, "l'espoir s'estompe" de voir le fabricant canadien retrouver sa gloire d'antan, a souligné l'expert. Or, Blackberry a d'ores et déjà prévenu qu'avec "la dynamique concurrentielle du marché" et les investissements technologiques consentis, une autre perte était à attendre au deuxième trimestre.

Perte nette par action preès de deux fois supérieure aux attentes
Vendredi, le fabricant du smartphone BlackBerry, a fait état d'une perte nette de 84 millions de dollars au premier trimestre (pour un chiffre d'affaires de 3,1 milliards en hausse de 9%), décevant le marché. Alors que les analystes tablaient sur une perte nette de 7 cents par action (hors exceptionnel), elle a été quasiment deux plus importante, à 13 cents. Des résultats qui ont fait chuter le titre de BlackBerry de quelque 20% vendredi dans les échanges électroniques avant l'ouverture des bourses nord-américaines. 

Commercialisation du Z10 et du Q10

Or, le premier trimestre a coïncidé avec la commercialisation de ses nouveaux téléphones Z10 et Q10, fonctionnant sur la plateforme BB10, la nouvelle génération de Blackberry sur laquelle le groupe joue sa survie après avoir été dépassé dans les téléphones intelligents par l'iPhone d'Apple et les appareils utilisant le logiciel Android de Google. Pour le groupe de Toronto, il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Cette nouvelle gamme d'appareils, ne représente toutefois que 40% des livraisons totales, soit 2,7 millions d'unités, alors que certains analystes tablaient sur la distribution de jusqu'à 3 millions de nouveaux téléphones Z10 et Q10. Le PDG du groupe Thorsten Heins a assuré qu'"au cours des prochains trimestres (le groupe) va augmenter ses investissements pour soutenir la sortie de nouveaux produits et services". "Nous en sommes toujours aux étapes préliminaires du lancement", a-t-il tenté de nuancer, décidé à démontrer que BlackBerry demeure "à la pointe de la nouvelle génération de téléphonie mobile". L'objectif de BlackBerry au cours du prochain trimestre "est de poursuivre la pénétration du marché mondial", a expliqué Thorsten Heins aux analystes.

Effritement des ventes de la tablette Playbook

En outre, les ventes de la tablette Playbook lancée par BlackBerry ont continué à ralentir, avec 100.000 ventes au premier trimestre contre 350.000 au trimestre précédent. L'effritement devrait se poursuivre: le PDG de BlackBerry a annoncé que finalement le nouveau système d'exploitation BB10 n'équiperait par la tablette. "Je n'étais pas satisfait du degré de performance et de l'expérience utilisateur", a déclaré Thorsten Heins, qui avait douté dans le passé des perspectives d'avenir des tablettes numérique.

La suprématie du logiciel Android de Google
Selon une étude du cabinet de recherche IDC, publiée jeudi, Google et son logiciel Android ont confirmé leur domination sur le marché des smartphones au premier trimestre, tandis que le système Windows de Microsoft s'est hissé au 3e rang derrière Apple mais devant Blackberry. Selon IDC, Android faisait fonctionner trois smartphones sur quatre écoulés au premier trimestre avec exactement 75% de part de marché.  L'avance du logiciel de Google doit beaucoup au fait qu'il est utilisé par de nombreux fabricants, emmenés par le sud-coréen Samsung qui a fabriqué 41% des 162,1 millions de smartphones Android vendus sur le trimestre. Android creuse ainsi l'écart avec son principal rival Apple, qui s'arroge 17,3% du marché avec son propre logiciel iOS, utilisé sur l'iPhone et l'iPad. Les estimations d'IDC pour le trimestre précédent donnaient à Android et iOS des parts respectives de 70,1% et 21%.

Croissance moins rapide pour Apple
Apple a enregistré un premier trimestre record avec 37,4 millions d'iPhones vendus, mais sa croissance est désormais moins rapide que celle du marché. Pour IDC, c'est en partie parce que "l'expérience avec iOS est restée globalement inchangée depuis les débuts du premier iPhone en 2007", et la tendance pourrait changer en cas de refonte majeure du logiciel lors de sa prochaine mise à jour.
Le duopole Android-iOS laisse les autres concurrents très loin derrière. Microsoft, qui tente de rattraper son retard dans le mobile avec une version plus adaptée de Windows, a réussi à passer de la quatrième à la troisième place en augmentant sa part de marché de 2,6% à 3,2%, selon IDC grâce aux appareils conçus avec Nokia: 79% des 7 millions de smartphones Windows écoulés au premier trimestre portaient la marque du groupe finlandais.

Microsoft dépasse BlackBerry
Microsoft fait ainsi tomber d'un rang le pionnier des smartphones Blackberry (2,9% du marché au premier trimestre). Mais ce déclin sa part de marché "masque les progrès que l'entreprise a faits", estime IDC, qui relève en particulier que Blackberry a réussi à écouler un million de ses derniers smartphones, tout juste lancés.

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