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Persol, des lunettes de soleil remises au goût du jour

Persol - modèle 649

Directeur marketing du groupe italien Luxottica, leader mondial de la conception, de la fabrication et de la commercialisation de lunettes, Fabio d'Angelantonio présente la stratégie du groupe, et l'évolution de Persol, marque à laquelle il accorde une affection toute particulière.

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La Tribune : Quel pays représente le plus grand marché pour la marque aujourd'hui ?
Fabio D'Angelantonio : Les Etats-Unis pour la simple et bonne raison que c'est le plus grand marché dans le business de l'optique aujourd'hui. C'est le pays dans lequel notre présence retail est la plus importante, donc le chiffre d'affaires y est naturellement le plus élevé.

La Tribune : Est-ce le marché sur lequel vous êtes le plus investi ?
Fabio D'Angelantonio : Pas nécessairement, parce qu'en termes de tendances, ce n'est pas forcément le premier. C'est le marché le plus important en termes de volumes et de ventes, mais pas du tout en termes de style, où l'Europe reste leader.

La Tribune : Quelle est la part de la marque Persol dans Luxottica ?
Fabio D'Angelantonio : Numériquement, ce n'est pas la marque la plus importante. Elle est née et a été développée plutôt comme une marque de niche, de connaisseurs. Nous essayons de la développer aujourd'hui. Dans notre portefeuille, c'est certainement la marque de propriété la plus orientée vers le monde du luxe. Sa différence réside en grande partie dans le fait que chaque produit, encore aujourd'hui, passe dix-huit fois entre les mains d'un artisan. Nous ne vendons pas nos produits comme « faits mains », mais c'est pratiquement le cas. C'est magnifique. C'est vraiment un petit diamant que nous essayons de cultiver, de développer toujours dans son positionnement d'origine.

La Tribune : Persol, dites-vous, est la marque la plus luxueuse de votre portefeuille. Vous visez vraiment une clientèle de luxe alors ?
Fabio D'Angelantonio : Je ne dirais pas cela, parce que la notion de luxe correspond à une segmentation horizontale, avec l'importance de la notion de prix. Nous avons plutôt en tête les connaisseurs, ce qui correspond plutôt à une segmentation verticale, qui ne dépend ni de l'argent, ni de la tranche d'âge. Nous essayons de nous adresser à des gens qui savent apprécier la qualité, indépendamment de leur tranche d'âge et de leur capacité financière. Ce sont des personnes qui, généralement, ont un certain niveau intellectuel, une certaine approche culturelle, capables de reconnaître et d'apprécier la qualité d'un produit, le détail... Souvent, une fois qu'ils ont adopté la marque Persol, les gens n'en changent pas, car si vous l'aimez, il est difficile de porter autre chose.

La Tribune : Il y a l'importance du côté qualitatif chez Persol, mais c'est aussi une marque à part du fait de son histoire.
Fabio D'Angelantonio : C'est une marque historique, qui a un héritage très important. Persol a été créée en 1910 et a été développée en Italie, avec toujours un objectif de grande qualité, d'esthétique et de fonctionnalité. La marque a eu toute une série de développement dans les années et encore aujourd'hui a une série de solutions esthétiques, design et fonctionnelles.

La Tribune : Vous avez bientôt une campagne prévue avec des artistes contemporains. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Fabio D'Angelantonio : Nous sommes en train de développer cette campagne pour l'année prochaine. Nous y travaillons actuellement et je ne voudrais pas vous en dire davantage. Mais nous avons l'intention de nous associer à des gens du monde culturel.

La Tribune : Dans les années soixante, Steve McQueen et Marcello Mastroianni incarnaient le marque Persol... Qui choisisseriez-vous aujourd'hui ?
Fabio D'Angelantonio : Johnny Depp, un grand acteur avec beaucoup de style, ou Sean Penn. Ce sont de fortes personnalités, qui prennent position, qui savent ce qui leur plaît, qui n'ont pas seulement leur physique pour atout.

La Tribune : Quelles sont les prochaines étapes du groupe Luxottica ?
Fabio D'Angelantonio : Pour l'heure, nous sommes focalisés sur le développement de notre croissance interne. C'est notre première priorité, plutôt que d'acheter de nouvelles marques, dans une situation économique concurrentielle.
Nous venons de fusionner avec Oakley. Cela fait dix-huit mois et nous travaillons à l'intégration de cette société. Aussi n'envisageons-nous pas de faire d'autres grandes opérations. Mais nous avons toujours beaucoup de projets.

La Tribune : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les boutiques Ilori aux Etats-Unis?
Fabio D'Angelantonio : En fait, l'opération est très simple. Nous avons une grande chaîne de magasins aux Etats-Unis qui s'appelle Sunglass Hut, nous avons un très bon business wholesail dans les grands magasins mais nous avons remarqué qu'il y a une forte demande beaucoup plus proche du luxe et qu'il n'existait pas aujourd'hui de lieu pour trouver cela. D'un côté, nous avions des consommateurs très intéressés par des produits très hauts de gamme ; de l'autre, pas vraiment de magasins, dans lesquels on pouvait les trouver. Donc plutôt que d'essayer de convaincre les vendeurs de faire cette évolution, nous avons voulu faire une opération de leader de ce marché.
Ilori est une superbe opération et un vrai succès. Nous avons une quinzaine de très beaux magasins - fait par le deisgner Marino Gregmili - dans quinze localités différentes aux Etats-Unis.


La Tribune : Quelles lunettes va-t-on porter l'été prochain ?
Fabio D'Angelantonio : Je pense que les femmes vont découvrir les 649 de Persol, parce qu'aujourd'hui, c'est plutôt une forme masculine. Et je vois l'homme s'amuser avec cette nouvelle épaisseur. Elles ont beaucoup de caractère, donc il faut avoir du courage, de la personnalité pour les porter.
 

Bérénice de Beaucé

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