Aux Etats-Unis, Sprint et T-Mobile ne voudraient plus se marier

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Mardi, le titre Softbank a lâché 4,63%, à 9.9947 yens, à la Bourse de Tokyo. Et ce lundi à Wall Street, le titre Sprint a chuté de 9,3%, contre 5,35% pour T-Mobile.
Mardi, le titre Softbank a lâché 4,63%, à 9.9947 yens, à la Bourse de Tokyo. Et ce lundi à Wall Street, le titre Sprint a chuté de 9,3%, contre 5,35% pour T-Mobile. (Crédits : Dado Ruvic)
Selon le quotidien japonais Nikkei, Softbank, la maison-mère de Sprint, compte mettre un terme au projet de fusion de sa filiale américaine dans le mobile avec son homologue T-Mobile, qui appartient à Deutsche Telekom.

Aux États-Unis, comme en France, les projets de fusions dans les télécoms font décidément l'objet de nombreux rebondissements. Alors qu'il y a tout juste deux semaines, le géant nippon Softbank et Deutsche Telekom étaient parvenus à un accord de principe pour fusionner leurs opérateurs mobiles Sprint et T-Mobile US, les négociations ont, semble-t-il, capoté.

Selon l'AFP, qui relaye des informations du quotidien économique japonais Nikkei, Softbank prévoit de mettre un terme aux discussions avec l'opérateur historique allemand. Les deux groupes n'auraient pas, selon le Nikkei, trouvé d'accord sur leurs parts respectives au capital du nouvel ensemble. L'information a été prise au sérieux par les investisseurs. Mardi, le titre Softbank a lâché 4,63%, à 9.947 yens à la Bourse de Tokyo. Et ce lundi à Wall Street, le titre Sprint a chuté de 9,3%, contre 5,35% pour T-Mobile.

Pourtant, le contexte semblait idéal pour un mariage entre les numéros trois et quatre du mobile au pays de l'Oncle Sam. Alors que l'administration Obama avait mis son veto à une telle fusion, il y a plus de deux ans, l'arrivée de Donald Trump, favorable à la dérégulation, avait, aux yeux des observateurs et analystes financiers, rouvert une fenêtre de tir. Mais ce ne sera a priori pas pour cette fois.

D'importantes synergies

Quoi qu'il en soit, les analystes financiers estiment qu'un tel deal serait particulièrement « créateur de valeur », sur un marché américain du mobile qui pèse pas moins de 190 milliards de dollars. D'après Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James, « les synergies pourraient être très significatives ». Selon lui, elles pourraient se situer « aux alentours de 30 milliards de dollars en valeur ». Ce qui permettrait à la nouvelle entité de dégager davantage de moyens pour investir dans ses réseaux. Un point jugé fondamental pour demeurer compétitif sur le marché américain. « Couvrir un pays aussi vaste que les Etats-Unis en 4G - ou demain en 5G - nécessite des investissements très lourds et pendant des années. Ce n'est pas aussi rapide qu'en Belgique ou aux Pays-Bas ! », constate l'analyste.

L'échec d'un deal entre Sprint et T-Mobile pourrait aussi inciter d'autres acteurs à se positionner. Des rumeurs, ces derniers mois, sont allées crescendo quant à une possible fusion de Sprint avec Charter Communications, le numéro deux américain du câble. Même si fin juillet, ce dernier a balayé l'idée d'un mariage.

« Nous comprenons en quoi un accord serait intéressant pour Softbank, mais Charter n'est pas intéressé par le rachat de Sprint », a lâché un porte-parole du câblo-opérateur.

En outre, selon d'autres analystes, il n'est pas impossible que Softbank, aux poches profondes, décide carrément de se lancer lui-même dans une OPA sur Charter Communications. Et ce, même si un gouffre sépare aujourd'hui les deux groupes. En effet, la capitalisation boursière de Charter flirte avec les 100 milliards de dollars, quand celle de Sprint n'avoisine « que » les 32 milliards.

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