Très haut débit : l’Arcep veut un « repartage » des zones moyennement denses

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Sébastien Soriano, le président de l'Arcep.
Sébastien Soriano, le président de l'Arcep. (Crédits : Arcep)
Lors d’une audition au Sénat, Sébastien Soriano, le président du régulateur des télécoms, s’est inquiété des retards de déploiement de la fibre dans les villes et territoires moyennement denses. Il appelle à une nouvelle répartition de ces zones entre opérateurs. Et ce, alors que ces territoires avaient fait l’objet, en 2011, d’un partage entre Orange et SFR.

C'est ce qui s'appelle jeter un pavé dans la mare. Ce mercredi, lors d'une audition au Sénat, Sébastien Soriano a appelé à un « repartage » de la couverture en fibre optique des villes et territoires moyennement denses. Pourquoi ? Parce que les déploiements de ces zones - qui représentent environ 11 millions de logements - ne vont pas assez vite. Loin de là. « Nous sommes inquiets », indique-il. Selon lui, les rythmes de déploiements d'Orange et de SFR, qui se sont partagés ces territoires en 2011, sont insuffisants. Ils ne permettront pas, selon lui, de tenir leurs engagements, à savoir apporter la fibre optique à ces populations d'ici 2020. D'après les projections de l'Arcep, au rythme actuel, « nous serons en retard ». « Nous voyons que ces déploiements s'achèveront au mieux en 2023... », insiste Sébastien Soriano, qui tire donc « la sonnette d'alarme ».

Pour éviter ces retards, il appelle « de manière pragmatique à utiliser toutes les volontés d'investissements qui se manifestent en ce moment » : celle de SFR qui milite depuis longtemps pour un partage plus équitable de ces zones, mais aussi celles de Bouygues Telecom et de Free. Sébastien Soriano a beau indiquer qu'« il ne s'agit pas de récupérer des parties [de ces zones] à Orange pour embêter Orange », sa proposition va forcément faire hurler l'opérateur historique. Et pour cause : en 2011, Orange avait préempté 85% de ces territoires, contre 15% pour SFR. Et Stéphane Richard, son PDG, verrait forcément rouge à l'idée de trop repartager ce gâteau avec ses concurrents...

L'Arcep veut freiner les ambitions de SFR

Sébastien Soriano souhaite, en outre, qu'un nouveau partage des zones moyennement denses fasse l'objet « d'engagements juridiquement contraignants ». Pas question, aux yeux du régulateur, de reproduire les erreurs du passé : en 2011, Orange et SFR n'avaient formulé que des intentions d'investissements non-contraignantes, c'est-à-dire sans risquer d'amende, par exemple, en cas de non-respect des échéances de couverture annoncées...

Lors de son audition au Sénat, Sébastien Soriano a également freiné les ambitions de SFR, qui a indiqué vouloir fibrer seul les zones les moins denses du territoire. Et ce, quitte à doublonner les projets de couverture en très haut débit des collectivités locales. « Ce que nous disons, c'est que la volonté [de SFR] d'investir dans les zones les plus rurales n'est acceptable que si cela se fait en plein accord avec les porteurs de projet de RIP (Réseaux d'initiative publique, organisés par les collectivités locales NDLR), ce qui signifie pas de débauchage, d'intimidation ou de double déploiement sans concertation », a affirmé le patron de l'Arcep. En plus, il souhaite encore une fois que si « un accord qui est trouvé entre SFR et les élus dans ces territoires-là, les intentions d'investissements de SFR doivent être très clairement écrites et devenir juridiquement contraignantes. »

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Commentaires
a écrit le 26/10/2017 à 10:27 :
bonne idee!
free marge a 80%, alors ils en ont les moyens de faire les investissements et de les mettre a titre quasi gratuit a disposition de ses concurrents pour qu'ils puissent proposer le fibre a tarifs casses!
a écrit le 26/10/2017 à 9:01 :
Ah ça on n'est pas prêt de la voir arriver la fibre si c'est confié au secteur privé. Les hommes d'affaires vont continuer à nous faire des promesses pendants encore des années et des années, misère...
a écrit le 26/10/2017 à 0:44 :
Je suis élligible fibre depuis maintenant 5 mois mais étant donné que c'est Orange qui l'as installé je suis obligé de passer chez eux pour en profiter malheureusement Orange à des boxs complètement dépassé, propose des offres à 60 euros pour une fibre à seulement 300mb/s alors que chez l'opérateur où je suis actuellement propose du 1gb/s pour le même prix que je paye actuellement et la célébre Freebox revolution dont une nouvelle version sortira prochainement
Réponse de le 26/10/2017 à 9:03 :
Bonjour
vous ne pouvez pas avoir le beurre et l'argent du beurre pénurie oblige cela représente un pactole
En effet, l'investissement dans les réseaux n'est pas investi dans une box qui apporte que des gadgets ....
Alors avec 300mb/s est déjà amplement suffisant pour 99% des utilisateurs après vous êtes peut être dans les 1%
Réponse de le 28/10/2017 à 11:21 :
Voila ce qui arrive quand on laisse une infrastructure exclusive entre les mains du privé, en infraction à la constitution... Mais cela fait tellement longtemps que nos politiques s'assoient sur notre propre constitution qu'on n'a plus qu'a fermer notre gueule, et nous contenter de ce qu'on veut bien nous servir...
a écrit le 26/10/2017 à 0:01 :
Les réseaux d'initiative publique, organisés par les collectivités locales, desservent en priorité les services collectifs et publics. Ils ne sont généralement pas calibrés pour desservir le grand public et les entreprises. Ce n'est pas parce que ces investissements ont été faits indépendamment des grands réseaux qu'ils doivent étrangler le developpement de la fibre pour tous. Ce serait multiplier les pertes par le retard technologique de la France. Tous les grands réseaux nationaux doivent participer librement et concurremment au développement de la fibre, s'engager envers les territoires selon les modalités habituelles, sans cartélisation sous l'égide de l'état central.

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