Bankia, le plus gros sauvetage bancaire de la crise espagnole

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La quatrième banque d'Espagne recevra 23,5 milliards d'euros de capitaux publics afin de faire face à la détérioration de ses actifs et de ses participations.

Bankia a reconnu vendredi l?étendue du trou qui menace son bilan. La quatrième banque d?Espagne et sa matrice BFA, nationalisée le 9 mai dernier, réclament 23,5 milliards d?euros de fonds publics pour se maintenir à flots. C?est l?apport le plus important réalisé par l?Etat espagnol depuis le début de la crise. L?Etat va donc se retrouver à la tête de l?entité issue de la fusion de sept caisses d?épargne dont le bilan grevé par 31,8 milliards d?euros d?actifs immobiliers toxiques a précipité la chute.

 L'Etat premier actionnaire

L?opération se fera via la conversion en juin de 4,5 milliards d?euros d?un prêt public en actions, suivie en juillet d?une augmentation de capital de BFA de 19 milliards d?euros souscrite par l?Etat. Celui-ci deviendra ainsi le premier actionnaire de BFA et donc de Bankia dont BFA contrôle 45% du capital. Sa part augmentera au quatrième trimestre, lorsque Bankia augmentera son capital de 12 milliards d?euros sous la garantie par BFA.

 « Il s?agit de capital (...) Il n?y a rien à rembourser à l?Etat (...) Nous devons créer de la valeur pour nos actionnaires, quels qu?ils soient », a déclaré le nouveau président de l?entité José Ignacio Goirigolzarri Samedi, en référence au rôle d?actionnaire de l?Etat, qui a renoncé à apporter de l?aide sous forme d?obligations convertibles. Le but sera de revendre Bankia en temps voulu à un bon prix afin d?en limiter l?impact définitif sur les comptes publics. Les 19 milliards serviront justement à assainir le portefeuille immobilier et l?ensemble des crédits, ainsi qu?à la révision de la valeur des actifs immobiliers et des participations industrielles (comme Iberdrola) du groupe. La banque a également revu ses comptes de 2011 dont la première version n?avait pas été ratifiée par l?auditeur. La différence est abyssale : de 309 millions d?euros de bénéfice, Bankia a reconnu avoir enregistré des pertes de 2,9 milliards d?euros.

 Ampleur du sauvetage supérieure aux prévisions

L?ampleur du sauvetage a largement dépassé les prévisions gouvernementales. Le ministre de l?Economie Luis de Guindos avait en effet affirmé que l?Etat ne débourserait pas plus de 16 milliards d?euros dans cette seconde vague de sauvetages bancaires? Bankia a dépassé à elle seule tous les pronostics. Or, les audits menés par Oliver Wyman et Roland Berger dont les résultats seront connus en juin devraient faire apparaître de nouveaux besoins en capital pour le secteur bancaire.

 L?Etat aura-t-il les moyens d?y faire face ? Une émission de dette par les temps qui courent serait onéreuse, alors que la prime de risque flirte régulièrement avec les 500 points. Par ailleurs, le Fonds de Garantie financé par les banques est à sec après les sauvetages de la CAM et d?Unnim, et difficilement renflouable. Dans ce contexte, le spectre d?un recours au fonds de secours européen se rapproche dangereusement.

 Mise aux enchères perturbée

Les audits pourraient aussi perturber la mise aux enchères des entités issues de caisses d?épargne actuellement contrôlées par le Frob, Catalunya Banc (CX) dont la vente est prévue pour cet été, et NovaGalicia Banco (NGB). L?Etat pourrait regarder ces ventes à deux fois si les garanties demandées par les candidats à la reprise sont trop élevées. « Il est très possible qu?il y ait d?autres sauvetages de caisses d?épargne. Si personne ne se porte candidat à la vente aux enchères, le gouvernement pourrait réitérer l?action menée pour Bankia », estime Juan José Toribio, économiste à l?IESE.

Luis de Guindos n?écarte d?ailleurs pas la possibilité de regrouper les actifs des caisses sous contrôle étatique, dont Bankia, au sein d?une seule banque publique. Cette option n?en est néanmoins qu?une parmi d?autres. Il s?agirait de l?assainir et de la revendre dans quelques années, à un bon prix. « La réaction des marchés dépendrait alors de la capacité du gouvernement à prouver qu?un tel projet est rentable, une fois assaini », estime Francisco López Lubián, professeur à l?IE. En cas de constitution, cette grande banque publique rassemblerait 450 milliards d?actifs. D?aucuns estiment qu?elle pourrait remplir le rôle de pourvoyeur de financements à une économie espagnole étouffée la restriction du crédit.

 

 

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a écrit le 27/05/2012 à 21:59 :
Elle n'avait pas réussi le deuxième stress test mis en place par les instances européènnes cette banque espagnole après que dexia ai brillament réussi le premier ?
a écrit le 27/05/2012 à 19:08 :
Et le scandale recommence! Avons-nous vraiment de ce genre de tuteurs puisqu'ils ne servent à rien !
a écrit le 27/05/2012 à 18:23 :
La ville de Piau est endettée pour 7058 ans. Eurofédéral, vous faites un chèque ?
a écrit le 27/05/2012 à 0:56 :
En plus des banques a recapitaliser, l'Espagne et ou l'Europe voire le FMI vont devoir trouver les fonds necessaires pour eviter la Catalonia et les 16 autres regions d'etre en cessation de paiement: les regions ont 36 Mds d'euros a refinancer en 2013 dont 13 Mds pour la Cata et 8 Mds pour Valencia! Ces 2 regions sont a court d'options! Valencia vient de payer un emprunt a CT de 6 mois a 7 % ! a la limite de l'usure...Les braves citoyens locaux ont deja fait des efforts extraordinaires en achetant des bons patriotiques, et il est difficile de leur demander plus...
a écrit le 26/05/2012 à 23:37 :
Bankia est alle au tapis pour cause d explosion de la bulle immobiliere
Je me demande quelle banque va plonger en france quand la notre va exploser (c est en cours, les prix commencent a baisser et l etat n a plus d argent pour tenter de maintenir un immobilier cher a cout de scellier et PTZ)
a écrit le 26/05/2012 à 17:46 :
Encore une belle réussite de l'union européenne ! Créer une monnaie fictive basée sur du vent, inonder les pays entrants avec l'argent des pays existants, créer de facto des bulles et tout voir s'écrouler ; puis, redemander de l'argent aux pays exsangues pour se re-financer. Une merveille d'intelligence !
Réponse de le 26/05/2012 à 21:26 :
@bastien, de quels pays entrants et exsangues tu parles ?
Réponse de le 27/05/2012 à 19:40 :
Lorsque l'Espagne, le Portugal et la Pologne ont intégré l'Union européenne, le pouvoir d'achat des peuples des pays "anciens" a décru de 18 % en une seule année du fait des transferts. Cela a fait l'objet d'un rapport du comité économique et social français que tout le monde a ignoré.

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