Drahi (Altice) à l'assaut du marché américain

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Altice prend ainsi pied pour la première fois sur le marché américain de la télévision par câble et marque la poursuite de sa stratégie d'acquisitions menée à grand train depuis son entrée en Bourse en janvier 2014.
Altice prend ainsi pied pour la première fois sur le marché américain de la télévision par câble et marque la poursuite de sa stratégie d'acquisitions menée à grand train depuis son entrée en Bourse en janvier 2014. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
La maison-mère de Numericable-SFR a acquis 70% du câblo-opérateur américain Suddenlink Communications. Il serait aussi intéressé par le numéro deux du secteur, Time Warner Cable, selon le Wall Street Journal.

Patrick Drahi part à la conquête des Etats-Unis. Le groupe français Altice, dont l'homme d'affaires est le président-fondateur, a annoncé mercredi 20 mai qu'il achetait 70% des parts de Suddenlink Communications, le septième câblo-opérateur américain, valorisé 9,1 milliards de dollars par l'opération.

Dans un communiqué, le groupe souligne:

"Avec cette acquisition, le groupe Altice entre sur le grand et attractif marché du câble américain et franchit une nouvelle étape dans la diversification et l'équilibrage de son portefeuille d'activités de haute qualité".

L'existence de discussions avancées avait été rapportée mardi par le Wall Street Journal, qui citait des sources proches du dossier.

1,43 million de clients à la clé

Suddenlink, qui compte 1,43 million de clients dans le sud et la région du Midwest des Etats-Unis, est à présent contrôlé par le groupe de capital-investissement BC Partners et un fonds de pension canadien.

Selon le WSJ, Altice aurait également discuté avec Time Warner Cable, le deuxième câblo-opérateur américain - qui, après l'échec du projet de rapprochement avec Comcast, le premier câblo-opérateur, serait aussi ouvert à des discussions de fusion avec une autre entreprise américaine du secteur, Charter Communications.

Une expansion également au Portugal et en Amérique latine

Altice, qui prend ainsi pied pour la première fois sur le marché américain de la télévision par câble, marque aussi la poursuite de sa stratégie d'acquisitions menée à grand train depuis son entrée en Bourse en janvier 2014.

L'an dernier, le groupe a racheté SFR, le deuxième opérateur mobile français, qu'il a fusionné avec le câblo-opérateur Numericable pour créer Numericable-SFR . Il a bouclé au début du mois le rachat des 20% que Vivendi , ex-maison mère de SFR, détenait encore dans le nouvel ensemble. Altice a aussi acquis récemment les actifs portugais du brésilien Oi et un autre opérateur en République dominicaine.

