Contraint par des taux d'intérêt bas, Axa affiche des ambitions prudentes

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Axa, numéro deux de l'assurance en Europe après l'allemand Allianz, s'est aussi fixé comme objectif de poursuivre ses efforts de réduction de coûts.
Axa, numéro deux de l'assurance en Europe après l'allemand Allianz, s'est aussi fixé comme objectif de poursuivre ses efforts de réduction de coûts. (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
L'assureur français Axa s'est doté mardi d'objectifs financiers prudents pour son nouveau plan stratégique à cinq ans,compte tenu d'un environnement de taux d'intérêt historiquement bas qui pèse sur la rentabilité des portefeuilles des assureurs.

Axa, numéro deux de l'assurance en Europe, souhaite réduire ses coûts de 2,1 milliards d'euros avant impôts d'ici 2020, un des éléments censés faire grimper de 3% à 7% son résultat opérationnel par action et par an en moyenne à cet horizon, malgré les taux bas.

L'assureur français, qui présente mardi son nouveau plan stratégique, annonce qu'il vise en outre un retour sur fonds propres (ROE) compris entre 12% et 14% sur la période 2016/2020.

Objectifs revus à la baisse

Ces indicateurs se situent à un niveau inférieur à celui de la précédente feuille de route du groupe, qui portait sur la période 2011/2015. Celle-ci prévoyait un retour sur fonds propres entre 13% et 15% et une hausse du résultat opérationnel par action entre 5% et 10% par an en moyenne.

Dans un communiqué, Axa a souligne que son plan avait été bâti à partir d'hypothèses "prudentes" concernant les taux d'intérêt, à un niveau très bas en ce moment. Ainsi, il s'attend à ce que leur impact sur ce résultat opérationnel se situe entre -5% si les taux restent à leurs niveaux actuels pendant cinq ans et -1% s'ils remontent graduellement durant cette période.

"On tient compte des réalités du moment. On a voulu faire un plan réaliste (...). L'impact des taux d'intérêt est la grande inconnue", a souligné Gérald Harlin, le directeur financier d'Axa, lors d'une conférence téléphonique, rapporte l'agence Reuters.

L'environnement de taux d'intérêt bas pénalise en ce moment lourdement la rentabilité des assureurs et ce contexte pourrait perdurer.  Axa s'attend à ce que l' impact des ,taux faibles sur son résultat opérationnel soit compris entre -5% si les taux restent à leurs niveaux actuels pendant cinq ans et -1% s'ils remontent graduellement durant cette période.

La fin de l'assurance vie traditionnelle

"En matière de taux, l'offre traditionnelle d'assurance-vie a vécu" affirme Thomas Buberl, directeur général adjoint d'Axa, qui en sera le patron le 1er septembre. "La garantie totale du capital doit notamment être repensée au profit d'une garantie partielle à laquelle on associerait un surplus de rendement pour l'épargnant. Ce type de produit existe déjà chez nous, en Angleterre ou en Italie, mais il faut le déployer dans d'autres géographies. Mais nous avons déjà bien avancé la transformation de notre modèle, puisque les produits de fonds général [c'est-à-dire les supports qui offrent la garantie du capital, NDLR) ne représentent plus que 13% de nos affaires nouvelles".

Dans le même temps, les actions lancées par Axa, dont les économies espérées, l'amélioration de ses marges, la croissance de ses revenus et d'éventuelles fusions-acquisitions, devraient faire augmenter de 8% son résultat opérationnel annuel par action, afin de compenser l'effet des taux bas.

Coup d'accélérateur sur l'innovation

En termes de stratégie, le groupe compte poursuivre son développement dans des domaines déjà ciblés, comme l'assurance d'entreprises et l'Asie, et investir trois milliards d'euros pour concrétiser sa transformation numérique et développer de nouveaux services.

S'il n'a pas prévu de plan social en France pour réduire ses effectifs, le groupe mise en revanche sur les départs naturels pour recruter des profils adaptés à son plan de transformation, notamment dans le digital.

"Nous devons accélérer nos efforts d'innovation afin de répondre aux changements rapides des attentes de nos clients liés à la numérisation, tout en continuant le développement de nos activités concernant la prévention", a prévenu Thomas Buberl, directeur général délégué, cité dans un communiqué. M. Buberl succèdera le 1er septembre à Henri de Castries à la tête d'Axa.

(Avec AFP et Reuters)

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