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Bourse : faut-il miser sur les pays émergents de l'Union européenne ?

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Par Etienne Pourny, président de Stelphia AM.

Alors que la majorité des pays européens sont voués à des perspectives économiques résolument faibles (environ 1 % de croissance en zone euro en 2012), avec comme contrainte structurelle de maîtriser leur déficit public, il faut nous rappeler qu'il existe des gisements de croissance aux portes de la zone euro : la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque. Il est vrai qu'ils ont subi une correction boursière violente depuis le mois d'août, pris par contagion dans la tourmente de la crise de la dette européenne. Ces pays ont également connu une évolution défavorable (mais conjoncturelle) de leurs devises, avec une chute de 8 % du zloty polonais et du forint hongrois par rapport à l'euro. Mais cette correction n'est pas justifiée. D'un point de vue macroéconomique tout d'abord. La Pologne, la Hongrie et la République Tchèque affichent des ratios dette/PIB bien meilleurs qu'en zone euro : 77 % pour la Hongrie, 55 % pour la Pologne et 40 % pour la République tchèque. Quant à leurs devises, elles présentent un fort potentiel de rebond avant l'intégration de ces économies au sein de l'Eurozone, à partir de 2015. Le zloty est ainsi sous-évalué de l'ordre de 30 % par rapport à l'euro, tandis que le forint pourrait reprendre entre 20 % et 25 %. D'un point de vue micro économique, le reflux boursier de l'été ramène les actions de ces pays à des niveaux de valorisation attrayants. Selon les données IBES, les actions se traitent sur la base de 5,3 fois le bénéfice par action prévu l'an prochain contre 8,7 fois pour l'indice Stoxx 600. Elles présentent même une décote significative par rapport aux Bourses émergentes d'Asie orientale.

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