Le rachat de Suddenlink pourrait en revanche éloigner la perspective d'une poursuite de la consolidation du marché français de la téléphonie mobile, sur lequel Altice se présente comme un acquéreur possible de Bouygues Telecom, bien que ce dernier ait réaffirmé récemment sa volonté de demeurer indépendant.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 21/05/2015 à 17:43 :
Une belle histoire où, un jour, en passant, on nous sussurera la savoureuse formule "respect des covenants".
a écrit le 21/05/2015 à 16:47 :
Bonjour
Pour nous éclairer davantage, le journaliste pourrait nous expliquer le montage financier de l'affaire. En gros qui prête quel montant, où sont les holdings, quelle est la maturité de la dette et le business plan. Car les effets de levier me semblent faramineux, un peu comme dans l'affaire Dentressangle (david rachetant goliath !)
Selon moi, la fièvre acheteuse de Patrick se situe essentiellement dans les taux bas. Lui a compris et fait comprendre aux banques et aux fonds d'investissement qu'avec de la monnaie quasi gratuite, on peut racheter le monde si on veut. En tout cas, c'est bon pour l'économie car la masse monétaire augmente, un peu moins pour les salariés du Monsieur qui eux ne verront pas le cash de sitôt !
Le jour où tout cela se cassera la gueule et bien tant pis, Patrick aura fait fortune et on restructurera la dette. Rassurez vous, elle aura été au préalable diluée dans tous les placements du quidam car il faut bien répartir les risques (la devise préférée des banquiers), Chacun paiera un tout petit bout du bidule.
Pour le comparatif avec J6M, c'est un peu ça et qui n'a pas envie d'avoir la fortune de J2M, d'un point de vue personnel, c'est une réussite ! Il a même monté une banque d'affaire l'affreux ! L'éthique ? ... mais l'argent n'a pas d'odeur souvenez vous.
a écrit le 21/05/2015 à 12:01 :
IL A TOUT POUR REUSIR? LE PROBLEME C EST SONT ACHAT A CREDIT. ESPERONT QU IL A DES GARANTIES SOLIDE .CAR LES BANQUIERS NE SONT PAS DES FILENTROPES . MAIS DES HOMMES D AFFAIRES . ET L AMERIQUE RESTE BIEN FERME AUX CAPITAUX ETRANGER. DONC IL A INTEREZ A RESTE PRUDENT???
a écrit le 21/05/2015 à 8:26 :
Drahi l'homme qui monte, qui monte, qui monte..........Plus dure sera la chute.
a écrit le 20/05/2015 à 22:52 :
Je suis assez scotché de voir tant de haine contre ce patron ! C'est plus facile de critiquer que de faire.... Faites donc , entreprenez au lieu de critiquer tout le temps ! S'il rachète c'est qu'il y a des vendeurs et des perdants ....
Réponse de le 21/05/2015 à 17:38 :
Drahi est un mégalo dont la devise est " tant que je gagne, je joue". Le problème c'est que quand ces gars là perdent, ça fait beaucoup de dégats collatéraux. A l'heure où la BCE distribue des jetons gratuits à tous les "drahis" de la planète, les gens qui ont un peu compris les règles du jeu sont en droit de s'inquiéter.
a écrit le 20/05/2015 à 21:41 :
Tout à fait d'accord, Mac2, et je complète : Patrick Drahi est propriétaire de ses actions Altice à travers la "société" Next Ltd Partnership Inc., installée dans le paradis fiscal de Guernesey...
a écrit le 20/05/2015 à 20:10 :
Entreprise de droit luxembourgeois, patron israélien domicilié en Suisse et on parle de la France. Bravo au bonhomme mais ce n'est pas un succès français. La fiscalité l'interdit....
a écrit le 20/05/2015 à 17:34 :
Ça me rappel Madoff
a écrit le 20/05/2015 à 16:38 :
Cela ressemble au vivendi-universal de la grande époque. Qui payera les pots cassés quand tout s'effondrera ! On s'interrogera alors sur ces banquiers qui ont prêté plus de 20 milliards d'euros sans garanti !
a écrit le 20/05/2015 à 11:34 :
Il n'a rien de Xavier Niel, c'est juste un financier bien nait.
a écrit le 20/05/2015 à 10:03 :
Je suis désolé LA TRIBUNE mais ALTICE est une société de droit luxembourgeois pas française.
Réponse de le 20/05/2015 à 15:22 :
Et les vrais groupes français comme Iliad et Orange ne sont pas à conditions égales pour lutter contre ceux ,comme Altice, qui se planquent dans les paradis fiscaux. Payant pas ou peu d'impots, ce dernier a les moyens de racheter. Encore le Luxembourg de maitre Juncker.
Comme cet empire s'est fondé sur le dos câblo-opérateurs français, c'est bien nous qui réglons l'addition.
SFR, Numéricâble, Outremer Telecom, Ma Chaîne Sport, Vivolta, i24news, Virgin Mobile,.......
Maintenant il peut croitre à l'étranger, Portugal Telecom en avril pour 7,4 Mrds€, maintenant américain Suddenlink.
Mon ennemi, les paradis fiscaux, nous ont expliqué Hollande et Sarkozy.
La musique sera rejouée pour la prochaine campagne présidentielle.
a écrit le 20/05/2015 à 8:48 :
Il veut pas se présenter aux élections ? On a besoin de mecs comme lui pour relancer le pays !
Réponse de le 20/05/2015 à 10:06 :
A grands coups d'endettement massif et de non investissement dans les sociétés rachétées ?
a écrit le 20/05/2015 à 8:47 :
Chapeau l'altice !! Il en faudrait une dizaine comme lui pour relancer l'économie française !
Réponse de le 20/05/2015 à 12:13 :
De relancer une économie sur de l'endettement ???? ou c'est plutôt les investissements qui sont le moteur d'une relance ??
Dans le cas présent, Altice n'a pas un kopeck, et procède au rachat de société par de l'endettement massif, SFR a été acheté a crédit !! et la ce sera la même chose !
Réponse de le 20/05/2015 à 15:01 :
Ce n'est que la partie émergée de l'iceberg que vous voyez.
Pour avoir travaillé avec Altice, ils ne créent aucune valeur à part ne pas payer les fournisseurs, renégocier des encours sur des projets déjà realisés, virer des gens, stopper tout investissement...
En gros, ils s'enrichissent en détruisant de la valeur et en endettant les boîtes qu'ils rachètent. Tout le contraire d'un industriel.
J'espère vraiment qu'il n'y en ait pas plusieurs comme lui... et surtout pas une dizaine.
Réponse de le 20/05/2015 à 19:04 :
Au moins il entreprend ! Et l'endettement de l'état a servi a quoi ? Et il sert a quoi aujourd'hui ...des salaires et des retraites a 80% ...
Réponse de le 21/05/2015 à 8:15 :
tout repose sur le système bancaire qui soutient les rachats, donc sur la capacité sur le long terme à rembourser les dettes contractées.
une histoire de confiance ?

un parallèle à dresser sur les compagnies Low cost en Asie (Air AsiaX, ....et autres) qui se font financer les commandes des centaines d'A320...
si le marché commence à ralentir ou si la croissance n'est pas aussi rapide (ce qui est le cas) alors on rééchelonne les livraisons, puis on annulera les commandes... et parfois on mettra la clé sous la porte;

conclusion: vendre de la confiance aux banquiers, gérer le cash flow et aimer le risque...

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