Un câble va relier le Brésil à l'Europe pour contourner l'espionnage américain

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La présidente brésilienne Dilma Roussef a jugé que ce projet de câble, qui coûterait 135 millions d'euros, était crucial pour garantir la neutralité d'Internet. (DR)
La présidente brésilienne Dilma Roussef a jugé que ce projet de câble, qui coûterait 135 millions d'euros, était crucial pour "garantir la neutralité" d'Internet. (DR) (Crédits : Reuters)
Un projet de câble sous-marin reliant le Brésil à l'Europe a été adopté lors du 7e sommet UE-Brésil. La présidente Dilma Rousseff, très remontée contre l'espionnage présumé des Etats-Unis, entend ainsi contourner le système d'écoutes mis en place par la NSA.

Le Brésil veut disposer de son propre câble sous-marin. Après les révélations sur l'ampleur de la surveillance des communications par la NSA, l'Agence de sécurité américaine, le pays de Dilma Roussef voudrait installer un câble sous-marin qui relierait Lisbonne, Portugal, à Fortaleza, Brésil.

C'est ce qu'ont annoncé le Brésil et l'Union européenne lundi, à l'issue du 7e sommet UE-Brésil organisé à Bruxelles. Le câble doit être installé d'ici à l'année prochaine, grâce à un partenariat entre l'entreprise brésilienne de télécommunication Telebras et l'espagnol IslaLink Submarine Cables, ainsi que des fonds européens et brésiliens.

Un câble à 135 millions d'euros

La présidente brésilienne Dilma Roussef a jugé que ce projet, qui coûterait 135 millions d'euros, était crucial pour "garantir la neutralité" d'Internet, et a souligné sa volonté de mettre les communications Internet brésiliennes hors de portée de la surveillance des Etats-Unis:

Nous devons respecter la vie privée, les droits de l'homme et la souveraineté des nations. Nous ne voulons pas que les affaires et les entreprises soient espionnées. Internet est l'une des meilleurs choses que l'homme a inventé. Nous nous sommes donc mis d'accord pour garantir la neutralité du réseau, un espace démocratique où on peut protéger la liberté d'expression.

Depuis les révélations, diffusées par le média brésilien TV Globo en septembre, selon lesquelles la NSA aurait espionné les communications de Dilma Rousseff, et de millions de Brésiliens, ainsi que du géant pétrolier Petrobras, la présidente fustige les programmes de surveillance américains. Elle a notamment différé une visite d'Etat à Washington l'an dernier pour protester contre l'espionnage de la NSA.

Réseau européen de communication

Du côté européen, les dirigeants sont sensibles aux préoccupations brésiliennes, dans la mesure où les documents révélés par l'ex-employé de la NSA Edward Snowden avaient montré que cet espionnage touchait aussi des institutions de l'UE, et jusqu'au propre téléphone de la chancelière allemande.

A la mi-février, Angela Merkel avait évoqué la création d'un réseau européen de communications pour éviter que les données personnelles transmises via Internet ne transitent par les Etats-Unis, même si le projet paraît encore difficile à réaliser.

