Immobilier : pourquoi les taux de crédits n’en finissent plus de chuter

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Mario Draghi, directeur de la Banque Centrale Européenne, n'est pas totalement étranger au niveau actuel des taux de crédit immobilier.
Mario Draghi, directeur de la Banque Centrale Européenne, n'est pas totalement étranger au niveau actuel des taux de crédit immobilier. (Crédits : © Yves Herman / Reuters)
C'est en train de devenir une arlésienne... La remontée des taux d'intérêts des crédits immobiliers se fait encore attendre et leur niveau atteint même un nouveau point bas historique. Les emprunteurs de longue durée sont les premiers à en profiter.

L'important ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage. Enfin, en l'occurrence, ce sera aussi la remontée qu'il faudra surveiller de près. Les taux de crédit immobilier sont une nouvelle fois en baisse et se sont établis en moyenne à 1,33% (hors assurance et coût des sûretés), selon le dernier observatoire du crédit logement/CSA dont les résultats ont été publiés le 14 novembre 2016. Le taux moyen constaté en septembre était de 1,41%. La tendance à la baisse semble donc sans fin car, comme le rappelle l'étude, "le niveau des taux a été divisé par plus de 4 depuis le début des années 2000". Comme on peut le voir sur le tableau ci-dessous, les taux étaient encore au dessus des 5% jusqu'au début de l'année 2009.

Taux de crédits immobiliers 01/16

Cette baisse des taux est directement liée à la "faiblesse des taux constatés sur les marchés obligataires", rappelle Crédit Logement/CSA. En effet, les banques prêtent de l'argent à long terme aux particuliers mais ne cessent de se refinancer sur le marché monétaire, dont les taux ont longtemps flirté avec le 0% depuis la décision prise au printemps par le directeur de la Banque centrale européenne Mario Draghi. Avec de tels taux sur les marchés obligataires, les banques peuvent donc continuer à se livrer à une bataille féroce pour attirer de nouveaux emprunteurs. De plus, avec la faiblesse des rémunérations des différents produits d'épargne à l'heure actuelle, le taux de crédit immobilier est presque devenu le seul argument commercial pour les banques.

Les banques se livrent toutefois à un jeu dangereux en accordant quasiment uniquement des taux fixes, qui seront donc assurés de rester faibles même en cas de remontée des taux sur les marchés obligataires. Celle-ci semble d'ailleurs se confirmer, le taux de l'OAT* 10 ans étant passé de 0,11% à 0,83% entre le 29 septembre et le 14 novembre 2016. En attendant, les particuliers restent nombreux à vouloir profiter de ce niveau historiquement bas des taux d'intérêts.

La part belle aux prêts de longue durée

La durée sur laquelle les taux sont accordés demeure assez élevé, à 210 mois en moyenne pour le mois d'octobre 2016. Plus significative encore est la progression des prêts de longue durée dans la proportion des crédits accordés aux particuliers. Les crédits d'une durée d'au moins 25 ans représentent donc 25,7% de la production au troisième trimestre 2016. Si on y ajoute les prêts sur plus de 20 ans, la proportion passe à 60,7%. L'étude Crédit Logement/CSA y voit le signe de l'arrivée, ou plutôt du retour, des "ménages jeunes ou modestes" sur le marché qui peuvent réaliser leur "projets d'accession, sans risque majeur", avec des durées longues et des taux bas.

>> Lire aussi : Près de la moitié des jeunes épargne pour devenir propriétaire

En matière de prêts de longue durée, la France a encore de la marge face à d'autres pays européens, comme le prouve l'étude du Crédit Foncier sur le logement en Europe publiée le 14 novembre 2016. Au Pays-Bas, la durée moyenne d'un crédit immobilier était de 30 ans en 2015. Cette durée est à peine moins importante au Portugal (29 ans), en Pologne (26 ans) et même au Royaume-Uni et en Allemagne (25 ans chacun). La France, avec une moyenne de 19 ans, est loin derrière...

