Le projet de Bouygues était "intenable" pour la concurrence, selon Jean-René Fourtou (Vivendi)

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Pour le président de Vivendi, l'impact social était l'une des faiblesses du projet Bouygues. (Photo : Reuters)
Pour le président de Vivendi, l'impact social était "l'une des faiblesses du projet Bouygues". (Photo : Reuters) (Crédits : AFP)
C’est le critère de la "faisabilité" qui l'aurait emporté pour le choix entre les offres de Numericable et Bouygues sur SFR, à en croire Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi

Si Vivendi a préféré céder sa filiale de téléphonie SFR au câblo-opérateur Numericable, c'est parce que l'offre de Bouygues était "intenable au plan de la concurrence", a déclaré Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance du groupe, dans une interview parue lundi dans le quotidien économique Les Échos.

C'est le critère de la "faisabilité" qui l'a emporté pour le choix entre les offres de Numericable et Bouygues sur SFR, a-t-il estimé, précisant qu'un "rapprochement avec Bouygues aurait créé un groupe avec 47% de part de marché en valeur dans le mobile".

L'offre de Bouygues aurait trop armé la concurrence 

"La proposition de Bouygues de vendre son réseau mobile et des fréquences à Free allait dans le bon sens, mais il aurait probablement fallu aussi céder des clients", avec pour conséquence, en cas de mariage Bouygues Telecom-SFR, de "se retrouver avec une société en décroissance face à un concurrent surarmé, Free".

Si Bouygues "avait proposé 15 milliards d'euros en cash en nous assurant que tous les risques concurrentiels étaient pris à sa charge, il aurait eu de sérieuses chances. Mais ce n'était pas le cas", poursuit-il.

Olivier Roussat, le patron de Bouygues Telecom, avait indiqué le 9 mars être entré en discussion pour céder les 15.000 antennes de son réseau à son concurrent Free pour 1,8 milliard d'euros, dans le but de "rendre acceptable l'acquisition de SFR aux yeux de l'Autorité de la concurrence".  

"4.000 à 6.000 personnes en trop"

Le président de Vivendi a également jugé que son impact social était "aussi l'une des faiblesses du projet Bouygues", qui "comportait de très importantes synergies mais avec beaucoup de doublons au niveau des effectifs".

"Il y aurait eu 4.000 à 6.000 personnes en trop, sans compter les sous-traitants. La situation aurait été difficile à gérer, alors même que Bouygues s'était engagé à ne pas licencier pendant trois ans."

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a écrit le 07/04/2014 à 19:35 :
Bouygues doit revenir a ses metier de base la BTP
Réponse de le 07/04/2014 à 23:50 :
Pour être tout à fait "années 90", je dirais même qu'il devrait se concentrer sur son cœur de métier et laĉher toute le reste. D'ailleurs, j'y pense, Apple ferait bien de se recentrer sur la fabrication d'ordinateur et de systèmes d'exploitation :)
a écrit le 07/04/2014 à 18:54 :
Il est bien dommage qu'aucun article ne parle de l'intérêt personnel de Mr Fourtou à démanteler Vivendi: faire monter le cours de bourse à temps pour pouvoir lever ses stock options arrivant à échéance.
a écrit le 07/04/2014 à 16:00 :
Il est trop gentil ce monsieur Fourtou.
Se préoccuper ainsi de la santé de Bouygues Telecom, quelle attention charmante...

Question 1 : pense t-il vraiment que les gens sont aussi peu malins pour entendre ce genre de pseudo-justification ?

Question 2 : comment le projet SFR/NC peut-il être plus 'viable' industriellement vs sa dette colossale à éponger ?
a écrit le 07/04/2014 à 15:11 :
Numéricable va certainement mettre plusieurs années pour digérer SFR, et ne sera pas capable d'offensive sur le marché avant un bout de temps, en attendant sous-traitants, CDD et contractuels vont être virés en masse et les clients vont payer la facture.
Je me rappelle avoir discuté avec un ingénieur de numéricable, il me disait qu'ils n'étaient qu'une poignée dans le département à faire partie réellement de la maison, tous les autres étaient des temporaires ou des sous-traitants.
la casse sociale va être forte, mais les tenants de la destruction-créatrice vont certainement dire que tant de gens de 30 40 ans vont retrouver un boulot dans les 3 mois, après tout, on est en plein emploi en france, non ? on m'aurait trompé à l'insu de mon plein gré ? l'argent perdu dans les salaires va aller dans la rémunération de ceux qui ont endetté numéricable, c'est un transfert du secteur productif vers le secteur financier. On attend de connaitre le taux exact de la nouvelle dette, et les échéances.
a écrit le 07/04/2014 à 15:05 :
Ce qui est certain, c'est que je ne dois pas être le seul a avoir eu une très mauvaise expérience avec Numéricable. Si je vois la moindre dérive de SFR vers les méthodes que j'ai connu alors, ce sera rapide.
Ces opérateurs se présentent comme des industriels. Quelle rigolade. Si un industriel en avait fait autant il ne serait plus là.
a écrit le 07/04/2014 à 14:33 :
Triste plaidoyer pro domo. Il est président de Vivendi? Ben dis donc.
a écrit le 07/04/2014 à 12:24 :
C'est probablement exact, surtout qu'il garde une participation et donc sera co-responsable d'un éventuel désastre social.
a écrit le 07/04/2014 à 11:32 :
"Avec la solution Bouygues, il aurait fallu céder des clients". Là, avec Numericable, pas de souci; les clients vont partir de leur plein gré !
a écrit le 07/04/2014 à 9:56 :
Bon attendons le mariage de Buygues avec Free !
Réponse de le 07/04/2014 à 16:48 :
Moi je n'attends pas ce mariage, Bouygues Telecom et Free, car nous auront droit à une bonne vague de nouveaux chômeurs qui iront pointer.
Je déjà vécus un rachat à la sauce Free, les belles promesses socials et surtout la vague d'envellope de licenciment.
Free ne rachète pas l'ensemble d'une société avec ses employés... Il ne rachète que le porteuille clients de les infrastructures qui leurs sont nécessaires.

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