L'assurance-vie a tué les fonds de pension

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Véritable couteau suisse de l'épargne, l'assurance-vie empêche le développement de produits de thésaurisation dédiés aux retraites en France.

«L'assurance-vie, c'est comme le Roundup, ce désherbant bien connu : rien ne pousse autour... » Cette remarque du député PS Dominique Lefebvre, coauteur avec sa collègue Karine Berger d'un rapport sur le financement de l'économie, souligne l'échec de tous les produits d'épargne à long terme lancés ces dernières années. Calibrés pour la préparation de la retraite, ils ont été asphyxiés par le succès de l'assurance-vie.

Les Français savent qu'ils doivent mettre de l'argent de côté en vue de leurs vieux jours, mais ils tiennent tout de même à pouvoir en disposer assez facilement. D'où la ruée sur l'assurance-vie, même si celle-ci a subi un petit coup de mou en 2012, qui semble désormais stoppé : sur les quatre premiers mois de 2013, l'assurance-vie a collecté 44,8 milliards d'euros, soit 10 % de plus que sur la même période en 2012.

1 450 milliards d'euros d'encours en assurance-vie

D'où, aussi, l'échec relatif des contrats d'épargne en vue de la retraite, ersatz de fonds de pension, mis en place au fil du temps. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : l'encours de l'assurance-vie, c'est près de 1 450 milliards d'euros quand celui de l'épargne retraite approche les 160 milliards.

Certes, des incitations existent à l'épargne en vue de la retraite. Ainsi, dans le cadre des plans d'épargne retraite collectifs (Perco), créés par la loi Fillon de 2003, les sommes versées par l'employeur ou par le salarié ne sont pas imposables. Mieux, avec le plan d'épargne retraite populaire, créé lui aussi par François Fillon en 2003, et qui est, lui, géré sur une base individuelle, il est possible de déduire les sommes investies du revenu imposable, jusqu'à 10 % de ce revenu. Intéressant pour les contribuables lourdement imposés.

Les Français ne sont pas près de s'en passer

Avantageux... et relativement coûteux pour les finances publiques, puisque les comptes de l'État et de la Sécurité sociale s'en trouvent grevés de près de 2 milliards par an. Mais les Français n'apprécient pas la contrainte de blocage des fonds jusqu'à l'âge de départ à la retraite, et ils savent que les rentes alors servies seront totalement imposables. Tandis qu'avec l'assurance-vie, les retraits ne sont taxés qu'à hauteur de 7,5 % (plus 15 % de prélèvements sociaux).

L'aspect transmission compte évidemment beaucoup, également. À hauteur de 152.500 euros par contrat, on peut transmettre les sommes déposées sur une assurance-vie sans aucun droit de succession. L'assurance-vie ne sert pas seulement à préparer la retraite. Mais elle sert aussi à cela. « C'est un véritable couteau suisse », conclut Dominique Lefebvre. Dont les Français ne sont pas près de se passer.

