Démanteler Google est la seule solution (Soriano, Arcep)

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Sébastien Soriano est à la tête du régulateur des télécoms, l'Arcep.
Sébastien Soriano est à la tête du régulateur des télécoms, l'Arcep. (Crédits : Capture d'écran Youtube Spiil)
Pour le président de l'Arcep, l'Internet est un bien commun, et dans l'interview qu'il donne au site Acteurs Publics, il fustige "une forme de capitulation dans le débat public" face à la domination sans partage du gâteau européen par les géants américains du Web (les Gafam).

« Taxer les géants du Web ne suffira pas à mettre à bas leur domination », cette déclaration donne bien le ton de l'interview accordée hier au site Acteurs Publics par le patron de l'Arcep, Sébastien Soriano, une interview en forme de déclaration de guerre pour celui qui dirige une instance qui n'a toujours pas compétence s'agissant de la régulation des géants du numérique. Pour mémoire, un élargissement des compétences du régulateur avait été évoqué pendant la gestation de la loi pour une République numérique (lancée par Fleur Pellerin et reprise par Axelle Lemaire) mais avait été retoqué.

Dans cette interview, le président de l'autorité de régulation des télécoms (Arcep) estime que les pouvoirs publics doivent se poser la question de "comment démanteler Google", appelant à plus de régulation des plateformes numériques.

"Je constate une forme de capitulation dans le débat public. La domination des Gafam (les géants américains du web, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, Ndlr) est vécue comme une évidence. Le fait de ne pas choisir son moteur de recherche ou son réseau social aussi", a souligné Sébastien Soriano.

     | La Tribune avait imaginé, dans un exercice de prospective, le démantèlement de Google en 2025 par l'autorité américaine de la concurrence.

Lire aussi : 2025 : Alphabet démantelé par l'Antitrust américain

Aider les startups européennes qui respectent nos valeurs

"L'attention politique s'est ainsi concentrée sur les symptômes de cette domination (vie privée, ouverture du marché aux start-ups françaises, fake news) au lieu d'agir sur leurs causes!", a-t-il déploré.

Pour M. Soriano, "la question n'est pas 'Faut-il démanteler Google?', mais 'Comment démanteler Google?'"

"Il faut déterminer quels sont les leviers de régulation à mettre en place pour rouvrir le jeu, faire émerger des alternatives aux Gafam respectueuses des droits humains et des valeurs qui sont les nôtres."

Il ajoute que c'est à la puissance publique, donc, de définir des outils juridiques permettant d'accompagner ces startups alternatives et qui ont le respect de ces valeurs dans leur ADN afin qu'elles rattrapent vite les effets d'échelle qui leur échappent.

Taxer plus efficacement les Gafam sera la mère des batailles

Interrogé sur les efforts européens pour taxer plus efficacement les géants du numérique, le président de l'Arcep a estimé qu'il s'agissait de "la mère des batailles".

"Taxer les Gafam est un problème structurel. A l'ère fordiste (l'essor de la production de masse, Ndlr), on a inventé la TVA. A l'ère numérique, nous devons inventer l'équivalent de la TVA", a-t-il insisté.

"C'est un défi, car l'économie numérique fonctionne sur la donnée, qui est en elle-même impalpable et ne correspond à aucune valeur absolue. Mais attention: taxer les Gafam ne suffira pas à mettre à bas leur domination", a averti M. Soriano.

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| Lire l'interview intégrale sur le site de l'Arcep

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 14/11/2017 à 23:01 :
Une partie du secret des GAFAM réside dans leur modèle de financement inexistant en France et une partie de la faiblesse du modèle français vient de la fonctionnarisation des élites et de l'homogénéité de leur formation... Autant vous le dire tout le suite, les Steve jobs, Munsk ne sont pas prêts d'arriver en France , petit pays arrogant, bureaucratique et hiérarchisé à l'extrême.
a écrit le 14/11/2017 à 18:54 :
les domaines ne sont pas geres par google, les protocoles ( dont tcp/ip) ne sont pas developpes par google et ne sont en rien leur propriete, etc etc........
evidemment, leur moteur est omnipresent, ca n'a rien a voir avec l'internet commun ( il peut utiliser qwant s'il n'aime pas google) , il peut aussi surfer a l'invite et utiliser lynx pour ses mails..........
fichtre que ce genre de raisonnement est d'une betise sans nom
Réponse de le 14/11/2017 à 21:57 :
S'il ne passait pas son temps à sortir de telles énormités, personne n'aurait remarqué qu'il était président de l'Arcep.
Réponse de le 14/11/2017 à 22:49 :
Là n'est pas le problème : le problème n'est pas (d'aimer ou non) au niveau individuel. C'est un pb structurel, un pb de domination d'un marché (celui des recherches sur internet pour google essentiellement...mais sans doute pas seulement) par une ou quelques entreprises qui, sous couvert de "bienveillance", bride l'innovation, empêchent toute alternative, et potentiellement représentent des dangers pour la démocratie et l'autonomie de l'Europe. De la même manière que l'UE prétend créer de la concurrence et briser les monopoles nationaux (EDF/GDF, SNCF...) elle devrait s'attacher à très vite briser ces monopoles et pousser les alternatives pour recréer de la concurrence. cela semble assez évident, et il n'y a pas besoin d'être ni économiste, ni un grand géopoliticien pour le comprendre, non? Après, vous avez tout à fait le droit d'aimer google, mais c'est votre choix, pas le problème traité dans l'article.

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