Le financement participatif, l'alternative aux prêts étudiants

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Pierre Loup (à droite), fondateur d'Edukys et son associé Nhat Do.
Pierre Loup (à droite), fondateur d'Edukys et son associé Nhat Do. (Crédits : DR)
La plateforme de crowdlending (financement participatif) Edukys a pour objectif d'aider les étudiants à financer leur cursus universitaire tout en permettant aux particuliers prêteurs d'obtenir une rémunération attractive. Pierre Loup, fondateur d'Edukys, explique en détail le fonctionnement du site.

La Tribune - Pourquoi lancer un site de financement participatif sur le prêt étudiant ?

Pierre Loup - L'idée est venue fin 2015, en partant du constat que de nombreux étudiants se voyaient refuser leurs prêts car en France, sans caution solvable, on ne peut pas emprunter. Il y a donc des dizaines de milliers d'étudiants en recherche de financement, pour qui les bourses et autres aides sociales ne sont pas suffisantes. Edukys leur offre donc une solution alternative pour financer leur cursus jusqu'à leur entrée dans la vie active.

Comment les projets d'étudiant sont sélectionnés sur votre plateforme ?

Les trois conditions de base sont le fait d'avoir plus de 18 ans, d'être domicilié en France et d'avoir un projet d'étude à financer. En suite, on analyse les dossiers afin de savoir si le projet scolaire est cohérent et si la capacité future de remboursement est importante ou non.

Et comment arbitrez-vous entre les différents profils ?

Notre métier, c'est l'analyse du risque. Ainsi, pour chaque étudiant, nous allons, en fonction du secteur vers lequel son parcours semble le destiner, déterminer le risque que présente son profil. Par exemple, les étudiants en informatique se dirigent vers un secteur d'activité dans lequel le chômage est proche de 0%, ils seront donc plus facilement acceptés sur Edukys.

L'avancée dans les études et les premiers résultats sont également très importants afin d'évaluer le risque. Ainsi, un étudiant qui aura déjà validé une ou deux années d'études dans son cursus mettra plus de chances de son côté.

Si on rentre dans le détail, quels justificatifs doit fournir l'étudiant pour monter son dossier ?

Outre les justificatifs de domicile et d'identité, il devra fournir la preuve qu'il est étudiant (carte ou certificat), ainsi que ses trois derniers relevés bancaires. Il peut aussi joindre ses relevés de note, mais cela reste facultatif. Il est préférable d'avoir le plus d'éléments possibles dans son dossier, il ne faut ainsi pas hésiter à ajouter les documents permettant de prouver que l'étudiant a un travail à côté de ses études si c'est le cas.

A quelles informations sur les étudiants les particuliers voulant prêter de l'argent auront-ils accès ?

Ils sauront l'âge, la ville, la filière scolaire et le niveau d'études. L'étudiant devra se présenter en quelques lignes et peut même ajouter une vidéo en complément s'il le souhaite. Seront également visibles le montant déjà collecté, l'objectif à atteindre, la présence d'une caution solidaire ainsi que la modalité de remboursement (prêt avec ou sans différé).

Faire apparaître la notion de caution solidaire ne présente-t-il pas le risque de retomber sur le même problème qu'avec les banques, soit un refus fréquent des profils les moins solvables ?

Non car les banques ne prennent justement que les étudiants bénéficiant de cautions solvables et de garants solides, alors que, de notre côté, nous étudierons et analyserons tous les types de caution. De plus, elle reste facultative et des projets de financement peuvent donc se conclure sans caution solidaire. Il faut bien comprendre que le cœur de notre analyse se base sur l'étudiant lui-même et son potentiel, et pas sur la caution.

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Commentaires
a écrit le 22/11/2016 à 12:30 :
Les financements privés des études sont la fin de l'école de la République, l'accès pour tous au savoir. C'est la négation du choix : On ne finance que celui qui pourra rembourser. Des secteurs entiers de la connaissance vont être abandonnés, jugés peu porteurs ou non-rentables. L'endettement, donc le remboursement, c'est l'obligation de travailler très vite, donc dans n'importe quelle conditions. La dérive future sera que les crowfounders proposerons des emplois dont on peut imaginer que les "emprunteurs" seront fortement encouragés à pourvoir. La pratique de la garantie, de caution solidaire est toujours à l'ordre du jour.
Le néo-libéralisme est la conséquence de toutes ces dérives, pour un argent roi qui au final n'apporte aucun bonheur, détruit Etats, citoyens et familles.

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