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Commentaires
a écrit le 11/06/2013 à 10:51 :
déjà les perco entreprises vous n'etes pas sûr de retrouver votre argent !!! les fonds de pension, c'est l'idée de qui ? y a t il un lobbying actuellement des assureurs et des banques qui veulent vendre des produits sur lesquels ils gagnent beaucoup et les cotisants pratiquement rien !! quand on analyse les perp en tout genre, pour avoir 100 euros de rente (pas d'autre choix) il faut pouvoir verser plus de 500 euros ... . et ce n'est pas de l'argent qui peut vous permettre de faire face, car vous ne pouvez pas débloquer de capital si vous en avez besoin (travaux en urgence pour une maison, etc ... ne me parlez pas du PEL, c'est une catastrophe, et la prime d'état n'est versée que si vous empruntez, et en plus, une certaine somme, à un taux où vous êtes évidemment perdant) .. etc etc ...
a écrit le 08/06/2013 à 11:43 :
Faite une recherche sur les "publicités" de ces fonds dans les années 1980 et vous aurez la réponse à l'abandon de ces placements. "round up" à bien décrit la situation, l'instabilité fiscale empêche tout les placements sans maitrise à long terme et surtout sans possibilité d'action lorsque les engagements de départ ne sont pas tenus!
a écrit le 07/06/2013 à 14:32 :
C'est l'etat et ses serviteurs qui feraient mieux de gérer correctement le pays que de s'occuper à coup de reformes mal pensées et stériles de sujets qu'ils ,ne maitrisent pas!
Le round up c'est cette instabilité dans la politique fiscale de notre pays liée à la gestion catastrophique des recettes de l?impôt. Au lieu de créer d'autres kyrielles de produit d?épargne pour la retraite avec des espèces d'avantages fiscaux sans cesse remis en cause, l'état devrait au contraire maintenir et renforcer l'assurance vie, et laisser la liberté à chacun de gerer son contrat comme il l'entend. Les fonds en euro sont de gros pourvoyeur de financement du déficit public et c'est la raison première de ne pas y toucher.
a écrit le 06/06/2013 à 15:49 :
la aussi il y a un probleme c'est que l assurance vie c'est un bon placement avant et après le travail aussi je dis que nous devons etre prudents car on ne sait jamais ce qui peut arriver aussi je pense qu il serait peut bon de nous dire ou l on va quand on est a la retraite car elles sont de plus en plus courtes et de plus elle peut nous etre utile pour ne pas devoir mendier sur la chaussée et je reste partisan de l assurance vie meme si elle est quelque fois mise coucicouca;
a écrit le 06/06/2013 à 15:16 :
Dans le coût pour les finances publiques, il faut prendre en compte l'effet favorable sur le taux consenti aux administrations publiques : une réduction de 0,1 sur le taux compense largement les 2 milliards évoqués.
a écrit le 06/06/2013 à 15:03 :
"Couteux pour les finances publiques". Cette critique qui semble venir des députés qui ont planché sur la question est assez amusante. Quand on sait que si l'Etat finance aussi bien sa dette, c'est justement grâce aux fonds euros des assurances vie !!
a écrit le 06/06/2013 à 14:38 :
L'assurance vie, c'est les fonds de pension à la française : imposable à l'entrée des fonds, exonéré à la sortie, sous condition. L'état se sert d'abord. Pour les fonds de pension, c'est exonéré à l'entrée, imposable à la sortie. Moins avantageux pour l'état prédateur.
a écrit le 06/06/2013 à 13:34 :
Les français choisissent ce qu'ils comprennent . Fonds de pension est synonyme de bourse , donc de casino pour le particulier ! Ensuite si l' on regarde autour de soi on voit que les banques spéculent et perdent des fortunes surtout quand elles sont dirigées par
d' anciens fonctionnaires ... De grosses boîtes comme EDF qui s' aventure à racheter les centrales nucléaires pourries de la Queen . Un cadeau royal qui est pour beaucoup dans l 'augmentation de l' électricité qui débarque !
a écrit le 06/06/2013 à 13:14 :
afin de plumer les gens avec la retraite qu'ils n'auront pas, ont ete crees le perp et le perco... comme tt le monde sait que ca va etre siffone pour financer : soit d'autres projets, soit ' la retraite de ceux qui n'ont pas eu la chance de travailler', le francais met son argent en av, au moins il sait a qui ca va servir...
a écrit le 06/06/2013 à 12:54 :
En son temps la gauche fustigeait les fonds de pension!
a écrit le 06/06/2013 à 11:07 :
Tout cela est faux. Les fonds de pensions ont étés rejetés en bloc dans les années 1980 par les syndicats et la gauche française qui ne voulaient pas d' un système proche de celui qui existe dans les pays anglo-saxons et surtout pour protéger leurs petits avantages de gestion des différents systèmes de retraites.
a écrit le 06/06/2013 à 10:58 :
Surtout que dans certaines successions les ayants droits n'étant pas au courant il faut beaucoup mais alors beaucoup de temps pour les "trouver" et devinez à qui rapporte ce capital en attendant.

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