La Tribune

Emprunt EDF  : le bon moment pour vendre ?

(Crédits : AFP)
Alexandre Phalippou  |   -  421  mots
Avec la baisse des taux, l'obligation à 4,5% par an commercialisée en 2009 a pris de la valeur. Les épargnants pourraient être tentés d'encaisser leurs plus-values.

C' était le 17 juin 2009. En pleine crise financière, EDF avait lancé une obligation rémunérée au taux de 4,5% pendant cinq ans. Sa particularité : elle était facile à souscrire pour les particuliers, traditionnellement exclus du marché obligataire primaire.

Les grands réseaux bancaires français avaient accepté de relayer l'offre. Une initiative couronnée de succès puisque l'opération avait été bouclée plusieurs jours avant la fin de la période de souscription, le 10 juillet 2009. Rentabilité attractive, risque quasi-nul... les détenteurs d'obligations EDF peuvent se frotter les mains.

Mais ils pourraient aussi décider de s'en séparer dès à présent. En effet, la baisse des taux depuis 2009 et leur niveau, historiquement bas aujourd'hui, a mécaniquement revalorisé le prix de l'obligation. Ainsi, le titre coté 100 euros lors du lancement en valait 109,4 vendredi (FR0010758888). En un peu plus d'un an, l'investisseur aura donc touché un coupon de 4,5% (en juin dernier) et près de 9,5% de plus-value en cas de revente. Et il peut revendre cette obligation à tout moment, puisque Calyon et la Société Générale se sont engagés à assurer l'animation du titre sur Euronext Paris.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Pour le savoir, le cabinet en gestion de patrimoine sur Internet Bienprevoir.fr s'est livré à un petit calcul. Un investisseur détenant pour 1.000 euros d'obligation EDF (minimum de souscription) obtiendrait à l'échéance, le 17 juillet 2014, 1.225 euros. Celui qui revendrait aujourd'hui et qui placerait les sommes dans un contrat d'assurance-vie sans frais d'entrée et rapportant 4 % l'an (sur le fonds en euros) obtiendrait 1.330 euros, soit 105 euros et 8,6 % de mieux. « Mais c'est aussi une belle opportunité pour ceux qui ont un besoin imprévu de liquidités » résume Vincent Cudkowicz, directeur général de Bienprevoir.fr. Si le fonds en euros ne rapporte que 3,5 % par an, l'opération reste rentable (1.300 euros). Un peu moins, en réalité, car ces calculs ne tiennent pas compte des prélèvements sociaux lors de la vente.

Avant de se décider, il faudra toutefois tenir compte de trois facteurs. D'abord, les frais de courtage, qui peuvent réduire fortement la plus value. Ensuite, tout dépend du montant souscrit. En effet, les plus values sont exonérées à condition de ne pas avoir vendu en 2010 pour plus de 25.830 euros de valeurs mobilières. Et après le 31 décembre, il sera trop tard (taxation dès le premier euro à compter du 1er  anvier 2011). Enfin, le contrat d'assurance-vie ne doit pas facturer de frais d'entrée.

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