La chancelière allemande, qui ne cesse de prôner une meilleure protection des données en Europe, tente également en vain de conclure un accord avec les Etats-Unis pour interdire l'espionnage réciproque.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2014 à 21:12 :
Encore quelqu'un qui n'a pas compris comment fonctionnait internet. Les données passent par le chemin le plus rapide, comprendre par là offrant le plus haut débit. Avant de pouvoir être meilleur que les États Unis là dessus, ya du boulot... Ces 135 millions seraient bien mieux investis dans des solutions proposant une alternative à Google (et dans une moindre mesure Facebook). Voilà comment on pourrait éviter que beaucoup de nos données soient chez les américains.
a écrit le 27/02/2014 à 3:16 :
Bof ! Un coup d'épée dans l'eau. Les Américains, les Chinois et les Japonais sont les plus grands fournisseurs de technologies nouvelles équipées de géo localisation par satellite. Franchement il me parait un peu tard pour engager une fronde contre les champions du numérique aujourd’hui. Ce n’est évidemment que mon avis personnel. Toutefois, je doute que je me trompe de beaucoup.
Réponse de le 02/03/2014 à 20:11 :
Un des piliers du pouvoir est la persuasion. Si tout le monde est persuadé qu'on ne peut rien changer alors rien ne changera.
a écrit le 26/02/2014 à 10:50 :
Nous devons respecter la vie privée, les droits de l'homme et la souveraineté des nations!! Un point, c'est tout!!! Les américains, des méchants loups, Arrêter!!!!!
a écrit le 26/02/2014 à 3:01 :
Les arguments de Mme Roussef sont grotesques. Je comprends l'agacement de nos chers dirigeants, mais les USA considèrent l'Amerique comme leur pré carre. En matière d'espionnage seuls les plus forts s'en sortent et ils ne restent aux autres que les mots et les idées grandiloquentes pour gesticuler. Comme si l'Europe allait être une solution. L'Europe de la défense et des intérêts économiques n'existe pas vraiment. Seule la lutte contre le terrorisme est un succès de coopération entre européens et...américains. L'Europe a trop besoin de drones et du soutien logistique américain, et puis nous sommes nous mêmes de vraies passoires et même si le câbles est"sécurise" les USA n'auront qu'à se focaliser sur la réception.'.J'aurais préfère que Mme Roussef nous acheté le rafale plutôt que d'épouser nos belles idées....
a écrit le 25/02/2014 à 20:05 :
Cela fait déjà longtemps que des sous marins américains et probablement d'autres sont équipés du matériel adéquat pour se brancher sur les câbles en mer. Dilma Ruoussef devrait le savoir, donc il y a surement une explication, car 135 millions d'euros, c'est une somme respectable, qui peut générer des commissions sympathiques des deux côtés de l'océan, mais c'est peut être de la naïveté, qui sait ?.
a écrit le 25/02/2014 à 18:22 :
Pourquoi ce titre insultant? Ces journalistes de La Tribune ne seraient-ils pas des vendus?
a écrit le 25/02/2014 à 16:56 :
mort de rire et avec les Anglais ont fait comment ils vont aller mouchardé avec les USA
a écrit le 25/02/2014 à 16:52 :
tout de suite dénigrer par la France. Décidemment, les français adorent critiquer ce que font les autres, ne rien changer, jalouser les riches, les repousser au delà de nos frontières, refuser tout progrés techniques, favoriser les dialectiques avec quelques jeux de mots qui ne font pas avancer les améliorations nécessaires, s'accorcher aux petits avantages mesquins, ne jamais gérer correctement un budget, etc ... bref que du bonheur pour avoir un pays rempli de défaitistes de plus en plus "étrangers" à leur pays.
a écrit le 25/02/2014 à 15:29 :
Quel est le montant de la rétrocommission de Mme. Roussef pour financer sa compagne pour l'élection générale (présidentielle) 2014? Cela doit être un véritable sujet d'actualité pour les peuples d'Amazonie...
a écrit le 25/02/2014 à 14:03 :
Même un câble sous-marin peut être "ecouté". La seule sécurité qu'apporterait ce câble est une certaine indépendance en ce qui concerne l'allocation des débits et les tarifs, ce qui n'est pas rien mais ne répond pas aux problèmes de sécurité. Les moyens les plus sûrs restent les plus grossiers, le coureur à pied avec un message appris par cœur, le téléphone de campagne avec sa bobine de fil, le pigeon voyageur ou alors le radio qui parle une langue rare et totalement imbitable (ex: navajo)...
Réponse de le 25/02/2014 à 14:36 :
Pas sûr que ça ne marche pas. Même si le réseau SWIFT des banques s'est déjà fait piraté deux fois, rien n'empêche de créer des protocoles spécifiques dont le niveau de codage serait supérieur à celui autorisé par les US. Et les changer régulièrement. (voir le musée des transmissions sur Rennes, les gars savent faire)
Mais hé oui : là, aussi, ce sont les US qui décident...
Réponse de le 25/02/2014 à 17:13 :
Même si la sécurité de ce câble sera toute relative, il n'empêche qu'il ne passera pas par un bâtiment US où des centaines d'analystes s'occuperaient des données. Si on peut (au moins un peu) leur donner du fil à retordre, c'est déjà ça de gagné.
Réponse de le 26/02/2014 à 1:52 :
Inventer un codage que les USA ne peuvent pas décrypter? Quelle belle naïveté!

Pour information, a NSA, c'est 40'000 fonctionnaires et plus de 300'000 employés de sociétés privés sous contrat avec la NSA.

Quel pays est en mesure d'alligner un tel effectif (à part la Chine)? En tout cas, pas la France, ni l'UE, ni le Brésil!

Vous pouvez toujours rêver pour mettre en échec la NSA
Réponse de le 27/02/2014 à 22:53 :
Apprenez que la quantité ne fait pas la qualité, j'en veux pour preuve la fonction publique française...
a écrit le 25/02/2014 à 13:51 :
HAHAHA croire que ça va régler le problème de l'espionnage américain (et je ne parle pas des autres) est d'une naïveté inouïe ! C'est surtout politique à mon avis...
Réponse de le 25/02/2014 à 20:08 :
Effectivement, il n'y a pas grande difficulté pour les US à piéger un cable comme ils l'ont fait pour l'Union Soviétique dans les années 70-80. La vraie protection consiste à chiffrer les communications au niveau adéquat, ce qui est un métier en soi....Pas besoin de cable pour cela. N'ayez crainte les brésiliens sont parfaitement au courant de des questions techniques.

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