L'assurance-vie, le placement délaissé des Français

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Pour la première fois depuis longtemps, l'encours de l'assurance-vie est en baisse.

Un mois de baisse de plus. Mais pas un mois comme les autres. La baisse de la collecte nette (cotisations collectées moins sorties) est de plus en plus significative. Pour le seul mois d?août, celle-ci s?élève à 0,1 milliard d?euros. A fin août, la collecte nette plonge de 50% par rapport à août 2010. "La collecte nette atteint son plus bas niveau depuis décembre 2010, un niveau qu?elle n?avait plus atteint depuis décembre 2008", précise Jérôme Cornu, directeur des études et des statistiques à la Fédération française des sociétés d?assurance.
Les rachats partiels ou totaux de contrats se poursuivent donc. Car la collecte brute (seules cotisations collectées) ne baisse que de 12% à fin août par rapport à la même période l?an dernier. "Le phénomène nouveau consiste dans l?accélération des prestations", constate Jérôme Cornu.
Le montant des prestations versées aux assurés depuis le début de l?année se monte ainsi à 67,3 milliards d?euros, en augmentation de 16% par rapport à août 2010.
Et pour la première fois depuis longtemps, l?encours a lui aussi diminué. Il s?élève à 1373 milliards d?euros, contre 1379 milliards d?euros en juillet. "L?encours mensuel baisse. Cela s?explique par le fait que ce mois-ci, la baisse de la collecte nette n?a pas été compensée par la valorisation des placements en unités de compte. Mais sur un an, l?encours progresse de 5%", explique Jérôme Cornu.
En cause notamment : la crise de la dette et la panique boursière qui a secoué les marchés financiers cet été, et qui se poursuit. Un contexte économique et financier défavorable à l?assurance vie, combiné à un taux de rendement de moins en moins attractif (3,4% en moyenne). En quête de sécurité, les épargnants se reportent alors sur les livrets d?épargne défiscalisés, voire sur les comptes sur livrets, d?autant plus que les banquiers favorisent ce mouvement. Ces derniers sont en effet en recherche de liquidités dans le cadre de Bâle III.
"L?assurance vie est fortement concurrencée par les produits liquides et l?immobilier", confirme Jérôme Cornu.
Du coup, l?effet de vase communicant en faveur du livret A se poursuit. Alors que son taux a été relevé de 2% à 2,25% le 1er août, c?est justement ce mois-ci que l?assurance vie souffre le plus. Sa collecte nette atteint 2,90 milliards d?euros en août (contre 2,07 milliards d?euros en juillet), soit son niveau le plus élevé depuis onze mois. Fin août, l?encours du livret A s?élevait à 210,4 milliards d?euros.
La profession de l?assurance anticipe par conséquent une baisse de chiffre d?affaires en assurance vie de l?ordre de - 10 % pour l?année 2011. "Il n?y a pas de catastrophisme, mais pas d?optimisme non plus. L?assurance vie ne sera pas cette année le placement préféré des Français. Nous allons revivre une année comparable à celle de 2008", conclut Jérôme Cornu.

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Commentaires
a écrit le 17/05/2012 à 10:41 :
l'encours de l'assurance-vie baisse, la carotte des banques baissent donc aussi, c'est la vie! Le taux du livret A augmente et les ménages en bon gestionnaire vont prévilégier ce placement, c'est normal! Pour s'en sortir, il faut que l'Etat puisse emprunter à taux faible sans payer les banques!

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