*Obligation d'achat au Trésor

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Commentaires
a écrit le 16/11/2016 à 4:08 :
Prendre 20, 25 annees de credit sur le dos ! Aujourd'hui il faut etre mobile. Ces gens pensent-ils a l'incertitude de ce monde en perpetuel mouvements contradictoires et sans direction ?
Ils paieront le prix de leur ignorance. Garotaux......
Réponse de le 16/11/2016 à 19:50 :
Quand tu veux t'acheter un logement, tu fais comment ? cash ?
Réponse de le 19/11/2016 à 5:09 :
"acheter un logement" ? où ça ? En France ? Non, l'immobilier y est beaucoup trop surévalué.
a écrit le 15/11/2016 à 11:30 :
C'est la meilleure façon d’appâter un "poisson" qui le paiera très cher!
a écrit le 15/11/2016 à 9:55 :
c est quand meme fou. On lit que les gens emprunte sur 19 ans en moyenne et on trouve que c est pas beaucoup ... Il y a 20 ans c etait moins de 15 ans pour un credit.
On voit bien ici que le marché est completement dope par les taux faibles. Ce qui veut dire qu il va s effondrer le jour ou les taux vont remonter (et ca risque de plus trop trainer avec trump qui va laisser filer le deficit).
Ce jour la, on pourra plus dire ""projets d'accession, sans risque majeur" car le risque n est pas sur les taux mais sur le prix de l objet acheté : acheter avec un credit a 1 % quelque chose qui valait 100 mais qu on peut pas revendre plus de 50 n est surement pas une bonne affaire
a écrit le 15/11/2016 à 9:53 :
Les décisions annoncées de Trump, baisse des impôts et relance budgétaire par les grands travaux, sont de nature à faire repartir vivement à la hausse les taux outre-Atlantique à cause de l'explosion des déficits et de l'endettement qui en résulteront, et donc à terme en Europe.
a écrit le 15/11/2016 à 9:52 :
Donc bientôt les banques nous donnerons de l'argent si on emprunte non ? Ou presque...

Avec l'avènement de la finance c'est l’avènement de l'argent qui ne vaut plus rien, c'est logique.

L'argent ne peut être que sain que s'il se gagne par le travail et non par les rentes.
Réponse de le 15/11/2016 à 13:28 :
"L'argent ne peut être que sain que s'il se gagne par le travail et non par les rentes. " : ni l'un ni l'autre bientôt : la robotisation et les logiciels experts vont bientôt permettre d'éliminer la moitié des emplois. Comme on ne va pas abattre tout le monde, il va falloir réfléchir à une société post travail et un peu plus vite. Il faut sortir de la dialectique du 19 ème siècle, travail et rentes, et je pense autant aux libéraux qu'à vous.
Réponse de le 15/11/2016 à 15:31 :
@citoyen blasé: 1) l'outil qui fournit la rente découle normalement du travail, et si les gens travaillent, c'est justement pour se procurer l'outil. 2) Etant donné les perspectives d'emploi, il va falloir revoir les paramètres si on ne veut pas passer le surplus humanitaire au crématoire. Les homosexuels ne se reproduisent pas et la propagande qu'on en fait va aider à réduire le taux de natalité, mais cela ne suffira pas à réduire le taux de chômage. On pourrait donc considérer que les robots qui prennent la place des gens soient taxés sur les revenus qu'ils génèrent. Puisqu'ils font le même travail, pourquoi ne paieraient-ils pas le même impôt ? Ce ne serait pas une taxe de plus, mais un impôt sur des entités qui n'en paient pas. Les patrons ont trouvé le moyen de faire travailler gratuitemet leur main-d'oeuvre (les robots) et bien soumettons à l'impôt leurs nouveaux employés. De toute façon, il devient urgent de trouver des solutions si on ne souhaite pas s'acheminer sur une guerre mondiale :-)
Réponse de le 16/11/2016 à 8:58 :
" l'outil qui fournit la rente découle normalement du travail,"

Ah bon et vous avez des exemples quand même là ? Parce que c'est franchement osée comme affirmation le truc. EN ce qui me concerne j'ai bien plus d'exemples opposés à ma connaissances.

"De toute façon, il devient urgent de trouver des solutions si on ne souhaite pas s'acheminer sur une guerre mondiale :-) "

ET votre smiley c'est parce que vous voulez signifier ironiquement que vous l'attendez cette guerre mondial ?

Bref comem d'habitue vos propos qui viennent se poser là sans raison sont particulièrement incohérents.

C'est sympa vous savez comme on fait d'habitude je ne vous lis pas, je n'interviens du coup sous vos commentaires, n'hésitez surtout pas à me rendre la pareille, mon attitude méprisante est intolérable et à votre tour d'ignoerer mes commentaires, on gagnera du temps, enfin surtout moi apparemment.

Merci.
a écrit le 15/11/2016 à 9:48 :
les taux sont en train de remonter cf oat 10 ans
sauf a recommencer les quasi faillites bancaires des annees 90 on ne voit pas comment les banques vont faire pour preter a 25 ans a 2% alors qu'elles n'empruntent qu'avec visibilite 10 ans et ne connaissent pas la courbe forward forward
bon, vu les risques encourus, on peut tjs demander 50% d'apport personnel, mais ca exclut bcp de gens.....
Réponse de le 15/11/2016 à 12:15 :
Au départ ça les exclurai en effet mais ensuite, les prix baissant car ne pouvant faire autrement, ils pourront à nouveau et le marché s'assainirait.
Réponse de le 15/11/2016 à 12:16 :
Au départ ça les exclurai en effet mais ensuite, les prix baissant car ne pouvant faire autrement, ils pourront à nouveau et le marché s'assainirait.

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